Jordan Bardella est visé par de nouvelles révélations de Mediapart, qui revient aussi sur l’exclusion d’un militant du FN converti à l’islam.
L’enquête publiée par Mediapart sur les débuts politiques de Jordan Bardella ne se limite pas aux messages antisémites que le média lui attribue. Dans une édition spéciale diffusée après ces révélations, les journalistes sont revenus sur un autre épisode de son parcours au Front national : le traitement réservé en 2014 à Maxence Buttey, jeune élu de Noisy-le-Grand converti à l’islam.
Jordan Bardella a-t-il exclu un militant RN à cause de sa conversion à l'Islam ?Une séquence que la présentatrice Samia Dechir replace aujourd’hui dans un ensemble plus large. À l’époque, Jordan Bardella vient de prendre la tête de la fédération FN de Seine-Saint-Denis, département où le parti obtient alors des résultats électoraux difficiles. Maxence Buttey, conseiller municipal de 22 ans, annonce sa conversion à l’islam et adresse une vidéo à plusieurs cadres départementaux.
Officiellement, le FN lui reproche un comportement de prosélytisme. Bardella déclare alors que la religion relève d’un choix privé qui ne doit pas entrer dans les activités politiques et décide de le suspendre du bureau départemental. Cette suspension est levée quelques jours plus tard, avant que Buttey ne soit à nouveau écarté de cette instance en décembre.
Mediapart relie cet épisode à ses nouvelles révélationsMediapart affirme désormais, en s’appuyant sur des échanges internes, que certains militants jugeaient sa conversion incompatible avec son maintien dans le mouvement et que Bardella avait choisi de suivre leur position. Pour Samia Dechir, ces éléments changent la lecture d’affaires longtemps présentées comme isolées : "On ne peut plus parler de brebis galeuse".
Cette séquence ressurgit alors que Mediapart a publié, le 28 septembre 2026, des conversations privées datant de 2013 qu’il attribue à Jordan Bardella et qu’il qualifie d’antisémites et complotistes. Le président du Rassemblement national conteste formellement leur authenticité, parle de "faux grossiers" et a annoncé une riposte judiciaire. Le média affirme de son côté avoir authentifié les échanges et maintient ses informations.
Deux récits qui s’opposent sur les motivationsDans son émission spéciale, le journaliste Antton Rouget rappelle le contexte de la fédération de Seine-Saint-Denis et décrit les pressions de militants opposés au maintien de Maxence Buttey après sa conversion. Les faits publics de 2014 montrent toutefois que la justification officielle avancée à l’époque portait sur le prosélytisme, et non sur la religion elle-même. Le dossier illustre donc une différence importante entre les explications publiques données en 2014 et l’interprétation proposée aujourd’hui par Mediapart à partir de documents internes qui auraient été donnés par une taupe.
À l’époque, Maxence Buttey avait lui-même estimé que certains responsables lui faisaient payer ses convictions religieuses, ce que Jordan Bardella avait démenti. Le Front national avait d’abord suspendu le jeune élu, puis levé cette sanction avant son exclusion ultérieure du bureau départemental. Douze ans plus tard, Mediapart replace cet épisode dans son enquête sur les positions prêtées au président du RN au début de sa carrière. La rédaction évoque également des messages antisémites présumés, dont Bardella nie être l’auteur. Samia Dechir estime que l’accumulation de ces éléments empêche de réduire les controverses à quelques militants isolés. Cette appréciation appartient à la journaliste et au média qui mène l’enquête ; elle est contestée par Bardella et son parti.
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