De la remise des maillots en famille à la fête du retour au Biac, le stade de Lézat-sur-Lèze, en passant par les discours poignants dans les vestiaires de Balma, les Lézatois ont vécu un week-end d’une rare intensité....
l'essentiel De la remise des maillots en famille à la fête du retour au Biac, le stade de Lézat-sur-Lèze, en passant par les discours poignants dans les vestiaires de Balma, les Lézatois ont vécu un week-end d’une rare intensité. Battus en finale du championnat de France de Régionale 2 par les Tarnais de Rabastens-Coufouleux au terme d'une finale d'anthologie, ils repartent avec des souvenirs impérissables et la fierté d’avoir uni tout un village derrière eux. La Dépêche du Midi vous raconte.
Quelques minutes après le coup de sifflet final, les Lézatois ont encore du mal à reprendre leurs esprits. Ils sont montés encore sonnés à la tribune pour recevoir leur médaille de vice-champions de France. Sur la pelouse, au milieu des supporters, ils se réunissent pour partager leur peine. C'est là que Vincent Abril, le capitaine et pilier du groupe, prend la parole. Les mots sont forts, choisis. "On va relever la tête et faire la fête. Je suis fier de vous, soyez fiers de vous."
Il est 15 heures, les joueurs sont de retour à Lézat, au Biac, où 400 supporters les attendent pour un après-midi de bonheur. Comme c'est la tradition, les joueurs arrivent sur un tracteur conduit par Coco. Les sourires inondent les visages. Depuis le samedi, ils ont construit une piscine improvisée juste à côté de la pelouse. Et c'est peu de dire qu'elle aura été bien utile par ces températures caniculaires. Enfin, l'USL savoure. Il est temps de se retourner sur deux mois d'une aventure extraordinaire. Beaucoup d'anciens qui avaient fait le déplacement à Balma ont versé leur petite larme. Bien sûr, le résultat n'est pas celui espéré, mais c'est tout un village qui peut être fier de son équipe.
À l’arrivée dimanche après-midi, au Biac.
DDM. - Claude Galy
Un week-end dont tout le monde se souviendra. Le samedi, la remise des maillots aura été un grand moment d'émotion. Chaque joueur avait choisi un parent ou un ami pour se faire remettre la tunique de finaliste. Un maillot qui restera, sans aucun doute, collector. Ils pourront dire, "j'y étais". Pour ne pas gamberger seuls la dernière nuit, tous les joueurs et certains membres du staff avaient décidé de dormir ensemble. "Ça peut peut-être nous éviter une nuit blanche."
Même si la nuit est perturbée, le réveil sonne à 6 heures du matin. Un nutritionniste a donné les bons conseils pour le petit-déjeuner d'avant-match. Juste avant le départ du bus, les joueurs prennent connaissance des vidéos d'encouragement de leurs proches. Après un peu plus de trois quarts d'heure de trajet, les supporters sont là pour accueillir les joueurs à Balma. Surprise à la descente, beaucoup arborent des cheveux blonds qui virent au blanc pour certains.
"C'est parti d'un délire entre nous, explique Nathan Allières. Il y en a un qui l'a fait et, au final, presque tout le monde a suivi." Comme un signe de ralliement. Les Lézatois le savent, c'est sans doute le match de leur vie. Leur émotion est perceptible. Ils jouent pour eux, mais aussi pour ceux qui ne sont plus là. À l'échauffement, Alexandre Houssaille et Vincent Abril portent des tee-shirts avec la photo d'un ancien joueur disparu. On se regroupe.
"Aujourd'hui, je ne parlerai pas dans les vestiaires, j'ai trop de pression, lâche Adrien Perrot, les larmes aux yeux, la voix tremblotante. Je voulais dire à tous que je vous aime tous et que je vais crever pour vous. Je vous aime, bon match." Michel Rieux remonte ses troupes. "Pensez qu'une partie de vous restera ici, qu'on gagne ou qu'on perde."
À l’arrivée dimanche après-midi, au Biac. Passage obligé par la piscine improvisée à leur retour dans leur stade pour fêter cette saison incroyable..
DDM. - Claude Galy
La foule se presse aux entrées. 2 400 entrées payantes, le stade de Balma est plein comme un œuf. Les terminaux de carte bleue ne marchent pas, il faut trouver du liquide. Certains n'en ont pas et tentent de forcer le portail de l'entrée opposée. Le portail ne résiste pas, certains rentrent sans payer. Tous veulent assister à la fête. Les supporters ariégeois sont les premiers à arriver, ils ne seront pas les moins bruyants.
Pour patienter avant le coup d'envoi, les jeunes des deux camps défilent devant la tribune. Un grand moment. Ils se rejoignent pour accueillir l'entrée des gladiateurs. Les Lézatois entrent en deuxième. Dans les vestiaires, Vincent Abril a parlé avec ses tripes : "Ils peuvent être plus grands, plus gros, mais ce qu'on a entre nous, ils ne vont pas l'avoir. On est des frères depuis le début."
Il a fallu se faire une bonne place dans les tribunes du stade Alain Giresse de Balma.
DDM. - Sébastien Batteux.
Alexandre Milhorat prend le relais : "Eh, les vieux, on n'en vivra plus des moments comme ça. Pour nous, c'est fini. Il y a des joueurs qui n'ont jamais vécu tout ça. Alors, profitez-en, envoyez-vous. Dans dix ans, quand on se verra, on se fera la bise, il y aura ce petit truc."
Même vice-champions de France, les Lézatois auront vécu un moment unique, magique. Au fil des mois, des années, il ne restera que le souvenir d'un match d'anthologie dont les Lézatois ont été les acteurs. Les regrets auront laissé la place au plaisir, à la fierté. La fête a été belle. Elle va se prolonger encore quelques jours. Les joueurs n'ont pas encore envie de se quitter. Pour perdre une finale, il faut d'abord se qualifier et la jouer. Malgré leur immense déception, les Lézatois auront été dignes dans la défaite.