Menés 35-10 à la mi-temps, les Ariégeois de l'US Lézat-sur-Lèze réussissent une deuxième période historique. Revenus à 35-34 à quelques minutes de la fin, une action litigieuse les prive de la tête. Finalement, ce...
l'essentiel Menés 35-10 à la mi-temps, les Ariégeois de l'US Lézat-sur-Lèze réussissent une deuxième période historique. Revenus à 35-34 à quelques minutes de la fin, une action litigieuse les prive de la tête. Finalement, ce sont les Tarnais de Rabastens-Coufouleux, impressionnants avant le repos, qui inscrivent l’essai décisif et décrochent le titre de champion de France de Régionale 2 au terme d’une finale de folie (42-37).
SA RABASTENS-COUFOULEUX 42 - US LÉZAT-SUR-LÈZE 37
(M.-T. : 35-10) Arbitre de champ : M. Florian Capelle. Arbitres assistants : MM. Quentin Sfez et Aurélien Souquet. Représentant fédéral : M. Éric Sempé. Coach national : M. Didier Barnagaud.
Pour Rabastens-Coufouleux : 5 essais de Rieugnié (10e), Rochas (18e), Roux (24e), Carme (29e), Pagès (35e) et Sempé (77e) ; 6 transformations de Rochas.
Pour Lézat-sur-Lèze : 5 essais de Bayle (31e), Bossard (51e, 72e), Donini (54e) et Arnaud (59e) ; 3 transformations (33e, 51e, 59e) et 2 pénalités (1re, 80e+5) de Donini.
Évolution du score : 0-3 ; 7-3 ; 14-3 ; 21-3 ; 28-3 ; 28-10 ; 35-10 / 35-17 ; 35-22 ; 35-29 ; 35-34 ; 42-34.
STADE ATHLÉTIQUE RABASTENS-COUFOULEUX XV. H. Boyer, F. Boyer, L. Golse ; T. Rieugnie, R. Frespech ; R. Bardou, C. Mansouri, E. Capus ; V. Roux (m., cap.), J. Rochas (o) ; M. Chedeville, P. Cabanis, S. Bogdel, A. Fuentes ; T. Carme. Remplaçants : C. Robert, M. Cazeaux, M. Catala, C. Catala, M. Pagès, B. Sempé, H. Gazeu.
Deux cartons jaunes (31e, 48e) ; un carton rouge (49e).
UNION SPORTIVE LÉZATOISE. A. Perrot, A. Campos, C. Soula ; G. Ladet, V. Abril (cap.) ; A. Allen, H. Bayle, F. Bacquié ; N. Bardy (m), M. Pahoa (o) ; L. Agrès, E. Bossard, M. Donini, J. Massol ; A. Bardy. Remplaçants : A. Milhorat, P. Arnaud, P. Dupuy, A. Rives, D. Boy, T. Lagarde. Entraîneurs : Christophe Beaudot et Michel Rieux.
Carton jaune : E. Bossard (47e).
Le sport peut, en quelques minutes, être si beau et si cruel à la fois. Tarnais et Ariégeois (joueurs et supporters) sont passés par toutes les émotions ce dimanche à Balma. De l’espoir à l’inquiétude, et inversement. Quelle finale ! Sous une chaleur accablante (heureusement que le coup d’envoi avait été avancé à 10 heures), les quarante-quatre acteurs sont allés au bout du bout de leurs forces. Perclus de crampes pour certains, à bout de souffle pour d’autres. Finalement, la pièce est tombée du côté de Rabastens-Coufouleux. Le destin a basculé en deux minutes. En deux actions. Après une remontada qui restera quand même dans l’histoire, l’US Lézat-sur-Lèze pense prendre les devants. D’une petite passe astucieuse, Donini trouve Bardy à hauteur qui s’en va inscrire l’essai qui refait passer l’USL devant. Mais l’arbitre refuse l’essai et siffle un en-avant qui, sur les images, ne semble pas réel. On joue la 78e minute. Terrible dénouement, surtout que, dans la foulée, Sempé, d’un subtil coup de pied, trompe la défense ariégeoise et s’en va inscrire l’essai décisif alors que les arrêts de jeu s’annonçaient (42-37). Rabastens-Coufouleux décroche le titre de champion de France et ne l’a pas volé non plus. Après une première mi-temps à sens unique, les Tarnais avaient fait une grosse différence qui, finalement, a failli ne pas suffire.
Les nombreux supporters des deux camps sont chauds bouillants quand leurs protégés pénètrent sur la pelouse du stade Alain-Giresse pour le match le plus important de l’histoire des deux clubs. Mais si c’est Donini qui ajuste la première pénalité pour les Ariégeois dès le coup d’envoi (0-3, 1re), la suite des quarante premières minutes est à sens unique. On a l’impression que les partenaires d’Abril ne sont pas sortis des vestiaires. Un premier ballon gratté au sol, les Tarnais font main basse sur le cuir. Malgré une percée isolée de Donini, c’est bien Rabastens-Coufouleux qui marche sur son adversaire. Les coéquipiers du capitaine Roux jouent tous les ballons à la main. Les Lézatois n’arrivent pas à suivre. Percées, jeu au large, tout y passe. Il manque à chaque fois un défenseur ariégeois. La demi-heure vient à peine d’être atteinte que le score est déjà de 28-3. Face à des Tarnais réduits à quatorze, Bayle inscrit l’essai de l’espoir pour l’USL (28-10, 33e), mais Pagès refroidit (sic) vite l’enthousiasme des supporters rouges et jaunes (35-10, 37e). Au repos, le break est conséquent et aurait même pu être plus large sans quelques maladresses des Tarnais.
Bossard inscrit un de ses deux essais, ceux de l'espoir pour l'US Lézat-sur-Lèze.
DDM. - Sébastien Batteux.
Rabastens-Coufouleux rentre aux vestiaires, pas Lézat-sur-Lèze. Les mots sont forts, rapides. Tout le monde se remet en place. L’image est incroyable. Les Lézatois vont attendre leurs adversaires pendant de longues minutes. On sent vite que les Ariégeois ont un honneur à laver. Un maillot à respecter. Une "cocotte" échoue dans l’en-but, mais le ton est donné. L’USL est transcendée. Une échauffourée, Rabastens-Coufouleux va jouer toute la deuxième mi-temps à quatorze. Dans le sillage de Donini, Lézat-sur-Lèze étouffe son adversaire.
L’impensable est désormais dans toutes les têtes. Ce coup-ci, il n’y a plus qu’une seule équipe sur la pelouse : Lézat-sur-Lèze. Quand Bossard transperce une deuxième fois la défense tarnaise, le match est à deux doigts de basculer. Donini rate de peu la transformation, Rabastens-Coufouleux garde un misérable point d’avance (35-34, 72e). Il va y avoir de très longs arrêts de jeu, rien n’est joué. C’est à ce moment que les Tarnais reprennent du poil de la bête et réussissent à réinvestir le camp ariégeois. Le temps passe. Jusqu’à ces deux dernières actions décisives. Rabastens-Coufouleux est un beau champion, Lézat-sur-Lèze un formidable dauphin.
Mathis Donini (trois quart centre de l’US Lézat-sur-Lèze) : « On prend un peu trop de points en première mi-temps et, en deuxième, c’est l’ego qui a parlé On voit que si on veut, on peut vraiment se réveiller Si on encaisse deux essais de moins en première mi-temps, le match n’est plus le même. En deuxième mi-temps, on a retrouvé les copains, la famille. On avait peur de prendre une dérouillée devant tout ce monde, et on a réagi. On verra si on arrive à relever la tête l’année prochaine. »
Vincent Abril (capitaine de l’US Lézat-sur-Lèze) : « C’est un match incroyable. À la mi-temps, pas grand monde ne devait donner trop cher de notre peau. Je ne sais pas ce qui s’est passé, on est passé à côté. Est-ce que c’est l’émotion, je n’en sais rien. On n’a pas eu la main sur le ballon. On les a un peu trop regardés, face à des équipes comme ça, ça ne pardonne pas. On fait une grosse deuxième mi-temps et, à la fin, ça se joue à rien. La dernière passe n’est pas trop en avant mais c’est comme ça, c’est la loi du sport. Rabastens est une belle équipe. Félicitations à eux. »
Christophe Beaudot (coentraîneur de l’US Lézat-sur-Lèze) : « C’est difficile mais il faut remercier tout le groupe pour la saison extraordinaire qu’il a fait. On n’aurait pas mis une pièce sur nous en début de saison, même pas nous. On a vu de quoi on était capable. On paye cher cette première mi-temps où on n’est jamais rentré dans le match. On n’a pas l’habitude de jouer ce genre de match, on a peut-être été pris par l’événement. Mais on a su relever la tête et on échoue à rien. On a montré que Lézat existe en rugby. L’objectif de la montée en Régionale 1 a été atteint, maintenant on va préparer la saison prochaine. Je suis très fier des mecs et du club. »
Michel Rieux (coentraîneur de l’US Lézat-sur-Lèze) : « On est passé près mais c’était aussi très loin. On prend trop de points dans les trente premières minutes. On n’est pas dans le match. On a laissé beaucoup de jus dans la semaine dans plein de choses. Après, on a joué notre rugby et eux ont baissé physiquement. La deuxième mi-temps est belle. Notre parcours est quand même extraordinaire. Là, on jouait presque à la maison. »
David Rendu (entraîneur de Rabastens-Coufouleux) : « Nous sommes très contents pour tout ce village qui nous a tant soutenu, on a passé une semaine de fou. Nous avions une grande confiance en démarrant ce match, ce qui s’est fait ressentir sur la première mi-temps, beaucoup moins sur la seconde. Nous avons l’habitude de démarrer très fort en envoyant du jeu et en déplaçant le ballon. Au retour de la pause, il y a eu une bagarre générale qui nous coûte deux cartons, cela nous a complètement sorti du match. Nous avons subi les collisions, couru après le ballon et, quand on n’a pas le ballon, on ne peut pas jouer. Je pense que l’on s’est un peu trompé sur la stratégie mais on s’en est sorti grâce à des exploits individuels ».
Julien Rochas (demi d’ouverture deRabastens-Coufouleux) : « C’est incroyable, le club a 126 ans, et on est les premiers à faire ça. Nous avons fait une grosse première mi-temps, et je pense qu’on y a laissé beaucoup d’énergie. On s’est fait matraquer dans les rucks, et nos gros ont vite fatigué. Il y a ensuite ce fait de jeu qui nous coûte deux cartons ».