INFO MIDI LIBRE. Un père et son fils ont reconnu avoir paniqué après avoir été surpris par les gendarmes juste après avoir volé un fourgon à Gignac, le 17 juin dernier. Le plus jeune est toujours incarcéré pour...
INFO MIDI LIBRE. Un père et son fils ont reconnu avoir paniqué après avoir été surpris par les gendarmes juste après avoir volé un fourgon à Gignac, le 17 juin dernier. Le plus jeune est toujours incarcéré pour "tentative de meurtres", mais son père a été remis en liberté, en raison de son état médical précaire.
"C’est miraculeux qu’il n’y a pas eu plus des morts ou plus de blessés que ça !" Plus de deux semaines après le terrible accident d’une patrouille des gendarmes du Psig de Lodève, percutés de plein fouet alors qu’ils étaient lancés à la poursuite d’un fuyard, l’émotion n’est pas encore retombée dans l’Hérault.
Le 17 juin, vers 2 h du matin, la voiture de trois militaires se lance à la poursuite d’une Renault Laguna noire, dont le conducteur a un comportement erratique sur la route près de Gignac. S’ensuit une course-poursuite où le fuyard va foncer pied au plancher, en prenant des risques insensés : "Il double un camion de pompier très dangereusement, roule à contresens à 160 km/h en direction de Canet" raconte la magistrate de la chambre de l’instruction de Montpellier, qui évoque l’affaire ce mardi 29 juin. Or pendant que les gendarmes s’efforcent de se rapprocher du fuyard, un autre véhicule vient les menacer par l’arrière : un fourgon blanc, qui percute en pleine vitesse le coffre de leur Skoda Kodiaq, laquelle va se fracasser contre un camion-citerne garé sur le côté.
Par miracle, les gendarmes sortent indemnes de leur véhicule, et l’enquête peut démarrer, sans grande difficulté. Le fourgon, qui a souffert du choc, est retrouvé accidenté, avec à l’intérieur deux téléphones portables : ceux d’un père et son fils, Franko et Navica, qui sont arrêtés deux jours plus tard, dans une clinique montpelliéraine pour Franko, à la santé précaire.
En garde à vue, les deux hommes reconnaissent s’être rendus ensemble à Gignac pour y voler un fourgon. Franko, 51 ans, explique avoir paniqué en croisant les gendarmes, car il n’a pas de permis de conduire. Ni aucun document d’identité d’ailleurs : ce petit homme corpulent, au regard apeuré, est d’origine bosniaque, mais a un très rare statut administratif d’apatride. Il a grandi en Italie, dans une communauté de gens du voyage, et ses parents n’ont jamais déclaré sa naissance : il n’a aucun papier avec photo.
En revanche, il dispose d’un sacré casier judiciaire : 18 mentions, principalement pour des vols et des délits routiers. Et d’indiscutables problèmes de santé, étant diabétique et dialysé "entre quatre et six heures tous les deux jours", ce que souligne son avocat, Me Adrien Perlot, pour demander sa remise en liberté. Le juge l’a mis en examen pour "vol aggravé en récidive, refus d’obtempérer exposant un gendarme à un risque de mort et usage de fausses plaques." Son fils, âgé de 20 ans, est lui poursuivi pour "tentative de meurtres" sur les trois gendarmes. L’avocat général ne veut pas entendre parler d’une remise en liberté pour raison médicale. "Il a fait toute sa carrière de délinquant pendant 16 ans avec son diabète, les faits sont gravissimes, est-ce qu’il faut attendre qu’il continue à voler des voitures et à conduire jusqu’à tuer un policier ou un enfant ?"
"Le fils a simplement voulu protéger le père" rappelle l’avocat, espérant dédramatiser l’affaire, et insistant sur la situation médicale difficile en détention de cet homme. Ce jeudi 2 juillet, la cour d’appel lui donne raison : Franko sort de prison, sous contrôle judiciaire. Son fils, qui a lui aussi fait appel de son incarcération, va tenter à son tour sa chance la semaine prochaine.