Invité politique d'Alexandre Peyrout sur franceinfo ce mercredi 29 juillet, Aurélien Le Coq dénonce les "mensonges" et le "cynisme" du gouvernement au sujet de la lutte contre les brasiers en France. "Des ministres nous ont expliqué que les A400M n'étaient pas prêts, que ça allait prendre du temps. C'est un mensonge. 'Le Canard enchaîné' explique ce matin qu'ils auraient pu les mettre en opération bien avant", avance l'élu insoumis, emboîtant le pas à ses collègues en demandant "une session extraordinaire à l'Assemblée nationale" pour rectifier le budget.
Publié le 29/07/2026 14:35
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Article rédigé par franceinfo - Édité par l'agence 6Medias
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Invité politique d'Alexandre Peyrout sur franceinfo ce mercredi 29 juillet, Aurélien Le Coq dénonce les "mensonges" et le "cynisme" du gouvernement au sujet de la lutte contre les brasiers en France. "Des ministres nous ont expliqué que les A400M n'étaient pas prêts, que ça allait prendre du temps. C'est un mensonge. 'Le Canard enchaîné' explique ce matin qu'ils auraient pu les mettre en opération bien avant", avance l'élu insoumis, emboîtant le pas à ses collègues en demandant "une session extraordinaire à l'Assemblée nationale" pour rectifier le budget.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Alexandre Peyrout : Le feu est toujours stabilisé ce matin en Gironde. C'est plutôt une bonne nouvelle, mais ça ne s'est pas fait sans difficulté. Canadair assez nombreux en maintenance, pompiers épuisés, appel aux volontaires… Le modèle français de sécurité civile est-il à bout de souffle ?
Aurélien Le Coq : Oui, il l'est, mais je voudrais commencer d'abord par avoir une pensée pour les deux soldats du feu, les deux pompiers qui sont décédés dans cet incendie en Gironde. Ils sont quatre depuis le début de l'été. Une pensée pour les 110 sapeurs-pompiers qui sont blessés, pour les 2 500 qui sont aujourd'hui engagés aux côtés de 1 500 militaires et apporter toute ma solidarité et mon soutien aux habitantes et aux habitants de la Gironde, aux 220 000 déplacés, mais aussi aux agriculteurs et à toutes celles et ceux qui se mobilisent.
Et les pompiers eux-mêmes disent qu'on manque de moyens aujourd'hui. Est-ce que c'est un constat que vous faites aussi ?
Mais la situation aujourd'hui est absolument catastrophique. Elle est absolument alarmante. Et elle est le résultat direct et concret d'un gouvernement de cyniques et de menteurs qui ont préféré faire des économies sur le dos des sapeurs-pompiers qui sont censés nous protéger plutôt que de les aider. Je dis de cyniques et de menteurs, pour des raisons bien précises. Depuis le début de ces incendies, le gouvernement enchaîne les mensonges systématiquement. Nous avons des ministres qui nous ont expliqué que les A400M n'étaient pas prêts, que ça allait prendre du temps. C'est un mensonge. Le Canard enchaîné explique ce matin qu'ils auraient pu les mettre en opération bien avant.
Justement, vous parlez des A400M, on va en reparler, mais avant ça, vous dites "un gouvernement de cyniques et de menteurs". Le gouvernement ne ment pas quand il dit qu'ils ont quasiment doublé le budget de la sécurité civile, qu'on est passé de 450 millions d'euros en 2017 à 800 millions d'euros en 2026. Ce n'est pas un mensonge, ça ?
Vous avez raison. Là, en l'occurrence, le gouvernement fait preuve d'un cynisme absolu. Ils disent qu'ils ont augmenté, un peu moins que doublé, le budget de la sécurité civile. Mais la réalité, c'est que le nombre d'incendies a été multiplié par 12, que le nombre de surfaces brûlées a été multiplié par 7. C'est donc une goutte d'eau absolument dérisoire. On parle ici de 800 millions d'euros. Mais est-ce que quelqu'un va dire à un moment que le financement des pompiers est assuré à 90% par les collectivités territoriales ? Le budget des pompiers aujourd'hui en France, c'est plus de 6 milliards d'euros. Mais il y en a 5,6 milliards qui sont assurés par les collectivités territoriales. Alors, pendant qu'on met 400 millions sur la protection civile, je dois rappeler que l'année dernière et l'année précédente, ces deux dernières années, on a supprimé 12 milliards d'euros dans les collectivités territoriales. Qu'en trois ans, le gouvernement a supprimé 1,6 milliard d'euros dans le Fonds vert qui permet la prévention des incendies.
D'accord. Mais vous n'êtes pas sans savoir qu'on est dans une situation budgétaire très compliquée. Alors, l'argent, on le trouve où ?
L'argent, on le trouve par exemple dans les 92 milliards de dépenses fiscales. Voyez-vous, l'État, chaque jour, dépense près de 250 millions d'euros en cadeaux fiscaux, faits notamment aux plus riches. Ce qu'avait dit le député Hadrien Clouet hier sur votre antenne, c'est que quatre jours d'ISF suffisent à payer un Canadair, suffisent à régler une partie des problèmes aujourd'hui.
Ce n'est pas un peu simpliste comme raisonnement ?
Non, ce n'est pas un peu simpliste. Pendant que nous avons un pays qui est ravagé par les flammes, nous décidons de continuer à offrir toujours plus à quelques-uns qui s'en mettent plein les poches. Donc oui, nous avons les moyens de faire. Et moi, je n'accepte pas que ce gouvernement ait laissé, par exemple, pendant les dix ans de son mandat, supprimer 130 centres d'incendie et de secours.
Vous parliez tout à l'heure de la question des A400M. Il y a eu cette passe d'armes entre Jean-Luc Mélenchon, le candidat que vous soutenez à l'élection présidentielle, et la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon. Est-ce que ce n'est pas quelque part assez symbolique ? Les pompiers qu'on a reçus sur notre antenne nous disent que l'A400M, c'est une opération de communication. Ils nous disent que finalement, ils ont plus d'utilité à aller avec des Canadair parce qu'en fait, les A400M, ça met trop de temps à faire des rotations. Est-ce que l'A400M, c'est vraiment la panacée contre les incendies ?
Mais vous avez raison, nous avons besoin de Canadair. Mais là où le gouvernement est un gouvernement de menteurs, c'est que si nous voulons avoir une efficacité des A400M, puisqu'il y a des durées de rotation, ça veut dire qu'il en faut plusieurs. Or, aujourd'hui, il y en a un en service. Nous avons fait adopter à l'Assemblée nationale, le 5 novembre dernier, l'achat de kits pour des A400M. Cet amendement a été balayé par le gouvernement en 49-3. Ils nous ont dit qu'ils n'avaient pas le temps de les mettre en place. C'est un mensonge. Le Canard enchaîné révèle ce matin qu'ils pouvaient être mis en place avant, mais que c'est la ministre des Armées qui a freiné. Là encore, Jean-Luc Mélenchon avait raison. Vous parliez des Canadair. Emmanuel Macron s'était engagé en octobre 2022, juste après sa réélection, à rénover l'ensemble des Canadair, à avoir une flotte neuve et à augmenter leur nombre de deux. Là encore, Emmanuel Macron a menti puisqu'en 2024, ils n'ont pas confirmé l'option sur deux Canadair et qu'aujourd'hui, nous avons sept Canadair opérationnels et cinq qui sont cloués au sol pour être réparés. Là encore, Jean-Luc Mélenchon avait raison. Et puis, ce n'est pas tout, mais je termine là-dessus : encore une fois, ils ont menti. Emmanuel Macron avait promis 1 000 camions-citernes supplémentaires de pompiers de forêt. Sur ces 1 000, il n'y en a que 500 ou 600 qui aujourd'hui sont disponibles alors qu'il en faudrait sans doute plus de 6 000 supplémentaires.
Vous dites que le gouvernement ment, Emmanuel Macron est un cynique. Est-ce que ce n'est pas un peu tôt pour la polémique ? Est-ce que ce n'est pas indécent quand il y a des gens qui aujourd'hui sont loin de chez eux, ne peuvent pas retourner dans des maisons qui sont parfois totalement détruites ? Est-ce qu'il n'y a pas un délai de décence à attendre avant d'avoir des questions légitimes à se poser ?
Écoutez, le plus important est la solidarité dont nous devons faire preuve auprès des Françaises et des Français et des pompiers qui sont touchés. Maintenant, nous devons poser la question de qui porte la responsabilité de ce qui est en train de se passer et de comment on la règle.
Est-ce que c'est déjà l'heure de se demander qui est responsable ?
L'urgence aujourd'hui, c'est de régler le problème. Si nous voulons régler le problème, alors il faut que le gouvernement convoque une session extraordinaire à l'Assemblée nationale.
C'est ce que demandait Éric Coquerel, votre collègue président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale…
Que nous puissions examiner un projet de loi de Finances rectificatif pour enfin mettre les moyens sur la table. Parce que si nous ne le faisons pas maintenant, alors les mégafeux que nous connaissons cette année vont se reproduire l'année prochaine et nous serons tout aussi démunis.
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