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Soupçons d’agressions sexuelles : "Pourquoi on ne m’aide pas à protéger ma fille ?", la mère de Lyana, 4 ans, demande à la justice d’agir

Дата публикации: 06-07-2026 04:00:02

Malgré plusieurs signalements de professionnels de santé et une plainte pour agressions sexuelles, une Héraultaise dénonce l’absence de mesures de protection pour sa fille, Lyana âgée de 4 ans, et les lenteurs de la...

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Malgré plusieurs signalements de professionnels de santé et une plainte pour agressions sexuelles, une Héraultaise dénonce l’absence de mesures de protection pour sa fille, Lyana âgée de 4 ans, et les lenteurs de la justice. Se rendant elle-même hors la loi en ne respectant pas la garde alternée. Tel un cri d’alerte…

Quelle est votre situation maritale ?

Depuis mars 2024, je suis séparée du père de ma fille, Lyana âgée de 4 ans et demi. La séparation a été difficile, avec menace de ne pas me restituer ma fille. J’ai alors saisi la justice. Un premier jugement a instauré une résidence alternée à 50/50. J’ai fait appel. En mai 2025, la Cour d’appel a tranché : Lyana réside principalement chez moi. Son père bénéficie des week-ends et d’une semaine sur deux pendant les vacances scolaires.

À quel moment avez-vous compris que votre fille était en danger chez son père ?

Tout a commencé en rentrant des vacances de la Toussaint 2025. Lyana avait passé une semaine chez son père. À son retour, elle n’était plus la même. Elle était agitée, perturbée, elle pleurait. Elle me disait qu’elle n’aimait pas la famille de son père, qu’ils étaient méchants avec elle. Au fil des semaines, ce qu’elle me confiait est devenu de plus en plus précis. Jusqu’en février 2026, où elle m’a tout dit. Avec ses mots à elle, la spontanéité et la franchise d’une enfant de 4 ans, elle m’a révélé avoir subi des agressions sexuelles répétées. Elle a nommé les personnes : son oncle paternel (demi-frère de son père) et son meilleur ami.

Comment savoir qu’elle dit la vérité ?

Ce qui a frappé tous les professionnels qui l’ont reçue par la suite, c’est la constance absolue de ses propos. Elle dit exactement la même chose depuis le début, sans jamais se contredire. Elle emploie des termes et décrit des situations qu’une enfant de son âge ne peut tout simplement pas inventer. C’est ce qui a conduit quatre professionnels de santé indépendants (le médecin traitant, la psychologue, l’Unité d’accueil pédiatrique enfants en danger (Uaped) du CHU de Montpellier et les services sociaux) à prendre ses révélations au sérieux et à les transmettre aux autorités.

Quelle a été la réaction de son père en apprenant ce qu’elle dénonçait ?

Il est dans le déni total. Il maintient que c’est faux, que je manipule Lyana, qu’il s’agit d’aliénation parentale. Il ne croit pas sa propre fille lorsqu’elle lui en parle. Je pense qu’il choisit le déni pour se protéger lui-même et protéger sa famille. Mais le résultat, c’est que Lyana, qui a le courage de lui dire ce qu’elle a vécu, s’entend répondre qu’elle ment. C’est une violence supplémentaire qu’on lui inflige.

Où en est l’enquête ?

Honnêtement, je ne sais pas. Je n’ai aucune visibilité sur l’avancement du dossier, personne ne m’informe. C’est peut-être ce qui est le plus difficile à vivre. Du côté des signalements : l’Uaped a effectué un signalement directement au procureur de la République. La psychologue qui suit Lyana a fait un rapport oral aux services sociaux, dans le cadre d’une information préoccupante qui avait été ouverte. Et son médecin traitant a rédigé des certificats médicaux relatant les faits que Lyana lui a rapportés. De mon côté, j’ai déposé plainte auprès de la gendarmerie le 13 février 2026. Concernant les deux suspects, à ma connaissance, ils n’ont toujours pas été entendus.

"Aucune mesure de protection n’a été prise. Aucun juge ne l’a entendue"

En choisissant de ne plus remettre Lyana à son père, vous vous mettez hors-la-loi.

Oui, j’en ai pleinement conscience. Et je l’assume. Parce que je suis avant tout la mère de Lyana, et que je ne peux pas, en mon âme et conscience, remettre mon enfant dans un environnement où elle a subi des agressions sexuelles et où les auteurs présumés sont toujours libres. Aucune mesure de protection n’a été prise. Aucun juge ne l’a entendue. Face à ce vide, j’ai fait le seul choix que je pouvais faire : la garder en sécurité. Et pendant que je protège ma fille, son père a déposé dix plaintes à mon encontre. Dix. C’est moi qui suis sous pression judiciaire, c’est moi qui dois me défendre. Si la loi me sanctionne pour avoir protégé Lyana, alors c’est le système qu’il faut interroger.

Comment expliquez-vous qu’aucune mesure de protection n’ait été prise ?

Je pense que le temps de la justice est trop long face à l’urgence de certaines situations. On ne prend pas suffisamment la mesure de ce que vit un enfant dans l’attente. Chaque semaine compte. Et j’ai l’impression que sa voix, pourtant relayée par quatre professionnels, ne pèse pas assez lourd dans les rouages d’une institution qui prend du temps. Ce n’est pas une critique de personnes. C’est un constat sur un système qui n’est pas conçu pour l’urgence de l’enfance.

Pourquoi souhaitez-vous médiatiser votre situation ?

Pour plusieurs raisons qui me tiennent toutes à cœur. D’abord, pour protéger Lyana, parce que j’espère que la lumière médiatique accélérera les décisions judiciaires. Ensuite, pour dénoncer les défaillances d’un système qui laisse des enfants sans protection malgré des signalements documentés. Pour que la voix de mon enfant soit enfin entendue, puisque les institutions n’y ont pas suffi. Et pour tous les autres enfants qui vivent la même chose dans le silence, parce que Lyana n’est pas seule dans ce cas, et que ça, c’est insupportable.

Si vous pouviez adresser un message au juge des affaires familiales, quel serait-il ?

Prenez des mesures de protection maintenant. Pas dans six mois. Pas après une nouvelle audience. Maintenant. Chaque jour qui passe sans décision, c’est un jour de plus où nous vivons dans l’incertitude de ce qui pourrait lui arriver. Vous avez le pouvoir de la protéger. Utilisez-le.

Comment va Lyana ?

Elle va beaucoup mieux depuis qu’elle vit à 100 % avec moi. Les professionnels qui la suivent ont constaté et documenté une amélioration nette et visible. Durant un temps, elle recommençait à faire pipi au lit. Elle avait beaucoup de réveils nocturnes. En février 2026, elle avait même refusé d’être examinée par un médecin homme. Pour une enfant de 4 ans, ce n’est pas anodin. Aujourd’hui, elle dort mieux, elle est plus sereine, plus apaisée. Mais je ne veux pas pour autant idéaliser la situation.

Qu’est-ce qui vous fait le plus peur, aujourd’hui, pour elle ?

Que la justice la contraigne à repartir chez son père et qu’elle se retrouve à nouveau confrontée à ses agresseurs. Qu’ils continuent à lui faire subir des agressions sexuelles. Et peut-être pire encore, maintenant qu’elle a parlé, maintenant qu’elle a mis des mots dessus. Son courage de parler ne doit pas se retourner contre elle. Pourquoi on ne m’aide pas à protéger ma fille et pourquoi on n’entend pas la voix de ma fille ?

L’affaire Lyhanna a mis en lumière les défaillances d’un système censé protéger nos enfants. Je ne peux pas m’empêcher de faire le lien avec ma fille, elles portent le même prénom. Lyana est vivante. Elle a parlé. Et pourtant, les mêmes défaillances sont là. On s’est tous dit "plus jamais ça" après Lyhanna. Alors je pose cette question simplement : qu’est-ce qu’on attend pour protéger Lyana ?

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