Вход на сайт

Просмотр новости

Найдите то, что Вас интересует

Marie-Madeleine, sainte ou prostituée ? Comment cette figure féminine a inspiré l’art occidental

Дата публикации: 17-09-2026 11:00:01

Ces cheveux si longs qu’ils la couvrent tout entière sont-ils pour Madeleine une protection, ou le signe de sa condamnation ? Dans un documentaire captivant, Isabelle Brocard se penche sur les représentations de la sainte pour lever le mystère. “Marie-Madeleine, une sainte à poil(s)” est à voir sur Arte.tv.

Основное содержимое страницы с новостью.

Ces cheveux si longs qu’ils la couvrent tout entière sont-ils pour Madeleine une protection, ou le signe de sa condamnation ? Dans un documentaire captivant, Isabelle Brocard se penche sur les représentations de la sainte pour lever le mystère. “Marie-Madeleine, une sainte à poil(s)” est à voir sur Arte.tv.

De gauche à droite : « Élévation de Marie-Madeleine par les anges » (anonyme), « Sainte Marie-Madeleine », de Carlo Crivelli, « La Madeleine », d’Adolphe Lalyre.

De gauche à droite : « Élévation de Marie-Madeleine par les anges » (anonyme), « Sainte Marie-Madeleine », de Carlo Crivelli, « La Madeleine », d’Adolphe Lalyre. Musée Suermondt Ludwig | Alamy Stock Photo | Alamy Stock Photo | Los Ilusos Films

Par François Ekchajzer

Publié le 17 septembre 2026 à 13h00

Mis à jour le 22 septembre 2026 à 16h43

Si, dans les Saintes Écritures, les Marie ne manquent pas, il en est deux qui se démarquent et s’opposent dans les représentations qu’en offre l’art occidental. « Il y a celle qui couvre ses cheveux et celle qui les montre un peu trop pour être honnête, relève la cinéaste Isabelle Brocard. Il y a la Sainte Vierge et Marie-Madeleine — la maman et la putain. » À la première, elle a consacré en 2025 Tout sur Marie, documentaire disponible sur Arte.tv. Elle en propose aujourd’hui un second, qui rend compte des multiples interprétations de cette autre Marie.

« Marie-Madeleine incarne l’autre versant du féminin, explique Isabelle Brocard, selon une partition établie par l’Église, qui voit dans l’une la douceur bienveillante de la mère, dans l’autre le charme vénéneux de la prostituée. » Or, cette Marie, présentée dans les Évangiles comme une disciple de Jésus, témoin de sa crucifixion, de son absence du tombeau puis de sa résurrection, n’y est pas qualifiée par sa sexualité. Elle se distingue de la « femme pécheresse », avec laquelle l’ont confondue aux IIIᵉ et VIᵉ siècles le théologien Tertullien et le pape Grégoire le Grand. Voyageant dans l’histoire de l’art comme dans celle du catholicisme, Marie-Madeleine, une sainte à poil(s) évoque les métamorphoses d’un mythe d’une étonnante plasticité.

Protégée du froid et des hommes

Musée Suermondt Ludwig

Du système pileux de la sainte, il est abondamment question dans le film. On y apprend que des poils lui seraient poussé de la tête aux pieds, durant ses trentes années passées dans une grotte d’où des anges venaient sept fois par jour l’emporter dans les airs. Née d’une confusion avec Marie l’Égyptienne, pécheresse et ermite, cette version du mythe a nourri quantité de représentations qui l’habillent de sa seule chevelure. C’est le cas de la Madeleine pénitente, du Florentin Donatello, statue du XVᵉ siècle qui la montre « désérotisée, édentée, musclée et presque effrayante », selon les termes d’Isabelle Brocard. Tout aussi étonnante, cette Élévation du même XVᵉ siècle tend à l’animaliser en la montrant velue comme un singe (Élévation de Marie-Madeleine par les anges, anonyme, 1480-1490, conservée au Suermondt Ludwig Museum, Aix-la-Chapelle). « L’historien de l’art Daniel Arasse a consacré un livre à la “toison de Madeleine”, indique Isabelle Brocard. Les poils qui la couvrent jusqu’à dissimuler son sexe la protègent du froid et du désir des hommes. Mais ses genoux sont glabres, preuve qu’elle prie assidûment. »

Insaisissable tentatrice « Sainte Marie-Madeleine » par Carlo Crivelli, vers 1476-1480 (Rijksmuseum, Amsterdam).

« Sainte Marie-Madeleine » par Carlo Crivelli, vers 1476-1480 (Rijksmuseum, Amsterdam). Alamy Stock Photo

Sainte ou tentatrice ? Élégamment vêtue de couleurs assorties à ses cheveux roux, la Marie-Madeleine du Vénitien Carlo Crivelli (vers 1476-1480) est un trésor d’ambiguïté. « On ne sait que penser de son regard en coin, qui pourrait bien avoir quelque chose de sournois », poursuit Isabelle Brocard. L’auréole et le vase d’onguent posé sur sa main droite, motifs qui la caractérisent, illustrent pourtant les vertus de la sainte. Pas un poil sur sa peau ; mais, de sa tête tombe en cascade une chevelure aux entrelacs sophistiqués. Et l’on songe au chignon de Kim Novak dans Sueurs froides, d’Alfred Hitchcock, spirale vertigineuse dans laquelle se perd le regard fasciné de James Stewart. Une fiction dans laquelle le personnage féminin, objet de désir ambigu et insaisissable, se prénomme justement Madeleine. « Chez Hitchcock, il n’y a pas de hasard », glisse la cinéaste.

Forcément coupable au XIXᵉ siècle « La Madeleine », d’Adolphe Lalyre, vers 1900, (musée Thomas-Henry, Cherbourg-en-Cotentin).

« La Madeleine », d’Adolphe Lalyre, vers 1900, (musée Thomas-Henry, Cherbourg-en-Cotentin). Alamy Stock Photo

« Au cours du XIXᵉ siècle, la condition féminine régresse, explique-t-elle. Comme le dit l’historienne de l’art Mathilde Leïchlé, courtisanes et prostituées sont jugées responsables de la dépravation de la société et de la dévirilisation de la France, qui conduiront à la chute du second Empire. » Les représentations de Marie-Madeleine en femme fatale épousent ce mouvement réactionnaire. Sous le pinceau d’Adolphe Lalyre (1848-1933), surnommé en son temps « le peintre des sirènes », Marie-Madeleine est à poil et sans poils, mais surtout sans visage, dépersonnalisée, réduite à la pose lascive et à la peau laiteuse que lui donne l’artiste. Elle n’a rien d’une sainte, tout d’une courtisane, objet d’une idéalisation escamotant la vérité de ce qu’elle est. La chevelure de Marie-Madeleine y est un rideau largement ouvert sur sa nudité. L’invisibilisation de sa physionomie, qu’induit la pose retenue, réduit la sainte à un corps disponible, offert au regard des hommes par un retournement interprétatif d’une misogynie décomplexée.

Marie-Madeleine, une sainte à poil(s), sur Arte.tv.

À lire aussi :

Qui était vraiment Marie-Madeleine ? Sur France Culture, une enquête envoûtante

kiosk-magazine-telerama-8532-cover.jpg

Le magazine en format numérique

Lire le magazine

Les plus lus

Схожие новости

#Наименование новостиТональностьИнформативностьДата публикации
1Salpêtrière’s Hysteria Ward and The Mad Women’s Ball06.623-03-2026
2The Making of a Maintenance Artist012.408-05-2026
3Podcast : “La Joconde sort du silence” pour raconter sa captivante histoire5706-07-2026
4Entre sculpture et haute couture, l’art et la matière de la designeuse textile Marion Chopineau06.421-09-2026
5Prostitution dans le 06 : Un couple de proxénètes jugé ce soir 07.0412-08-2026
6**Дикорастущая** 🌱 Иногда красота случается там, где её совсем не ...06.6124-09-2026
7Блогер Соня Мармеладова отреагировала на свое задержание из-за порно012.5728-07-2026
8How To Spot An AI-Generated Video Before Sharing It012.7412-08-2026
9Уроженка Бийска Соня Мармеладова получила «условку» за продажу порно014.5331-07-2026

Классификация: . Схожих патентов: 0. Схожих новостей: 9. Тональность: 0. Информативность: 10.75. Источник: www.telerama.fr.