Humiliés 60-18 par Toulouse samedi soir à Castres, les Dragons Catalans ont sombré dans des proportions rarement vues. Après la rencontre, le capitaine Benjamin Garcia a livré à l’Indépendant une analyse sans détour...
Humiliés 60-18 par Toulouse samedi soir à Castres, les Dragons Catalans ont sombré dans des proportions rarement vues. Après la rencontre, le capitaine Benjamin Garcia a livré à l’Indépendant une analyse sans détour d’une équipe qu’il juge déconnectée et encore trop tendre.
Les visages étaient fermés, les regards perdus. Au sortir de la correction infligée par Toulouse (60-18), samedi soir à Castres, les Dragons Catalans avaient bien conscience d’avoir franchi une ligne rouge. Dominés dans tous les secteurs du jeu, incapables de rivaliser défensivement, les Catalans ont concédé l’une des plus lourdes défaites de leur histoire récente. Au moment d’expliquer à l’Indépendant les raisons de la déroute, Benjamin Garcia n’a cherché ni excuse ni circonstance atténuante. Le capitaine catalan a livré une analyse aussi froide que lucide, assumant pleinement les responsabilités collectives de ce naufrage. "C’est très difficile à expliquer. C’était un derby et aujourd’hui, nous n’avons pas mis les ingrédients pour aller chercher la victoire. Défensivement, nous n’y étions pas (10 essais encaissés). On n’a pas vu une équipe connectée", a-t-il constaté.
Il nous manque l’envie. Prendre 60 points, c’est inacceptable
Pour l’international français, ce revers dépasse largement le simple résultat comptable. Il met surtout en lumière des lacunes structurelles qui accompagnent les Dragons depuis plusieurs mois. "Depuis le début de la saison, c’est un peu la même chose. Nous avons une équipe très jeune, qui a encore beaucoup à apprendre. Il nous manque des basiques dans notre jeu, il nous manque l’envie. Prendre 60 points, c’est inacceptable." Le deuxième ligne n’a pas caché le profond malaise qui habitait le vestiaire au coup de sifflet final. "Il y a un sentiment de honte. C’est sans doute l’une des pires défaites des Dragons depuis que je suis au club." Garcia qui célébrait samedi son 250e match de Super League sous les couleurs des Dracs refuse toutefois de désigner des coupables. Le capitaine s’inclut dans les responsabilités et reconnaît son incapacité à inverser la tendance au fil de la rencontre. "Je m’inclus totalement dans ce groupe. Avec Toby Sexton et Julien Bousquet, on essaie d’amener cette voix sur le terrain, mais quand ça ne répond plus, c’est très difficile d’aller chercher les joueurs." Au-delà du score, c’est surtout l’absence de solidarité défensive qui inquiète le joueur de 33 ans. Pour lui, le problème est avant tout collectif. "On est capables de marquer des essais, d’attaquer. Mais aujourd’hui, le plus dur dans notre sport, c’est défendre. On prend entre 20 et 30 points quasiment chaque match. On n’est pas capables de faire les petits efforts, de revenir vite dans la ligne, de faire les troisièmes efforts et de rester connectés. Ce sont pourtant ces détails qui font gagner les matches."
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Fort de ses quinze saisons en Super League, Garcia mesure l’écart qui sépare encore cette jeune équipe des formations capables de jouer les premiers rôles. "J’ai eu la chance d’évoluer dans des équipes qui disputaient les play-offs et les finales entre 2018 et 2023. Ce qui faisait notre force, c’était justement cette capacité à faire tous ces efforts invisibles. Aujourd’hui, il nous manque des joueurs comme Micky McIlorum et Alrix Da Costa qui justement répètent les efforts au milieu et donnent le ton. Nous avons un groupe qui ne sait peut-être pas encore ce qui fait réellement gagner les matches." Samedi face au TO, les Dragons ont offert exactement ce que leur adversaire espérait. "On leur a donné tout ce qu’ils aiment. Un joueur montait, l’autre restait derrière et du coup, la ligne de défense n’est jamais montée ensemble. On savait pourtant qu’il fallait être connectés face à eux et nous avons fait tout l’inverse." Le contraste est d’autant plus frustrant que les Catalans restaient sur une prestation encourageante à Warrington malgré la défaite. "Nous avons montré de bonnes choses chez les Wolves (défaite 18-16), malgré trop d’erreurs et de pénalités. Face à Toulouse, c’est la défense qui n’a pas été au rendez-vous, mais c’est le niveau qu’exige la Super League. Quand on joue Toulouse, Leeds, Wigan ou St-Helens, il faut énormément d’énergie et de ressources."
Pas question, toutefois, de s’apitoyer sur cette humiliation. Garcia veut déjà tourner le regard vers la prochaine échéance. "Nous avons une semaine pour travailler et faire notre maximum devant notre public samedi soir face à Leeds." Les Dragons n’auront, en effet, pas d’autre choix que de réagir rapidement. Car au-delà des 60 points encaissés, c’est surtout l’image laissée à Castres qui interpelle. Une équipe désunie, friable défensivement et en manque de repères, dont le capitaine a choisi de regarder les failles en face plutôt que de les masquer.