Au lendemain des violences qui ont entraîné la fermeture d'une quinzaine d'établissements à Toulouse, la tension reste vive ce vendredi matin. Bien que moins nombreux qu'hier, les manifestants sèment le trouble dans...
l'essentiel Au lendemain des violences qui ont entraîné la fermeture d'une quinzaine d'établissements à Toulouse, la tension reste vive ce vendredi matin. Bien que moins nombreux qu'hier, les manifestants sèment le trouble dans certains secteurs. Les forces de l'ordre restent déployées en nombre pour surveiller la situation. On fait le point au fil de la matinée.
La colère monte encore chez les lycéens de France. À Toulouse, après les violences d'hier, une quinzaine d'établissements restent fermés aujourd'hui.
Une habitation évacuée à Saint-JosephMais ce matin, les premières tensions émergent. Au lycée privé Saint-Joseph ce matin, un incendie menaçait de se propager. Alors que les élèves sont en cours, vers 8 h 30, "une trentaine de jeunes cagoulés ont allumé un incendie avec une poubelle et une moto verte" d'après un témoin sur place. Il raconte : "Les agents techniques ont vidé au moins douze extincteurs avant l'arrivée des pompiers". Menaçant de se propager à une haie, la maison voisine a dû être évacuée par mesure de sécurité. L'incendie a depuis été maîtrisé et la Brigade anti-criminalité (BAC) s'est rendue sur place. "Tout est redevenu calme", témoigne ce riverain.
Aux abords de ce même lycée, un individu a été interpellé pour jets de projectiles, en réalité de gros cailloux.
A Saint-Joseph, un gros incendie s'est déclaré alors que les lycéens allaient en cours
DDM - L.D.
Vers Déodat-de-Séverac, la situation se tend à nouveau. Feux de poubelles, barricades sur la voie ferrée. La présence policière est forte dans le quartier, et les jeunes largement moins nombreux qu'hier. Un groupe a installé des barricades sur la voie ferrée et allumé un feu. Les CRS sont sur place. La ligne de tramway T1 est interrompue dans le quartier entre Palais de Justice et Purpan. La station Arènes du métro ligne A est fermée. Les lignes de bus ne passent pas non plus à la gare.
Les jeunes sont encore présents en nombre à Déodat-de-Séverac.
DDM - Sébastien Bellaval
Après quelques tensions, la majorité des élèves semble se diriger vers le lycée. Les policiers surveillent cependant la présence de "petits groupes très mobiles", chiffrés à une cinquantaine environ, dont certains jettent des projectiles.
Un hélicoptère survole le secteur depuis de longues minutes.
DDM - Sébastien Bellaval
À 9 h 45, beaucoup d'élèves stagnent encore devant le lycée Déodat-de-Séverac. Près d'une heure plus tard, un hélicoptère survole l'établissement et ses abords, assez bas.
Les pompiers sont déjà mobilisés.
DDM
À proximité, quartier Croix-de-Pierre, une colonne de CRS surveille un groupe de jeunes sur les rails du tramway. Des gaz lacrymogènes sont régulièrement lancés. La police multiplie les contrôles et les CRS demandent aux lycéens d'évacuer. Du matériel a été saisi : feux d'artifice, fumigènes, etc.
Les forces de l'ordre sont présentes en nombre autour de Déodat-de-Séverac.
DDM - Sébastien Bellaval
Au McDonald's des Arènes, une centaine de personnes ont envahi les abords du restaurant vers 11 h 30. À midi, le fast-food est encerclé par la police, qui aurait effectué au moins six interpellations. Le McDo est vide, le groupe serait parti avant l'arrivée des forces de l'ordre.
Le McDo des Arènes est cerné par les forces de l'ordre.
DDM
Dans le quartier, presque tous les commerçants ont tiré le rideau. Après de longues minutes d'affrontements entre groupes de jeunes et forces de l'ordre, la tension autour du lycée des Arènes est retombée vers 13 h, même si des groupes circulent encore. L'hélicoptère des gendarmes a été aperçu pour la dernière fois à 13 h 45. La situation s'est depuis calmée. Mais au plus fort des tensions à Déodat, cent à deux cents individus auteurs de violences étaient sur place, de source policière.
Au lycée Rive-Gauche au Mirail, des fumées sont visibles, en raison de l'incendie d'un container, avec quelques attroupements devant l'établissement. Une poubelle a été placée en travers de la route, et un groupe de jeunes se dirige vers la station-service Total à proximité.
À 9 h 30, la BAC et les CRS étaient sur place. Plusieurs feux de poubelles au niveau de l'arrêt de bus à proximité du lycée étaient visibles. Deux lycéens ont été interpellés. Ceux qui entrent au lycée sont fouillés, car certains disposaient de mortiers d'artifice et autres.
Devant le lycée Rive Gauche ce matin, de la fumée était visible.
DDM - B.V.
Ailleurs, à ce stade, la situation est calme. Les lycées d'Ozennes, Saint-Sernin et Roland Garros sont calmes. Hier, la préfecture a décidé de fermer les portes de plusieurs établissements, dont Saint-Sernin et Roland Garros.
En périphérie toulousaine, les forces de l'ordre surveillent certains établissements comme à Pibrac ou à Colomiers. Au lycée Victor-Hugo notamment, des groupes de jeunes a priori extérieurs au lycée, ont été repérés. L'un d'eux a été interpellé tôt dans la matinée.
Vers 10 h 30 devant ce même lycée, la tension est encore montée d'un cran. Un groupe de jeunes s'est opposé aux forces de l'ordre. D'autres se sont joints aux échauffourées. Pour faire face à l'agression et aux projectiles, les policiers ont usé de lacrymogènes. Le secteur a finalement été quadrillé, et les fauteurs de trouble finalement repoussés.
D'autres étudiants manifestentAu lycée Simone-de-Beauvoir à Gragnage, plusieurs dizaines de lycéens sont regroupés devant l'établissement, de manière pacifique. Ils font part de leur volonté de voir relayer leur message alors que les violences émergent à nouveau et détournent le discours. Munis de pancartes, les jeunes revendiquent plus de moyens pour l'éducation.
Plus tard dans la matinée, des départs de feu ont été signalés à proximité de l'établissement du second degré. La gendarmerie de Haute-Garonne surveille l'évolution de la situation, tout comme à Cugnaux et Saint-Orens.