L'association Alliance Pyrénées Cheval Rando, créée en 2023, vise à dynamiser le tourisme équestre dans le massif pyrénéen. En connectant les départements de l'Atlantique à la Méditerranée, elle développe un...
l'essentiel L'association Alliance Pyrénées Cheval Rando, créée en 2023, vise à dynamiser le tourisme équestre dans le massif pyrénéen. En connectant les départements de l'Atlantique à la Méditerranée, elle développe un itinéraire vitrine et collabore avec l'Espagne et l'Andorre. L'objectif est d'attirer des touristes internationaux, notamment du Québec, en valorisant le patrimoine et la gastronomie. La Dépêche du Midi a rencontré Geoffroy Bouigue, co-président et trésorier de l'association, pour parler de son développement.
Pouvez-vous nous rappeler votre parcours dans le tourisme équestre ?
Personnellement, j’habite dans le Comminges et j'ai une petite activité qui est liée au tourisme équestre, je fais ça depuis une quinzaine d'années. De fil en aiguille, je me suis rendu compte qu'on avait besoin de développer une dynamique dans le milieu et je me suis investi au sein de la Fédération française d'équitation ; je préside ainsi le comité départemental de tourisme équestre de Haute-Garonne.
Comment est née l'association Alliance Pyrénées Cheval Rando ?
Je me suis rendu compte qu'on n'était pas assez bon, même au niveau de ces organes, qu'on avait des limites statutaires, administratives et qu'on n'arrivait pas à créer une dynamique de tourisme pour le cheval. Les Pyrénées, si on les prend dans leur ensemble, c'est quand même deux régions, six départements, une cinquantaine de communautés de communes qui ont chacune leur stratégie de tourisme. Mais à un moment, quand on parle de tourisme, il faut parler d'une destination, qu'on ne s'arrête pas à ce découpage administratif. Donc, j'ai contacté mes homologues des départements sur le massif pyrénéen et on a décidé de créer cette association en 2023 pour créer une dynamique. Nous avons trop parlé d'équestre et pas assez de tourisme.
Que représente le tourisme équestre dans les Pyrénées ?
Il n'y a pas eu de vraie étude là-dessus, mais on va essayer de faire dans les années qui arrivent. Pour autant, on a quand même un référencement de licenciés au sein de la fédération qui ont un fléchage de tourisme, ça ne représente qu'une seule partie puisqu'il y a toute une partie de cavaliers qui ne se licencient pas, mais on peut dire qu’on est environ sur 50 000 licenciés sur tout le massif et que ça augmente : quand les cavaliers partent en vacances, ils font du tourisme équestre là où ils partent.
Et comment s’inscrit l’Ariège dans cette tendance ?
Déjà, le siège est basé à Foix, et le département s'inscrit plutôt positivement dans le tourisme équestre. Pourquoi ? Parce qu'il n'a pas les atouts, si je peux le formuler ainsi, d’autres départements. Par exemple, la Haute-Garonne, il y a beaucoup de stations de ski, il y a le Canal du Midi, Toulouse, du vélo… L’Ariège n’a pas rien, mais elle a ainsi pu bien développer son tourisme équestre, en plus du pédestre et du cyclotourisme. Et c’est devenu une bonne vitrine pour l’activité, qui est très implantée sur le territoire, avec des infrastructures, des hébergeurs…
Le département est-il toujours à l’avant-garde ?
Plus tellement. On ne randonne pas aujourd'hui comme on randonnait avant. Avant, vous faisiez huit à dix heures à cheval. Aujourd'hui, c'est cinq à six heures et vous avez besoin d'un gîte plutôt confortable, d'un repas appréciable... Pour caricaturer, avant, c'était cheval, cheval, cheval, cheval, vous dormiez à la belle étoile et vous mangiez une conserve. Aujourd'hui, c’est devenu une expérience de vie.
Concrètement, comment l'association veut-elle développer cette nouvelle mouture de tourisme ?
Nous voulons d’abord créer une colonne vertébrale commune entre tous les départements. C'est-à-dire de l'Atlantique à la Méditerranée, la Transpyrénéenne à cheval par le Piémont, un itinéraire vitrine. Ça va nous permettre d’aller nous vendre, créer de la dynamique au niveau national, européen et international. Et à partir de ce grand itinéraire qu’on veut labelliser, chaque département va pouvoir segmenter, créer une boucle ou des itinéraires bis. Il y a aussi une réflexion sur un projet transfrontalier, parce que le massif pyrénéen, c’est aussi l’Espagne et l’Andorre, on commence à travailler avec eux.
Le deuxième axe, c'est de dire qu'il y a des professionnels qui travaillent sur ces territoires, qui ont des produits à proposer sur la chaîne pyrénéenne. Et donc, si vous venez, on va vous faciliter votre venue, parce qu'on va vous mettre en contact avec ces professionnels. Et à l'inverse, ces professionnels, ils peuvent se reposer sur une association qui va pouvoir les référencer, qui va être sur des salons pour faciliter le contact et présenter ce qu'ils font.
Jusqu’où on peut aller pour vendre les Pyrénées ?
Avec l’ouverture d’une ligne entre Toulouse et Montréal, on s’est dit qu’il fallait qu’on aille au Québec, parce que le marché nord-américain aime beaucoup l’Europe et le sud de la France. Au mois de juillet, on a eu notre premier client du Québec, qui est venu au centre équestre de Léran. Il nous a rencontrés au salon du cheval de Montréal en mai dernier et le projet l’a séduit. Il a pu faire sa randonnée de plusieurs jours avec d’autres cavaliers, avec le parcours pendant la journée et le retour au village le soir avec une auberge ou un gîte où on peut profiter des produits emblématiques de la région. On a le sport, mais derrière on va chercher le patrimoine, l’histoire, la gastronomie…
Comment travaillez-vous à vendre la destination Pyrénées aux potentiels clients ?
On travaille fort avec le Québec et leurs tour-opérateurs, mais on va essayer d'aller au Salon d'Angers pour aller chercher le public français du nord du pays. On est en train aussi de discuter pour faire une levée de fonds pour créer un concept de réalité virtuelle. On voudrait faire des vidéos de quelques minutes en immersion de chaque département pour que le public ait l'impression de faire du cheval, de traverser les Pyrénées et potentiellement leur donner envie de venir. Ce n'est pas tout, on a plein d'idées à développer pour le futur, mais d'abord, on a nos Assises du tourisme équestre à Camon en octobre. Là, on peut voir ce qu'on a fait et dire vers où on va.