Invitée politique de franceinfo ce jeudi, la ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, défend la gestion des incendies en France par le gouvernement, assurant que les moyens ont été mis pour lutter contre le feu.
Publié le 30/07/2026 08:09
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Article rédigé par franceinfo - Édité par l'agence 6Medias
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Invitée politique de franceinfo ce jeudi, la ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, défend la gestion des incendies en France par le gouvernement, assurant que les moyens ont été mis pour lutter contre le feu.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Alexandre Peyrout : L'actualité, c'est d'abord cet incendie qui continue en Gironde, qui, certes, est stabilisé mais toujours pas maîtrisé ce matin. Ça fait plus d'une semaine que la forêt brûle, comme presque chaque été maintenant, et ça n'est visiblement que le début. Est-ce qu'on est condamné à subir ? Est-ce qu'il y a eu des failles dans la préparation de cet été ?
Aurore Bergé : Pour avoir échangé en direct avec un certain nombre de médecins qui sont engagés sur place ou de sapeurs-pompiers, je crois qu'il faut comprendre et mesurer l'ampleur de ce dont on parle, c'est-à-dire d'un feu qui ne s'est jamais produit dans cette dimension-là, qui peut se produire en Californie, qui peut se produire en Australie, une espèce de mégafeu qui emporte tout. Certains ont parlé de monstre de feu, et c'est ça. Et on a des milliers de femmes et d'hommes qui sont engagés depuis le premier jour, des sapeurs-pompiers, des militaires, des professionnels soignants, qui ont permis des évacuations, les évacuations des Ehpad, les évacuations des personnes fragiles, les évacuations de communes qui ont été touchées, qui ont garanti qu'il n'y ait aucun mort civil, ce qui n'a malheureusement pas toujours été le cas dans d'autres pays. Donc, ça veut dire un engagement maximal de notre pays, maximal, de moyens humains et d'équipements, qui ont été déployés.
Justement, vous parliez des pompiers. Les pompiers eux-mêmes, ils disent aujourd'hui : "On manque de moyens pour faire face à ces mégafeux", parce que, vous le dites, ils sont d'une ampleur inédite...
C'est inédit, en effet.
C'est inédit, mais ça va se reproduire. Est-ce qu'il faut enfin prendre la mesure de l'ampleur de ces phénomènes et enfin mettre de l'argent sur la table ?
Alors, l'argent sur la table, il y en a beaucoup qui a été mis. Je ne sais pas à quels pompiers vous faites référence ou quelles déclarations ont été faites.
A la Fédération des sapeurs-pompiers…
Moi, ce que je sais, c'est que plus de 400 millions d'euros ont été engagés en équipement, qu'il y a sans doute des évolutions encore qui doivent se faire parce que, vous l'avez dit vous-même, c'est inédit. Et face à une situation inédite, ça veut dire qu'on s'adapte en permanence.
Il faut changer de paradigme aujourd'hui ?
C'est ce qui est fait sur le terrain : s'adapter, s'adapter commune par commune, périmètre par périmètre, action par action, pour garantir la protection des populations civiles. Parce qu'en fait, le mot d'ordre, la priorité absolue, ça a été la protection des populations civiles. Et c'est exactement ce qui s'est passé. Peut-être qu'on ne le mesure pas en étant ici à Paris, mais je vous assure que quand vous parlez à celles et ceux qui sont engagés sur le terrain, vous mesurez l'ampleur, vous mesurez le caractère absolument inédit, vous mesurez la prouesse de ces femmes et de ces hommes engagés et donc des moyens humains et des moyens de l'État qui ont été mobilisés parce que tout ça, ça veut dire que ça a été structuré, ça a été pensé, ça a été animé par des femmes et des hommes d'État qui ont été engagés.
Vous parlez justement des communes qui se sont adaptées. Il y a une commune aujourd'hui qui est très en colère, c'est la commune du Porge. Une petite demi-heure avant cette interview, nous recevions la présidente du collectif des habitants du Porge qui dit que "notre commune a été abandonnée aux flammes. On n'a pas été alerté en temps et en heure." Est-ce que l'État a failli, concernant la commune du Porge ? Qu'est-ce que vous pouvez nous dire là-dessus ce matin ?
Il y a évidemment une détresse dont il faut prendre la mesure. Perdre sa maison, perdre ses souvenirs, ne pas savoir dans quelle mesure on pourra revenir sur place. Le choc, le traumatisme évident que ça représente. Mais personne n'a été abandonné. Personne n'a jamais été abandonné, ce qui fait que, encore une fois, la protection des populations civiles ayant été la règle, nous n'avons eu aucune mort civile à déplorer. Le pays voisin, l'Espagne, ça n'a pas été le cas. Donc vous voyez, encore une fois, je sais que quand vous perdez tout ce qui était à vous, c'est-à-dire votre maison, vos souvenirs, là où vous étiez, projeté dans votre vie avec votre famille. Évidemment que je comprends le désarroi et que je peux même comprendre la part de colère que ça représente. En revanche, il faut mesurer tout ce qui s'est produit, la manière avec laquelle le feu s'est propagé, les vents ont changé. Parfois, c'est en quelques minutes que le vent tourne, que le vent change. Et vos reporters l'ont d'ailleurs démontré, ils étaient eux-mêmes sur place et d'un coup, ils voyaient des feux se propager et changer de nature.
Ceux qui étaient en première ligne face à ces incendies, on le disait tout à l'heure, ce sont les sapeurs-pompiers. Beaucoup sont volontaires. Mais aujourd'hui, il y a une crise de vocation, des gardes à rallonge, un manque de reconnaissance financière. Est-ce qu'il faut revoir ce statut ou l'État va continuer à tirer sur la corde du bénévolat ?
On ne tire pas sur la corde du bénévolat, ça ne se passe pas comme ça. Pour visiter beaucoup de casernes de sapeurs-pompiers, vous avez beaucoup de sapeurs-pompiers qui sont professionnels et volontaires. Il y en a beaucoup qui ont les deux statuts.
Un tiers à deux tiers du travail n'est fait que par des volontaires.
Oui, mais il y en a beaucoup qui ont les deux statuts. Et encore une fois, on a un modèle unique au monde qui fait qu'on a des femmes et des hommes qui souhaitent se mobiliser, qui souhaitent s'engager. Et je crois que c'est quelque chose qui est assez unique et formidable. On s'est d'ailleurs beaucoup battu par rapport au risque d'une directive qui viendrait changer cela, avec la Fédération des sapeurs-pompiers, pour garantir ce modèle qui nous permet d'avoir des milliers de femmes et d'hommes qui sont engagés sur tous les fronts. Ils ont été engagés en Gironde, ils ont été engagés dans les Landes, ils ont été engagés dans le Var, ils ont été engagés aussi sur toutes les missions essentielles qui sont les leurs parce qu'on n'a pas désossé les départements pour garantir qu'évidemment, en permanence, la protection des Français soit assurée. Donc c'est un modèle unique au monde, c'est un modèle, je crois, qui fait notre fierté et qui permet la protection des Français.
Une dernière question concernant ces incendies. On a appris hier par le Canard Enchaîné que votre collègue du gouvernement, la ministre de la Transition Écologique, Monique Barbut, avait géré cette crise des incendies en visioconférence depuis sa résidence secondaire du Var, après sa vraie-fausse démission de la semaine dernière. Est-ce que tout ça est bien sérieux ?
Est-ce que la question est bien sérieuse ?
Oui. Ça choque beaucoup de gens ce matin.
Ça choque peut-être des gens. Moi, je n'ai pas de commentaires à faire, je ne suis pas là pour savoir où se positionnent les ministres et à quel endroit ils sont pour répondre à vos questions.
Est-ce qu'il n'aurait pas mieux valu la laisser démissionner la semaine dernière ?
Je vous laisse l'inviter si vous avez des questions à lui poser.
Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité.