Alors que le Tour de France femmes vient de s'achever, le syndrome de la vulve, qui engendre des douleurs à de nombreuses coureuses, est évoqué afin de faire évoluer la conception des vélos de course.
Le Tour de France Femmes s’est achevé dimanche 9 août, au terme d’une édition particulièrement exigeante pour les coureuses. Après l’abandon de la Française Pauline Ferrand-Prévot, c’est finalement la Néerlandaise, Demi Vollering, qui a remporté la compétition. Au-delà des performances sportives, certaines problématiques de santé continuent de faire parler dans le peloton féminin. Parmi elles, le lymphœdème vulvaire, parfois appelé "syndrome de la vulve de la cycliste", demeure un sujet encore largement méconnu.
Un problème qui toucherait une grande partie du peloton fémininAlors que le Tour de France vient de s'achever, la question du confort des participantes est à nouveau évoquée. Encore peu abordé il y a quelques années, le lymphœdème vulvaire, fait désormais partie des préoccupations du corps médical et des coureuses elles-mêmes. Ce syndrome douloureux est engendré chez certaines coureuses, à cause de frottements répétés avec la selle et de la pression exercée sur le périnée. Cela peut alors entraîner un gonflement au niveau des lèvres vulvaires et donc des douleurs localisées au niveau du périnée et du pubis. Avec les longues heures passées sur la selle, cet inconfort peut rendre la position assise difficile et perturber la pratique sportive.
Matthieu Muller, médecin de l’équipe Cofidis et gynécologue-obstétricien, a alerté sur les conséquences que ce problème pouvait avoir sur la pratique du cyclisme. Interrogé par RMC Sport, il expliquait notamment que le lymphœdème vulvaire pouvait entraîner une gêne importante sur la selle. "Le lymphœdème vulvaire ne fait pas mal mais c'est extrêmement gênant pour s'asseoir correctement sur la selle. Ça entraîne une tendinopathie essentiellement au niveau du genou".
Des coureuses qui souffrent en pleine compétitionPour éviter la pression au niveau de l’entrejambe, certaines coureuses sont ainsi amenées à modifier leur position sur leur vélo. Des adaptations qui peuvent, à terme, provoquer d’autres douleurs, notamment au niveau des lombaires ou des cervicales. Pour le gynécologue-obstétricien, une partie du problème pourrait également venir de la conception même des vélos de course. "Tout a été fait en fonction des hommes. Les anatomies féminine et masculine sont différentes au niveau du périnée. Tout est à revoir", déplore le médecin.
Au-delà de la question médicale, c’est également le silence entourant ce phénomène qui inquiète. Pendant longtemps, de nombreuses sportives n’osaient pas évoquer leurs douleurs ou leurs problèmes intimes, y compris avec leur entourage. Cécilia Clair, ancienne coureuse de l’équipe de France, en a notamment fait l’expérience. La cycliste, qui a arrêté la compétition à seulement 20 ans en raison d’un lymphœdème vulvaire, a raconté la difficulté qu’elle avait eue à parler de ce problème. "Quand je m’en suis rendu compte, j’ai commencé par le garder pour moi très longtemps. Même avec mes parents, ce n’était pas possible d’en parler… ". Et d'ajouter : "Maintenant, on sait qu’il faut incliner un peu vers l’avant sa selle. Mais à l’époque, on était positionnées comme des garçons pour être les plus performantes possible", a également expliqué Cécilia Clair.
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