Alors que la responsable d’extrême droite veut supprimer 800 000 postes de fonctionnaires, l’ex-ministre lui a rappelé qu’elle en faisait toujours partie. Ce qu’elle conteste.
Alors que la responsable d’extrême droite veut supprimer 800 000 postes de fonctionnaires, l’ex-ministre lui a rappelé qu’elle en faisait toujours partie. Ce qu’elle conteste.

CARINE SCHMITT / Hans Lucas via AFP
Cette punchline de Bruno Le Maire face à Sarah Knafo saluée au-delà de son camp (photo d’illustration, prise en août 2026)
La députée LFI Ersilia Soudais ne peut pas franchement être taxée de proximité avec Bruno Le Maire. Mais même elle a partagé avec gourmandise la saillie de l’ancien ministre de l’Économie face à Sarah Knafo, renvoyée à son choix de ne pas démissionner de la haute fonction publique en dépit de son mandat parlementaire. Ce, alors même qu’elle réclame des suppressions de postes massives chez les fonctionnaires.
Jeudi 1er octobre, la numéro 2 du parti d’extrême droite Reconquête était invitée à débattre face à Bruno Le Maire de son livre Le Casse du Siècle (Fayard) dans l’émission Esprits Libres du Figaro. Après avoir pointé la responsabilité de l’ex-ministre dans la mauvaise gestion de l’État, Sarah Knafo en a profité pour rappeler sa proposition de supprimer 800 000 postes de fonctionnaires.
« Le premier poste de fonctionnaire qu’on pourrait supprimer, c’est le vôtre. Car je trouve que votre réquisitoire est un peu malhonnête », a répliqué Bruno Le Maire.
Car avant d’être une élue européenne, Sarah Knafo occupait depuis 2020 la fonction d’auditrice à la Cour des comptes. Ce qui fait d’elle un membre de cette fonction publique qu’elle entend réduire. Et si elle a tenté d’intervenir en faisant valoir qu’elle était désormais « une élue de la République », Bruno Le Maire est resté de marbre face à cette défense.
« Vous vous êtes mise en disponibilité (de ses fonctions à la Cour des comptes, ndlr) », a-t-il souligné, ce qui signifie que « vous êtes restée dans la haute fonction publique » avec la possibilité « si jamais ça tourne mal, de reprendre un poste. » Avant de conclure par un : « Je vous propose de supprimer un poste supplémentaire, c’est le vôtre à la Cour des comptes » et de lui enjoindre de démissionner pour ne plus être « juge et partie ».
« Se faire éteindre par Bruno Le Maire, c’est douloureux »Cette sortie a fait le bonheur de l’insoumise Ersilia Soudais. « Se faire éteindre par Bruno Le Maire, c’est douloureux », a-t-elle ironisé, car « il a quand même un palmarès incontesté en matière de création de déficit ». De façon moins surprenante, l’ancien ministre macroniste a aussi été applaudi par les députés Renaissance Paul Midy et Olivia Grégoire.
Mise en difficulté, Sarah Knafo a contre-attaqué, bien après avoir quitté le plateau. Ce vendredi matin, elle a en effet dénoncé des « fake news ». Elle a ainsi assuré avoir « quitté la Cour des comptes il y a 5 ans », un départ « officiellement comptabilisé comme “une sortie de la fonction publique” ». Ce qui ne l’a pas empêché de défendre le « droit au retour », qui permet à un élu de « retrouver son emploi » après la fin de son mandat… à moins qu’il ait clairement démissionné.
Et bien que Sarah Knafo assure ne plus être membre de la Cour des comptes depuis septembre 2021, elle reste quand même dans le giron de l’institution. En décembre 2025, elle a ainsi été rappelée à l’ordre par le comité déontologique après un commentaire jugé inapproprié sur les rumeurs de remplacement de Pierre Moscovici. De quoi jeter le trouble sur l’effectivité de sa démission.