Alors que son ouverture est prévue pour l’automne, le centre de santé intercommunal des Pyrénées audoises a failli ne pas voir le jour. En cause : l’opposition de l’ARS au terme "communautaire", associé pour elle à un...
Alors que son ouverture est prévue pour l’automne, le centre de santé intercommunal des Pyrénées audoises a failli ne pas voir le jour. En cause : l’opposition de l’ARS au terme "communautaire", associé pour elle à un certain sectarisme. Un refus qui a notamment refroidi Catherine Lerebours, la médecin au cœur du projet.
Avec un médecin, une infirmière en pratique avancée et un agent d’accueil, pour commencer, le centre de santé de Quillan de l’intercommunalité des Pyrénées Audoises représente un véritable espoir pour les habitants de la Cité des Trois Quilles et des alentours, deux des trois médecins en exercice étant en partance pour la retraite.
S’articulant autour de la santé, de la médiation en santé et de la santé participative, le centre représente aussi une vraie transition avec Médecins du Monde. Après dix ans d’implantation, l’ONG devrait quitter le territoire en juin prochain. Pourtant, le centre a bien failli ne jamais voir le jour. En cause, un simple mot : "communautaire".
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"La santé communautaire, c’est un terme de l’OMS, précise pourtant Flavienne Mazardo-Lubac, coordinatrice du programme "Précarité et accès à la santé en Haute Vallée de l’Aude" pour Médecins du Monde. Mais en France, on a un problème avec la reconnaissance de ce terme, il est connoté. Il faut garder en tête qu’avant tout, c’est de la santé participative."
L’ARS interprète mal le conceptUne conception de la santé que le docteur Catherine Lerebours, qui exercera dans le futur centre, maîtrise pourtant. Après avoir travaillé à Espéraza, elle a parcouru le monde et notamment la Nouvelle-Calédonie, dans des pays "où la dimension communautaire est très forte".
Pour elle, pour qu’un centre de santé soit efficace, il faut qu’il y ait des professionnels de santé, mais aussi une action de médiation en santé et une dimension participative. Des centres similaires existent déjà à Toulouse ou Montpellier.
Une équipe multidisciplinaire"L’intérêt, c’est d’être une même équipe, dans un même lieu. Quand un patient vient me voir et que je me rends compte qu’il a un problème de sécurité sociale ou de logement, je peux le diriger vers le médiateur en santé. À l’inverse, l’agent d’accueil va observer des attitudes, des détails, qui ne me sauteront pas aux yeux. Tout cela s’inscrit dans le parcours de soins disciplinaire qui permet de mieux prendre en charge la personne, de mieux l’accompagner et d’être sûr de rétablir son parcours de soins."
Rien de très différent, en soi, avec ce que décrivent les élus de l’intercommunalité des Pyrénées Audoises dans leur projet de centre de santé. Mais le terme "communautaire" a semble-t-il effrayé l’ARS. "Le projet a été ralenti par l’ARS qui craignait une forme de sectarisme", répond Francis Savy, président de l’interco.
Il y a beaucoup d’affect dans ce dossier
Il ajoute : "Il y a aussi le fait que Médecins du Monde avait commencé à faire un travail de transmission avec une autre asso, alors que c’est finalement l’Ussap qui a emporté l’appel à manifestation d’intérêt pour le poste de médiateur. Reste que ça a beaucoup refroidi le Dr Lerebours, on a cru qu’elle allait quitter le projet. Il y a beaucoup d’affect dans ce dossier".
Les craintes de l’ARS et l’arrêt du Secpa à l’échelle nationale, qui aidait justement au financement des centres de santé, auront eu raison du projet initial. Le centre comptera non pas une mais trois instances : un pôle médical qui ouvrira en automne, un service de médiation en santé assuré par l’Ussap (avec 0,8 ETP contre 2 ETP et douze bénévoles avec Médecins du Monde) et une association de santé participative "Notre Vallée en Santé". De quoi assurer tout de même la transmission des missions de Médecins du Monde, d’ici à son départ en juin.