Refuser la fatalité et choisir la vie. Trente patients atteints ou en rémission de cancer et leurs aidants se préparent à relever le défi "Faut pas crever", du 19 septembre au 3 octobre prochain. Un raid solidaire de 715 kilomètres à vélo...
Refuser la fatalité et choisir la vie. Trente patients atteints ou en rémission de cancer et leurs aidants se préparent à relever le défi "Faut pas crever", du 19 septembre au 3 octobre prochain. Un raid solidaire de 715 kilomètres à vélo entre Menton et Perpignan organisé en douze étapes qui s’arrêtera à Marseille le 24 septembre et aux Saintes-Maries-de-la-Mer le 25, depuis Port-de-Bouc.
"Derrière ce nom incisif se cache une formidable envie de vivre. Nous racontons une traversée, celles de femmes et d’hommes qui refusent de se laisser définir par la maladie, précise le docteur marseillais Stephen Ellis, aujourd’hui directeur du Centre catalan en oncologie à Perpignan, qui porte le projet avec "La tête et les jambes", une maison de soins de support créée par l’Institut de communication et d’information sur le cancer, dont il est le président. C’est une manière de continuer à avancer."
Patients, aidants, bénévoles peuvent rejoindre le peloton à chaque étape. Tout au long du challenge qui traversera deux régions, six départements dont le Var et les Bouches-du-Rhône et quatorze villes, ils seront accompagnés par une équipe médicale et une assistance technique. Le but est de se dépasser, retrouver confiance, reprendre possession de son corps, conserver des projets.
"Nous ne cherchons pas la performance sportive. On choisit de répondre à la maladie par le mouvement. Les côtes rappellent l’épreuve des traitements. La fatigue, ce corps qu’il faut réapprendre à écouter. Les passages à vide, ces peurs qui surgissent parfois sans prévenir, image l’oncologue passé par l’hôpital La Timone et l’Institut Paoli-Calmettes. Mais sur la route, personne ne reste seul. Quand l’un faiblit, le groupe ralentit, une main se tend. C’est la force du collectif."
Ce défi est une manière de gommer la fracture créée par la maladie. Lorsque le cancer surgit, c’est un choc qui bouleverse la vie du patient et l’équilibre de toute la famille, les plans disparaissent, la temporalité change. Là, le but est de remettre de la continuité. "Nous défendons une oncologie humaniste qui s’intéresse autant au corps et l’esprit qu’à la chair et aux sentiments, prône le Dr Stephen Ellis. Les traitements permettent de gagner des années de vie et les soins de support redonnent de la vie aux années."
Activité physique adaptée, nutrition, psy, socio-esthétique, sexologie… Les soins de support sont complémentaires aux soins médicaux. Ils visent à améliorer la qualité de vie physique, psychologique et sociale ainsi que la tolérance aux traitements et à éviter la récidive. Cela s’inscrit dans une prise en charge globale où le patient est au cœur du protocole.
"Faut pas crever", c’est bien plus qu’un raid à vélo. C’est une aventure humaine. Élodie, André et les autres s’entraînent depuis plusieurs semaines et le défi s’ouvre encore à de nouveaux participants. "Plus nous serons nombreux, plus cette histoire d’humanité prendra de l’importance", espère le médecin qui sera sur la ligne de départ à Menton et à l’arrivée à Marseille.
Les inscriptions sont ouvertes : https://institut-icic.fr/faut-pas-crever-4/