Porté par la communauté de communes des Pyrénées audoises, le centre accueillera d’abord un médecin et une infirmière en pratique avancée (IPA), dans des locaux prévus pour livraison à l’automne à Quillan. Une...
Porté par la communauté de communes des Pyrénées audoises, le centre accueillera d’abord un médecin et une infirmière en pratique avancée (IPA), dans des locaux prévus pour livraison à l’automne à Quillan. Une deuxième tranche de travaux visera à compléter l’offre de médiation en santé.
En septembre 2025, le conseil intercommunal des Pyrénées audoises vote l’achat du local commercial Miravete, à Quillan, pour 150 000 €. Sept mois plus tard, le président fraîchement réélu de la communauté de communes, Francis Savy, confirme : "le centre de santé devrait ouvrir ses portes à l’automne 2026". Le temps que la première tranche de travaux soit achevée.
"Au sein de ce centre de santé, il y aura un médecin et une infirmière en pratique avancée", souligne Mohammed El Habchi, membre du bureau intercommunal lors du précédent mandat. Un soulagement pour les Quillanais et les habitants des communes alentour, puisque deux des trois médecins traitants de la commune devraient prochainement faire valoir leurs droits à la retraite.
Santé, médiation, participation"En réalité, ce centre de santé s’articule autour de trois piliers, détaille Mohammed El Habchi. La santé, avec ce premier binôme installé à l’automne, mais également la médiation en santé, dont les locaux seront aménagés lors d’une deuxième tranche, et la santé participative, qui consiste à faire des campagnes pour inciter à manger mieux, à prévenir les violences conjugales…"
Cette conception en trois piliers, c’est Médecins du Monde qui l’a pensée. Présente sur le territoire depuis 2016, l’ONG travaille au transfert de ses actions de médiation en santé depuis deux ans et demi. "En juin 2026, ça fera dix ans qu’on est là, précise Flavienne Mazardo-Lubac, coordinatrice du programme "Précarité et accès à la santé en Haute Vallée de l’Aude". Il est temps d’accompagner la suite, pour pérenniser ce poste de médiateur en santé."
Retour des précaires vers le parcours de soinsL’enjeu est en effet crucial : l’ONG a permis à des personnes vulnérables de revenir dans un parcours de soins. En septembre 2022, l’Association des maires ruraux de France publie une étude selon laquelle les habitants d’une zone rurale auraient deux ans de moins d’espérance de vie, en raison du manque de médecins. Un chiffre qui passe à six pour les personnes en situation de précarité.
"Ici, on cumule les deux, précise Flavienne Mazardo-Lubac. Les précaires sont dans une urgence sociale telle qu’ils laissent souvent tomber leur santé." Plateformes téléphoniques automatisées, oubli du renouvellement des droits, absence d’adresse postale… les causes de découragement sont nombreuses.
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Dans son rôle de médiateur en santé, Médecins du Monde est parvenu à remobiliser ses bénéficiaires à leur parcours de soins, tout en proposant aussi des ateliers thématiques. "L’enjeu, c’est de garder le lien de confiance avec eux, d’assurer la continuité en introduisant le nouveau médiateur auprès d’eux."
Si les actions collectives, soit le volet "participatif" évoqué par l’interco, seront assurées par les 47 adhérents de l’association "Notre Vallée en Santé", le travail de médiation sera repris par l’Ussap. Un choix fait par l’Agence régionale de santé (ARS) qui n’a pas été sans écueil, et qui a bien failli faire renoncer le médecin impliqué dans le projet. Au risque de tout faire s’écrouler.