Depuis le vendredi 31 juillet 2026, l'association Foix Terre d'Histoire propose un spectacle vivant retraçant le passé de la cité comtale, trois fois par semaine. En coulisses, les comédiens s'activent et s'immergent...
l'essentiel Depuis le vendredi 31 juillet 2026, l'association Foix Terre d'Histoire propose un spectacle vivant retraçant le passé de la cité comtale, trois fois par semaine. En coulisses, les comédiens s'activent et s'immergent dans une ambiance survoltée jusqu'à la baisse de rideau. La Dépêche s'est glissée dans l'envers du décor.
Il est 20 heures, vendredi 7 août, au théâtre de verdure de l’Espinet, à Foix. Dans les gradins, l’agitation monte. Les bénévoles-comédiens de l’association Foix Terre d’Histoire se retrouvent, répètent une dernière fois une consigne, vérifient un accessoire ou ajustent un costume. Dans deux heures, plusieurs centaines de spectateurs prendront place ici.
Après une semaine sans représentation, la reprise est attendue avec impatience. Mais pas question de se reposer sur les premières soirées réussies. "Nous avons fait trois premiers spectacles super, ce n’est pas une raison pour se relâcher", prévient Agathe Roumieu, scénariste, chorégraphe et metteuse en scène du spectacle présenté durant L’Autre Foix. "Il ne faut pas prendre les prestations pour acquises", insiste-t-elle.
Sur le site, chacun connaît sa mission. Baptiste, 17 ans, a déjà préparé ses accessoires. "Ma fourche et ma torche sont prêtes, le cercueil est déjà placé, le banc aussi", détaille-t-il. Pour ce spectacle exploité sur trois ans, le jeune homme interprète une quinzaine de rôles, entre personnages principaux et figuration, dont celui de Gaston Fébus.
Une course contre la montre derrière le rideauÀ quelques mètres du plateau, le spectacle commence bien avant l'entrée en scène. Baptiste participe aussi à l'organisation et accompagne les spectateurs jusqu'à leur place. "Il est 21 h 28 et nous avons déjà scanné 260 billets. Nous devrions être dans les 400 ce soir, c'est plaisant. Nous avons déjà fait des performances à moins de 200 personnes, et cela fait mal au cœur", confie-t-il.
Pour Gauthier, l'affluence est aussi une source de motivation : "Plus ils sont nombreux, plus nous sommes contents et plus le spectacle se déroulera bien", glisse-t-il.
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À mesure que le soleil disparaît, l'envers du décor se dévoile. Derrière le terrain de sable où se déroulent les scènes, les arbres dissimulent une zone réservée aux costumes. Une simple bande LED permet aux acteurs amateurs de s'y retrouver.
Pour les plus jeunes aussi, la pression monte. Eden, 10 ans, participe au spectacle pour la troisième année. "J'essaie de ne pas y penser avant. La préhistoire me stresse un peu car je dois me changer plus vite que la Lune", explique-t-elle en jetant un regard inquiet vers les éclairs qui apparaissent au loin.
Anahit, 16 ans, a, elle, développé sa propre méthode. "Je les range par tableau et ordre de passage. Quand je finis un passage, je mets le range dans la panière à mes pieds pour aller plus vite." Après six années de spectacles, l'adolescente connaît les pièges. "Il m'est bien arrivé de me mélanger, j'en ai même perdu un une fois", sourit-elle. Et de temps en temps, il faut faire avec les moyens du bord : "Parfois, nous devons nous changer dans le noir complet, quand nous n'avons pas le temps entre deux scènes."
Trois costumes sur soi pour gagner quelques secondesPuis la voix de la conteuse retentit. Le coup d'envoi approche. Les discussions se réduisent à des chuchotements, les derniers réglages s'enchaînent. L'enterrement ouvre le spectacle.
En coulisses, les comédiens disparaissent du plateau avant de réapparaître quelques instants plus tard, dans un autre costume ou pour un autre personnage. Léa, qui interprète le rôle principal féminin, ressort essoufflée d'un changement de tenue. "C'est la course, nous faisons plein de choses en même temps", lance-t-elle.
Les comédiens n'ont parfois que quelques secondes pour changer de costume et retourner devant les spectateurs.
DDM - Cynthia BEAUCLAIR
Sa technique : ne pas perdre une seconde. "En général, je préfère aller vite directement et profiter d'un peu de répit avant la prochaine scène. Cela me permet de penser à mes tableaux et de ne pas me mélanger", explique-t-elle, avant d'aider Baptiste à nouer son vêtement.
La rapidité est parfois poussée à l'extrême. "J'ai trois tenues sur moi. Parfois, nous sommes amenés à porter plusieurs costumes pour aller plus vite."
Pendant 1 h 40, la même mécanique se répète. Les tableaux et les danses s'enchaînent, tandis que les comédiens amateurs se croisent, s'évitent et changent de tenue à toute vitesse. Dans les coulisses, les hommes de la Préhistoire ne sont parfois qu'à quelques secondes de croiser les templiers, torches allumées.
Mais derrière cette fresque historique, l'association revendique aussi un regard particulier sur le passé. "Aujourd'hui, elle est racontée plutôt du côté du patriarcat et des vainqueurs, souvent magnifiée. Nous voulons aussi montrer le côté sombre, remettre la femme dans le récit", affirme Loïc Ferré, président de l'association. Une vision qui suscite parfois des réactions : "Nous sommes régulièrement attaqués sur les réseaux sociaux, sur nos valeurs et nos positions. Nous tenons à les défendre et à les assumer."
Les Spyros manient le feu. Dès la scène terminée, ils s'empressent d'éteindre les torches.
DDM - Cynthia BEAUCLAIR
Jusqu'à la dernière seconde, la fourmilière reste en mouvement. Une course de 1 h 40 qui recommencera lors des prochaines représentations, du 14 au 18 août, au théâtre de verdure de l'Espinet.