Les travaux du futur parc Universal ont commencé à Kempston Hardwick, au Royaume-Uni. Pour faire place au projet, une rue entière doit disparaître. ...
Les premières maisons tombent déjà. À Kempston Hardwick, à une centaine de kilomètres au nord de Londres, Universal prépare le terrain pour son futur parc d'attractions britannique.
Un projet à 5 milliards de livres (environ 5,8 milliards d'euros) qui doit ouvrir en 2031. L'objectif de la société américaine est d'accueillir environ 8,5 millions de visiteurs par an. Un hôtel de 500 chambres est notamment prévu et, d'ici 2055, le complexe pourrait rapporter 50 milliards de livres à l'économie britannique, selon les dires des principaux intéressés.
Mieux encore, "le projet créera 20 000 emplois pendant la construction et 8 000 emplois supplémentaires une fois opérationnel", peut-on lire sur le site d'Universal. Cerise sur le gâteau, l'entreprise promet aussi que 80 % des emplois seront occupés par des habitants du Bedfordshire et des autres comtés voisins.
"Il est comme le petit pleurnichard dans la cour de récréation" : qui est le milliardaire qui veut racheter UniversalMais avant d'en arriver là, il faut vider le terrain. Comment ? En faisant disparaître une petite rue résidentielle, dont les derniers habitants voient déjà les maisons voisines tomber.
Une rue entière condamnéeÀ Manor Road, la rue au cœur de l'affaire, les départs se sont succédé ces dernières semaines, relate la BBC. Certains habitants ont longtemps refusé de partir, avant que les travaux ne commencent. Les pelleteuses s'attaquent désormais aux maisons laissées vides, tandis que les camions circulent au milieu des gravats.
guillement"Essayer de supprimer toutes les nuisances serait pratiquement impossible."
Au milieu des travaux, Ritchie Wood, 55 ans, fait partie des derniers à être encore là. Il loue sa maison depuis onze ans et affirme avoir vu ses voisins faire leurs cartons les uns après les autres. "C'est très étrange et surréaliste. Quand je roule dans cette rue, j'ai presque l'impression que je ne devrais plus être ici", raconte-t-il au média anglais. Son propriétaire doit bientôt mettre fin à son bail et il craint de se retrouver sans logement dans les deux prochains mois.
La situation est particulière car les habitants n'ont pas fait l'objet d'expropriation, une procédure qui permet aux autorités de contraindre un propriétaire à vendre son bien pour permettre la réalisation d'un projet.
Universal Music et Udio lancent une plateforme musicale IA : un tournant historique pour la création et les droits d'auteurC'est aussi ce qui rend le dossier sensible localement. Mais d'après Graeme Coombes, élu conservateur de Bedford, le débat n'en a jamais été un. Il explique notamment que le parc est très largement bien accueilli sur place. "Il y a un sentiment extrêmement positif autour d'Universal", explique-t-il à la BBC. Mais il ajoute aussitôt que les personnes vivant aux portes du futur complexe "veulent simplement s'assurer de ne pas subir trop de nuisances". Et sur ce point, l'élu ne promet pas de miracle. "Essayer de supprimer toutes les nuisances serait pratiquement impossible." Universal assure de son côté vouloir rester "un bon voisin" pendant les travaux. Le chantier, lui, ne devrait plus être remis en cause. Universal a par ailleurs contourné les procédures d'urbanisme locales et a obtenu directement l'autorisation du gouvernement britannique pour son projet.
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