Depuis une dizaine de jours, une ZAD (Zone à défendre) a pris place dans la forêt à Feugarolles pour protester contre la construction de la LGV (Ligne à grande vitesse) Bordeaux-Toulouse. La préfecture du Lot-et...
Depuis une dizaine de jours, une ZAD (Zone à défendre) a pris place dans la forêt à Feugarolles pour protester contre la construction de la LGV (Ligne à grande vitesse) Bordeaux-Toulouse. La préfecture du Lot-et-Garonne a ordonné mardi 29 septembre son évacuation sous 24 heures. Passé ce délai, l’usage de la force pourra être employé.
Source de tensions, le sujet de la LGV entre Bordeaux et Toulouse continue de faire parler et de mobiliser une partie de la population. À Feugarolles, une ZAD (Zone à défendre) s'est installée il y a une dizaine de jours pour protester contre la future ligne. Ses occupants ont peut-être déjà perdu le bras de fer, puisque, mardi, la préfecture a ordonné son évacuation sous 24 heures. Elle évoque notamment un risque d’incendie important.
Parmi les zadistes, Camille est l’une des rares à vouloir s’exprimer. Pour elle, le projet de LGV n’est pas justifié. "Si on rénovait la ligne existante, on gagnerait 45 minutes. La LGV n'apporterait que 10 minutes de plus par rapport à cette modernisation. Ça n'en vaut pas la peine quand on sait qu'en France beaucoup de lignes sont fermées", pointe-t-elle. Les raisons de la contestation sont "écologiques, sociales et économiques", avance Violette, une autre militante. "Construire une LGV Bordeaux-Toulouse coûte trop cher. On a coutume de dire que pour 7 km de LGV on peut construire un hôpital."
Les zadistes aidés par certains locauxDes arguments que balaient d’un revers de main les partisans de la LGV. Pour Olivier Grima, président de l’agglomération d’Agen, elle est indispensable pour que le Lot-et-Garonne reste attractif et connecté aux grandes métropoles. "Tous les recours ont été perdus par les personnes qui s’y opposent, affirme-t-il. Aujourd’hui sur le territoire, on a une immense majorité de gens qui sont en faveur de la LGV. Les zadistes ont le droit d’être contre, mais ils ont le devoir de respecter une décision qui a été validée maintes fois."
Enfoncée dans la forêt, la ZAD a été conçue avec les moyens du bord. Des cabanes faites de palettes, des bâches qui servent de toit ou un fil qui permet au linge de sécher montrent que ses occupants ne comptaient pas lever le camp de sitôt.
La mobilisation des zadistes ne laisse pas insensibles certains locaux, qui ont apporté quotidiennement victuailles et matériaux en guise de soutien. "Ça donne de l'espoir, juge Camille. On est allé voir certains habitants de Feugarolles pour leur parler, démystifier aussi le terme ZAD car il peut faire peur. C'est mieux d'être là, plutôt que tout le monde râle dans son coin."
"Le projet est devenu irréversible"Pendant ce temps, le calendrier continue d’avancer. A partir de ce jeudi, des fouilles archéologiques, étape obligatoire avant des travaux de cette ampleur, vont débuter. "Le projet est devenu irréversible, l’Etat l’a rappelé de manière très forte, rappelle Olivier Grima. La question n’est plus de savoir si la LGV se fait, c’est de savoir comment elle sera construite."
Une mobilisation de la sorte est inédite pour Feugarolles. Le feuilleton n'est peut-être pas fini, les zadistes ont la possibilité de déposer un recours, à la suite de l'arrêté préfectoral.