La route de randonnée à vélo reliant Bordeaux à l’océan n’a pas été détruite par l’incendie de Saumos mais son paysage est devenu sinistre sur une dizaine de kilomètres. Reportage en images dans cette
La route de randonnée à vélo reliant Bordeaux à l’océan n’a pas été détruite par l’incendie de Saumos mais son paysage est devenu sinistre sur une dizaine de kilomètres. Reportage en images dans cette zone interdite d’accès
Les amateurs de voies vertes, séparées de la circulation automobile et exclusivement réservées aux déplacements non motorisés, peuvent se rassurer suite à l’incendie de juillet survenu en Gironde : la piste cyclable de 70 km reliant Bordeaux à l’océan est intacte. Le 22 et 23 juillet, le feu l’a traversée sur une section de dix kilomètres entre Saumos et Lacanau-Ville. Il est possible d’y rouler, comme auparavant, sans entrave sur un bitume confortable. Le secteur, d’où est parti le gigantesque incendie de cet é...
Les amateurs de voies vertes, séparées de la circulation automobile et exclusivement réservées aux déplacements non motorisés, peuvent se rassurer suite à l’incendie de juillet survenu en Gironde : la piste cyclable de 70 km reliant Bordeaux à l’océan est intacte. Le 22 et 23 juillet, le feu l’a traversée sur une section de dix kilomètres entre Saumos et Lacanau-Ville. Il est possible d’y rouler, comme auparavant, sans entrave sur un bitume confortable. Le secteur, d’où est parti le gigantesque incendie de cet été, reste néanmoins interdit d’accès conformément à l’arrêté du 8 août 2026 de vigilance incendie.
À Saumos, la piste Lacanau-Bordeaux est totalement dégagée après les incendies.
Sébastien Darsy / SO
Risques persistants« La fréquentation des sites et espaces situés à l’intérieur des secteurs impactés par les incendies est interdite, sauf pour les personnes dûment autorisées », indique le texte de la préfecture de Gironde.
Absence de verdure sur la piste cyclable Lacanau Bordeaux au niveau de Saumos vers Lacanau ; des arbres calcinés en bord de route menacent de tomber.
Sébastien Darsy / SO
Elle justifie cette mesure pour « protéger les personnes face aux risques persistants dans les zones incendiées (chute d’arbres, fumerons…) ». « Le dégagement des voies a été fait entièrement, décrit le maire de Saumos, Didier Chautard. Nous n’avons pas eu beaucoup d’arbres par terre, le feu est passé très vite. Ceux qui sont tombés ont eu les racines brûlées. Et certains menacent de tomber. » Pour le reste de la piste, le Conseil départemental de Gironde confirme ce 17 août qu’elle est « accessible au public ».
Des parcelles qui étaient déjà rasées mais non dessouchées ont brûlé.
S.D./SO
« Sud Ouest » a eu accès à la zone brûlée de la piste qui a été totalement dégagée. Des champs de pins qui avaient été abattus ont été parcourus par le feu laissant les souches dépasser de terre tels des plots carbonisés et bien alignés. Les grands encore debout semblent pétrifiés sur un sol parfaitement débroussaillé par le feu, sans aucun taillis.
L’entrée du village de Saumos, en venant de Lacanau : les flammes sont allées jusqu’au bord du bourg.
S.D./SO
« Nous avons perdu 4 600 hectares de forêt »Au niveau de l’entrée du village de Saumos (550 habitants), en venant de Lacanau, des buissons sont carbonisés, à seulement 200 mètres des premières habitations. « Nous avons été encerclés par les flammes, indique le maire. Les pompiers ont sauvé le bourg. Mais une dizaine de maisons dispersées ont été brûlées. Nous avons perdu 4 600 hectares de forêt sur 5 000 hectares. Avec un grand manque à gagner pour la commune : 670 hectares de parcelles communales sur 730 ont été dévorés par l’incendie. Dans le budget, cela va diminuer nos investissements de 25 à 35 % », évalue Didier Chautard.
Vue depuis la piste cyclable de Lacanau Bordeaux à Saumos ; la forêt brûlée à perte de vue en direction du Porge ; les arbres calcinés ont été coupés et ramassés.
Sébastien Darsy / SO
De part et d’autre de la piste, tout n’est que désolation à l’exception cependant de quelques chênes épargnés par le feu. Ambiance sinistre, silence total et odeur de brûlé ne donnent pas envie de s’attarder. Le maire compare sa commune à une page blanche : « Il faut tout refaire, dit-il après avoir rencontré ce 17 août le Premier ministre Sébastien Lecornu. Si on replante de la même manière, ce sera une erreur. Nous devrons mettre des bandes de protection, garantir des accès aux pompiers… Et cela grâce à une nouvelle réglementation de l’État qui s’appliquerait aux propriétaires de la forêt. »
Au bord de la piste figure un message de prévention contre les incendies à 1 km de l’entrée du village de Saumos où des habitations ont échappé aux flammes.
Sébastien Darsy / SO
Entre Saumos et Sainte-Hélène (10 km), le paysage est bien plus avenant ; la promenade à deux roues (autorisée sur cette section) offre un paysage de végétation rase qui s’étend à perte de vue. Des buissons et hautes herbes sans aucun pin maritime : il s’agit de la zone qui avait (déjà) brûlé Saumos… lors de l’incendie de septembre 2022.
Sur la piste cyclable entre Sainte-Hélène et Saumos : à droite, une parcelle touchée par l’incendie de 2022 ; il n’y a plus de pins et les broussailles ont repoussé. À l’horizon, quelques arbres morts sont toujours debout.
Sébastien Darsy / SO