Environ 600 lycéens du Lot ont manifesté ce jeudi 1er octobre à Cahors, Gourdon et Figeac pour dénoncer leurs conditions de travail. Des débordements ont eu lieu, entraînant cinq interpellations. La préfète a pris un...
l'essentiel Environ 600 lycéens du Lot ont manifesté ce jeudi 1er octobre à Cahors, Gourdon et Figeac pour dénoncer leurs conditions de travail. Des débordements ont eu lieu, entraînant cinq interpellations. La préfète a pris un arrêté pour maintenir l'ordre, tandis que les autorités et associations appellent au calme.
La colère gronde dans les lycées du Lot, ce jeudi 1er octobre. À Cahors, Gourdon et Figeac, environ 600 élèves se sont mobilisés pour dénoncer les "conditions dans lesquelles ils doivent travailler." Face à la mobilisation, les services de l'État, les parlementaires et les associations réagissent.
Ce matin, aux alentours de 11 heures, élèves et forces de l'ordre se font face, à proximité du lycée Clément-Marot.
DDM J. R.
À Cahors, les lycéens de Clément Marot ont d'abord bloqué les portes de leur lycée, puis, peu avant 10 heures, ils sont descendus sur le boulevard Gambetta. "Des débordements ont été constatés sur la voie publique (feux de poubelles, jets de projectiles, jets d’acide, et de mortiers d’artifice) qui ont nécessité l’intervention des sapeurs-pompiers et des forces de l’ordre", indique la préfecture du Lot, dans son communiqué de presse dressant un premier bilan de la situation, à 14 heures. Les services de l'État annoncent également que cinq interpellations ont eu lieu (3 à Figeac et 2 à Cahors). "Les forces de l’ordre ont fait l’objet de nombreux jets de projectiles et plusieurs d’entre eux ont été légèrement blessés", ajoute la préfecture du Lot.
Les lycéens ont fait brûler cartons et poubelles lors de leur mobilisation.
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Face à cette situation et pour "préserver l'ordre public", elle informe qu'un arrêté préfectoral a été publié, portant diverses interdictions : l’interdiction des feux d’artifice, des explosifs, de l’usage d’essences et du port d’équipements de protection individuelle. Maryline Poulain, préfète du Lot, exprime "condamner fermement les dégradations et les attaques commises contre les forces de l’ordre. Elle appelle chacun à une plus grande vigilance face aux comportements dangereux qui mettent en danger l'ensemble des personnes présentes dont une grande majorité de mineurs."
Vivien Coste, maire de Cahors a, quant à lui, informé que le Grand Cahors a pris la décision d'interrompre "la circulation des bus urbains et d’adapter, pour le retour du soir, la prise en charge des élèves en matière de transport scolaire." L'édile condamne les violence et appelle à l'apaisement.
"Il y a une trentaine d'élèves par classe dans les lycées"De son côté, la directrice académique des services de l'Éducation nationale dans le Lot, Sophie Sarraute, rappelle que les rassemblements ne se sont pas traduits par des blocages dans les établissements scolaires. "Il y a tout de même eu des tensions ce matin devant le lycée Clément-Marot, puisqu’il y a eu énormément de jets de chaises et des tentatives de mettre le feu à des poubelles. Mais globalement, grâce à l’intervention des personnels de l’établissement et des forces de l’ordre, il n’y a pas eu de dégradation devant ni dans les établissements scolaires", souligne-t-elle.
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Face aux revendications portées par les lycéens, Sophie Sarraute prévient d'emblée que les conditions pour étudier, dans les établissements scolaires du Lot, sont des "conditions privilégiées". "Il y a 24 élèves en moyenne par classe dans les collèges et une trentaine dans les lycées. Quand on est à 30 élèves par classe, on a cinq élèves de moins que la capacité", signale-t-elle. Quant aux travaux des bâtiments, très largement pointés par les élèves, la directrice académique des services de l'Éducation nationale rappelle que cela ne relève pas de sa compétence. Et d'ajouter : "Quand on considère que les locaux vont nécessiter des travaux, si on les dégrade, forcément, une partie de l’argent passera sur la réparation des dégradations et non sur de l’investissement à long terme. J’ai du mal à comprendre les modalités choisies aujourd’hui, notamment l’affrontement."
Sophie Sarraute assure que certains établissements ont d'ores et déjà convoqué les Conseils de la vie lycéenne, pour aborder d'autres problématiques mises en évidence par les élèves : emploi du temps, pause méridienne, internat, etc.
"Les actes de violence graves qui ont eu lieu aujourd’hui en marge des manifestions de lycéens dans le centre-ville de Cahors sont d’une extrême gravité. Jusqu’ici, notre département n’avait jamais été confronté à de tels débordements." Par ces mots, Aurélien Pradié, député de la 1ère circonscription du Lot, condamne les affrontements qui se sont déroulés ce jeudi 1er octobre. violence. "Aucune revendication lycéenne, aussi légitime soit-elle sur le fond, ne peut autoriser à un tel déferlement de violences et de dégradations, ajoute le parlementaire. Par des jets de pierre et de bouteilles d’acide, plusieurs personnels des forces de l’ordre ont été blessés. Des interpellations de casseurs ont eu lieu et d’autres suivront selon les enquêtes." Aurélien Pradié appelle à une réponse judiciaire et adresse son soutien aux personnels blessés.
De son côté, la Ligue des Droits de l'Homme de Cahors a également souhaité réagir à la mobilisation lycéenne. L'association appelle à "l'apaisement, à la protection des jeunes et au respect de leurs droits." "La LDH Cahors appelle à l’arrêt des violences et à la fin de la répression policière. Nous déplorons profondément les blessures dont certaines personnes ont été victimes ce matin", poursuit-elle. L'association souhaite également interpellé les enseignants, les représentants des parents d'élèves et les personnels éducatifs à "être aux côtés des lycéennes et des lycéens mobilisés." La Ligue conclut : "L’État et le Gouvernement doivent prendre la mesure de cette colère et surtout chercher à en comprendre les raisons."