Depuis samedi dernier, une vingtaine de caravanes a investi illégalement un stade à 30 minutes de Toulouse. Samedi, 9 heures, rue du 19-Mars-1962 à Saint-Lys. Des gens du voyage se sont installés en force sur le...
l'essentiel Depuis samedi dernier, une vingtaine de caravanes a investi illégalement un stade à 30 minutes de Toulouse. Samedi, 9 heures, rue du 19-Mars-1962 à Saint-Lys. Des gens du voyage se sont installés en force sur le terrain de football municipal. Bloqués face à une aire d'accueil saturée, élus et riverains cherchent une issue alors que le ton monte discrètement dans le quartier. On a été prendre la température sur place.
À Saint-Lys, depuis samedi matin, impossible de longer la rue du 19 mars 1962 sans distinguer les nombreuses caravanes qui occupent le terrain d'entraînement du club de football local. Suite à cette installation illégale de la part des gens du voyage, plusieurs élus de la commune se sont rendus sur place pour tenter de trouver une solution afin de déplacer ce long convoi vers des lieux prévus à cet effet.
Premier adjoint délégué aux finances et à l'urbanisme, Daniel Sandoval, est resté trois heures à négocier le jour même : "L'aire d'accueil homologuée de gens du voyage qui fait partie de la commune possède une capacité de 12 emplacements. Or, j'ai moi-même compté 25 caravanes, donc impossible de déplacer ces personnes vers cette aire."
Les habitants mitigésAutour de ce terrain, on retrouve de nombreux lotissements qui abritent des familles et des jeunes. Ces derniers ont pour habitude de passer leurs soirées estivales à jouer sur le terrain actuellement occupé. Aurore, habitante Saint-Lysienne, déplore cette privation sans pour autant être scandalisée. "Par exemple, je sais que mon neveu et plusieurs autres jeunes vont jouer au foot le soir quand il fait moins chaud. Ils en sont empêchés en ce moment, c'est dommage pour eux. Au-delà de ça, il faut pouvoir cohabiter" déclare-t-elle.
La mairie s'est également assurée que le voisinage ne se retrouve pas dérangé par cette présence : "Deux élus se relaient chaque jour pour aller voir les riverains, mais ces derniers n'ont pour l'instant pas fait part de doléances" précise Daniel Sandoval. Sous la halle de la commune, un homme regrette quant à lui le manque d'intervention immédiate des forces de l'ordre pour libérer le terrain. "À Fonsorbes, après un envahissement similaire, la mairie a réagi avec une expulsion puisque la démarche est illégale" se plaint-il. Avant d'interroger : "Paient-ils l'électricité et l'eau auxquelles ils sont rattachés ?"
Une situation qui se répète chaque annéeFace à ces questions, Daniel Sandoval désamorce : "Ces caravanes ne sont pas branchées à des compteurs communaux et encore moins à des compteurs privés." Face à ce contexte délicat, il affirme que la mairie a dû prendre une décision immédiate pour statuer sur un départ des caravanes le dimanche 23 août. Un choix contraint par le manque de réponses rapides de l'agglomération du Muretain et de la préfecture : "Aucune solution concrète n’a toutefois été proposée et la commune a dû gérer cette situation seule. [...] La décision a été prise de maintenir le groupe temporairement sur le terrain d’entraînement de football. Ceci ne valant pas acceptation de cette occupation illégale" souligne la municipalité par voie de communiqué.
Cette dernière souhaite que des actions soient entreprises sur la durée par la préfecture et l'agglomération dans le but d'éviter de nouvelles installations non autorisées. Enfin, les gens du voyage rencontrés sur place auraient souhaité s'exprimer, mais pas sans la présence de leurs représentants, absents durant notre visite.