C’est l’événement de l’année à Raoul-Barrière. Ce vendredi 25 septembre (19h), à l’occasion de la 5e journée de Pro D2, l’ASBH reçoit le voisin audois, Narbonne. Un derby "particulier", comme le décrivent les...
C’est l’événement de l’année à Raoul-Barrière. Ce vendredi 25 septembre (19h), à l’occasion de la 5e journée de Pro D2, l’ASBH reçoit le voisin audois, Narbonne. Un derby "particulier", comme le décrivent les passionnés. Un match idéal pour véritablement lancer la saison de Béziers ?
On imagine déjà les discussions de ce souper si particulier. À midi, ce vendredi, Richard Astre et compagnie, les anciennes gloires biterroises et narbonnaises, se retrouvent dans le centre-ville de Béziers. Sans doute ressortiront-ils des anecdotes qu’ils se sont déjà racontées des centaines de fois, et elles seront à chaque fois un peu mieux racontées que la fois d’avant, la finale de 1974 (victoire de Béziers 16-14 grâce à un drop mythique à la toute fin d’Henri Cabrol) en tête de gondole. Seront cités aussi les Spanghero, Sangalli, Palmié, Saïsset et autre Cantoni, des noms qui transpirent le rugby. Sans doute trinqueront-ils à distance avec "Le Grand" Alain Estève, le "Sorcier" Raoul Barrière, ou encore celui que le Times qualifiait comme un des joueurs français les plus effrayants, Armand Vaquerin. Du ciel, ces trois-là apprécieront.
Mais tous ceux-là apprécieront aussi que les deux villes n’aient jamais cessé d’entretenir le lien entre deux clubs hors norme, unis par l’histoire, des joueurs et des gestes qui resteront gravés dans le marbre. Surtout, ils apprécieront encore plus que la génération actuelle perdure une des rivalités les plus emblématiques de ce sport. "Dès notre plus jeune âge, on est élevé par cette rivalité", admet l’ouvreur de l’ASBH Charly Malié (34 ans), garant de l’état d’esprit que doivent avoir ses coéquipiers au moment de recevoir le meilleur ennemi, vendredi soir, cinq ans après leur dernière confrontation en championnat.
"Même en cadets, quand on se retrouvait au stade Cassayet de Narbonne, le stade était plein. C’est dire. Et souvent, ça finissait en bagarres", reconnaît l’arrière du RCN Clément Clavières (25 ans). "Quand on s’affrontait, on était les pires ennemis", ajoute Malié.
"Il n’y a pas meilleure affiche pour un match référence"L’atmosphère du derby est restée électrique au fil des décennies. Certes, le professionnalisme est passé par là, mais la passion demeure. Elle habitera un stade Raoul-Barrière qui devrait accueillir plus de 10 000 personnes. Seules les réceptions de Narbonne provoquent ravivent un tel engouement, à l’image du désormais traditionnel "match de la feria" instauré chaque année au mois d’août.
Ce vendredi, on sera loin d’une exhibition. Béziers a clairement défini cette rencontre comme un match bascule. "Tout le monde sait qu’on est en reconstruction. On travaille comme des chiens. On a des étapes à valider et ce match en est une", assure le manager biterrois Gurthrö Steenkamp. "On n’est pas encore arrivé à faire un match plein. Il n’y a pas meilleure affiche pour avoir un match référence", glisse Malié, impatient d’en découdre.
Ne pas laisser trop de place à l’émotionSteenkamp a d’ailleurs mis ses joueurs en garde. "J’entends l’importance d’un derby. Moi-même, quand je jouais en Afrique du Sud avec les Bulls, je détestais les Stormers. Mais je ne veux pas qu’on soit pris par les émotions, la pression. Je veux qu’on joue ce match comme un match qu’on doit gagner, pas comme un derby", prévient l’ancien pilier springbok.
Ce discours tempéré, son homologue narbonnais Jacques Delmas (69 ans), pourtant sensible à ce que représente une telle rencontre, l’a également adopté. "Pour tout vous dire, on a fait une semaine tout à fait normale. J’ai évidemment prévenu les joueurs de ce qui les attendait. Mais je leur ai aussi dit qu’on n’était pas dans la même situation que les Biterrois, qui ont besoin de points", raconte l’ancien talonneur.
En effet, Narbonne débarque dans l’Hérault dans la meilleure des postures, celle de l’équipe qui a tout à gagner. Avec deux victoires en quatre journées, les Audois ont déjà rempli leur objectif de points. En cas de succès, ils pourraient réléguaient l’ASBH à neuf points. Les Biterrois, en quête de constance, sont à un premier tournant. "On veut lancer notre saison et créer le momentum pour la suite", conclut Steenkamp. Ça promet.