Après avoir déclaré une urgence de santé publique de portée internationale concernant l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, dimanche, l’OMS a réitéré son alerte ce mardi.
Le 18 mai 2026, à Goma, un point de contrôle mis en place pour le dépistage de la température de tous les visiteurs et patients entrant dans l’hôpital, dans le cadre des mesures de prévention contre Ebola. JOSPIN MWISHA / AFP
L’OMS multiplie les alertes sur Ebola. Le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a alerté ce mardi 19 mai sur « l’ampleur et la rapidité » de l’épidémie qui frappe la République démocratique du Congo (RDC), où elle est à l’origine de 131 décès estimés et 513 cas suspects.
Le 18 mai 2026, à Goma, un point de contrôle mis en place pour le dépistage de la température de tous les visiteurs et patients entrant dans l’hôpital, dans le cadre des mesures de prévention contre Ebola. JOSPIN MWISHA / AFP
L’Organisation mondiale de la Santé réunit ce mardi son comité d’urgence pour faire le point et avoir des recommandations temporaires sur l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo.
Cette réunion intervient après le déclenchement par l’agence de l’ONU de l’urgence sanitaire internationale face à la progression du virus, alors que les autorités congolaises recensent déjà plus de 513 cas suspects et 131 décès.
• Les alertent sanitaires se multiplientDimanche matin, le chef de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale (USSPI) – son deuxième niveau d’alerte le plus élevé – face à l’épidémie d’Ebola qui frappe la RDC et l’Ouganda. « Je n’ai pas pris cette décision à la légère », a-t-il souligné ce mardi.
La RDC est actuellement frappée de plein fouet par le variant Bundibugyo d’Ebola, contre lequel il n’existe aucun vaccin. « Jusqu’à présent, 30 cas ont été confirmés en RDC dans la province septentrionale de l’Ituri », a précisé le chef de l’OMS, expliquant que l’Ouganda avait également fait état de deux cas confirmés dans la capitale, Kampala, dont un décès parmi deux personnes ayant voyagé depuis la RDC.
Selon Tedros Adhanom Ghebreyesus, il y a plusieurs raisons d’inquiétude face à cette épidémie, dont le fait qu’il y ait des cas signalés dans les villes de Kampala et de Goma. Il a également souligné des décès parmi les personnels de santé qui montrent qu’il y a « une transmission associée aux soins ».
Il ajoute que « d’importants mouvements de population sont observés dans la région. La province de l’Ituri est extrêmement instable sur le plan sécuritaire », a-t-il ajouté, signalant que l’intensification du conflit ces derniers mois a provoqué le déplacement de plus de 100 000 personnes dans la région.
L’OMS a annoncé ce mardi être en train d’examiner quels vaccins candidats et traitements disponibles pourraient être utilisés pour juguler l’épidémie d’Ebola. Une épidémie qui pourrait durer longtemps, a averti mardi une représentante de l’OMS, rappelant qu’une précédente épidémie avait duré deux ans.
• La crainte d’une épidémie à MayotteLa propagation de l’épidémie met en alerte d’autres territoires internationaux. Le week-end dernier ainsi que lundi, la députée de la 1re circonscription de Mayotte, Estelle Youssouffa, s’inquiétait de son côté qu’en raison de la fragilité sanitaire et de l’immigration clandestine depuis les Comores, le territoire ultramarin se retrouve exposé.
• Le président de la RDC appelle au calmeLe président congolais Félix Tshisekedi a appelé ce mardi la population « au calme » en République démocratique du Congo, dans un message publié sur X par la présidence congolaise. « Le chef de l’Etat a instruit le gouvernement à mettre immédiatement en œuvre toutes les mesures nécessaires pour renforcer la riposte sanitaire », indique ce message.
• Les Etats-Unis renforcent leurs contrôlesLes Etats-Unis ont annoncé lundi soir un renforcement des contrôles sanitaires à ses frontières pour les voyageurs aériens en provenance des pays touchés en Afrique et restreindre temporairement l’attribution de visas pour les étrangers ayant voyagé en Ouganda, en République démocratique du Congo (RDC) ou au Soudan du Sud au cours des 21 derniers jours, ont annoncé les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), principale agence sanitaire aux Etats-Unis.
Un médecin missionnaire de l’ONG chrétienne américaine Serge, Peter Stafford, a contracté le virus dimanche « dans le cadre de son travail en République démocratique du Congo ». Des dispositions sont actuellement prises pour le transférer en Allemagne pour le soigner, a déclaré Satish Pillai, chargé de la gestion d’Ebola au sein des CDC.
Les CDC ont assuré qu’ils collaboraient avec des partenaires internationaux et les services de santé des pays concernés. Les mesures annoncées lundi comprennent « le déploiement de personnel des CDC pour soutenir les efforts de maîtrise de l’épidémie dans les régions touchées » ainsi qu’une aide aux tests en laboratoire et au traçage des contacts.
Mais Matthew Kavanagh, directeur du Center for Global Health Policy and Politics à l’Université de Georgetown à Washington, juge la réponse des Etats-Unis « décevante ». Pour lui, les contrôles aux frontières relèvent « plus du théâtre que de mesures efficaces de santé publique ».
Par Service Actu (avec AFP)