La candidature de Golfech à l’implantation de deux réacteurs EPR2 fédère le Tarn-et-Garonne, le Gers et le Lot-et-Garonne. Pour Frédéric Péchavy, président de la CCI 47, ce projet représente une occasion industrielle...
l'essentiel La candidature de Golfech à l’implantation de deux réacteurs EPR2 fédère le Tarn-et-Garonne, le Gers et le Lot-et-Garonne. Pour Frédéric Péchavy, président de la CCI 47, ce projet représente une occasion industrielle historique pour tout le bassin d’emploi.
Le dossier a été officiellement remis. Désormais, tout un territoire retient son souffle. Mercredi 16 septembre, à Paris, une importante délégation d’élus et de responsables institutionnels a présenté au PDG d’EDF, Bernard Fontana, la candidature de la centrale nucléaire de Golfech à l’accueil de deux réacteurs EPR2.
Un projet stratégique pour l’indépendance énergétique de la France, décisif pour l’avenir industriel de l’Occitanie et potentiellement colossal pour un bassin d’emploi reliant le Tarn-et-Garonne, le Gers et le Lot-et-Garonne. Pour Frédéric Péchavy, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Lot-et-Garonne, Golfech dispose d’arguments particulièrement solides.
Trois départements, une même ambition« Je trouve que c’est un excellent dossier de candidature », affirme-t-il. Le responsable consulaire salue d’abord le travail engagé sous l’impulsion de Jean-Michel Baylet, président de la communauté de communes des Deux-Rives. « Il faut reconnaître qu’il a pris le dossier très en amont. Cela fait quasiment deux ans et demi qu’il a commencé à mobiliser tous les acteurs du territoire. C’est un dossier qui a été parfaitement préparé. »
Depuis l’« Appel de Golfech », lancé en juillet 2024, la mobilisation n’a jamais faibli. Elle a même progressivement effacé les frontières administratives. Autour du Tarn-et-Garonne se sont rangés le Gers et le Lot-et-Garonne, formant ce désormais célèbre « pack Golfech ».
« Nous avons une unité territoriale sur trois départements, mais presque aussi une unité totale des institutions et des chambres consulaires. Elles soutiennent toutes ce dossier », souligne Frédéric Péchavy. À ses yeux, cette capacité à parler d’une seule voix constitue l’un des atouts maîtres de la candidature.
« Tout un territoire s’est uni pour pouvoir accueillir deux EPR2. Cela montre bien qu’il existe derrière ce projet un intérêt évident pour ces trois départements. » Une union politique et économique rare, renforcée par l’adhésion des populations et la complémentarité des territoires concernés.
Les Deux-Rives constituent le cœur industriel du projet, avec une centrale implantée depuis 1991 et des équipements déjà présents. La Lomagne gersoise dispose de réserves foncières. L’agglomération agenaise apporte, elle, ses infrastructures, ses services et sa capacité d’accueil.
Le Lot-et-Garonne n’observe donc pas cette candidature à distance. Plus d’un tiers des agents de la centrale résident déjà dans l’agglomération agenaise. « Pour l’Agenais, l’intérêt est encore plus évident », appuie le président de la CCI 47.
« Pour l’Agenais, c’est encore plus évident »L’arrivée de deux EPR2 ouvrirait des perspectives considérables pour les entreprises, l’emploi, la formation, le logement et l’attractivité. Selon le chiffre régulièrement avancé par celles et ceux qui ont travaillé sur le dossier de candidature, environ 12 000 emplois seraient créés pendant toute la durée du chantier. Entre 800 et 1 000 emplois seraient ensuite nécessaires à l’exploitation des deux nouveaux réacteurs.
Frédéric Péchavy met également en avant la situation stratégique de Golfech, à proximité immédiate de l’A62, sur l’axe Bordeaux-Toulouse. À terme, le bassin pourra aussi s’appuyer sur la future gare LGV. « En matière d’infrastructures, il y a tout ce qu’il faut pour accueillir convenablement la construction, puis les salariés de ces deux EPR2. »
Préparée de longue date, soutenue au-delà des clivages et portée par trois départements, la candidature touche désormais au cœur de la bataille. Pour Frédéric Péchavy, Golfech ne défend pas seulement un site nucléaire : il joue une part de l’avenir économique et industriel du territoire.