Un édito de Vincent Braun. ...
Israël mène depuis près de trois ans une guerre tous azimuts censée éliminer toute menace à ses frontières et sur son territoire. Le traumatisme né des attaques sauvages du 7 octobre 2023 dans le sud du pays mettra encore du temps à être surmonté. Celui-ci hante toujours la conduite des opérations militaires, dans la bande de Gaza, dans le sud du Liban, même en Syrie et au Yémen, et peut-être plus tard à nouveau en Iran. Les comportements et les propos dénigrants, vindicatifs et incendiaires des principaux responsables israéliens découlent toujours de cet événement aux répercussions régionales et mondiales imprévisibles. Les derniers propos du ministre Itamar Ben-Gvir, appelant à tuer chaque nuit des dizaines de Palestiniens à Gaza, illustrent clairement l'extrémisme triomphant de ce suprémaciste juif. Ils soulignent aussi la haine ressentie à l'égard des Palestiniens et, accessoirement, l'indignité dans laquelle certains dirigeants israéliens sont tombés.
Le ministre de la Sécurité nationale est coutumier des provocations. Son attitude scandaleuse mérite d'être dénoncée à chaque fois. Mais qu'un ministre du gouvernement d'Israël appelle à assassiner des Palestiniens, y compris ceux qui "ne constituent pas une menace immédiate", des gens qui "ne sont pas des êtres humains" et qui "n'ont pas besoin de vivre", constitue un réel problème pour l'État d'Israël. Ce type de déclaration – et il y en eut d'autres – donne des arguments à ceux qui tentent de prouver qu'Israël mène une campagne militaire à caractère génocidaire à l'égard des Palestiniens de la bande de Gaza et que celle-ci est bien portée par une intentionnalité au niveau étatique.
Des images difficilement soutenables à Gaza: "Cette génération développe de l'agressivité envers Israël"Israël est censé prendre toutes les mesures en son pouvoir pour prévenir la commission d'actes constitutifs de génocide, et l'incitation directe et publique à commettre un tel crime, comme le lui a enjoint la Cour internationale de justice (CIJ) dès son ordonnance du 26 janvier 2024. Quand un ministre s'exprime de cette manière, il fait un pied de nez éhonté au droit international mais il porte aussi préjudice à l'État qu'il est supposé servir, en l'exposant au risque des poursuites. Surtout, il sape les fondements mêmes d'Israël et la croyance très ancrée de son peuple qu'un tel crime vécu dans la chair d'aïeux pas si lointains ne puisse jamais plus l'affecter, fût-ce vis-à-vis d'un autre peuple.
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