Créée pour moderniser et structurer l’événementiel castrais, la Régie Castres Événements vit ses dernières heures. Au dernier conseil municipal, sa dissolution a été actée dans un climat tendu, marqué par les...
l'essentiel Créée pour moderniser et structurer l’événementiel castrais, la Régie Castres Événements vit ses dernières heures. Au dernier conseil municipal, sa dissolution a été actée dans un climat tendu, marqué par les critiques sur sa gestion, un déficit important et des échanges vifs entre majorité et opposition sur la pertinence même de cet outil créé il y a à peine deux ans. Voici tout ce qu'il faut savoir sur ce nouveau rebondissement.
Dans l’hémicycle castrais, les débats du dernier conseil municipal ont parfois pris des allures de retour en arrière. Au centre des échanges : la Régie Castres Événements, créée il y a à peine deux ans… et déjà promise à la dissolution.
L’histoire commence pourtant avec une ambition claire. Par délibérations des 26 septembre 2023 et 6 février 2024, la Ville de Castres avait acté la création de cet outil inédit : regrouper et piloter en direct les événements municipaux. Objectif affiché : plus de réactivité, une meilleure lisibilité des coûts, et une maîtrise renforcée de la programmation culturelle et festive.
Mais ce soir-là, c’est une tout autre musique qui s’est jouée. Prenant la parole, le maire RN Florian Azéma annonce la couleur sans détour : "Eu égard aux risques juridiques et fiscaux… aux déficits importants de l’ordre de 430 000 euros par an… et aux observations de la Chambre régionale des comptes", la Régie Castres Événements doit être dissoute au 30 septembre 2026. Dans son viseur : "Un outil jugé trop coûteux, trop complexe et difficile à contrôler. La régie ne s’équilibrait pas, ce n’était pas tenable", insiste-t-il, évoquant aussi un fonctionnement devenu lourd pour les services.
À lire aussi : "Castres événements" : une régie contestée
Dans la salle, les réactions fusent immédiatement. Pour Isabelle Jury, élue d’opposition, c’est une incompréhension : la régie était justement pensée pour "assurer directement le service public", maîtriser les tarifs et éviter une dépendance aux prestataires privés. Elle rappelle un système conçu pour regrouper les dépenses et gagner en transparence.
Même ton chez Julie Capo Ortega, ancienne présidente de la régie, qui défend un outil encore en phase de rodage : selon elle, il permettait enfin de mesurer le coût réel des événements et de gagner en souplesse dans un secteur qui exige de la réactivité. "On n’a pas assez de recul...", regrette-t-elle, s’abstenant sur la délibération.
À lire aussi : Comment la ville de Castres a transformé son parc des expositions en machine à événements
De son côté, Guillaume Arcese, élu de l'opposition (Groupe Castres notre ville), évoque un "gâchis financier", pointant des coûts de fonctionnement jugés opaques et des incohérences dans la gestion du matériel et des prestations. "Je salue le fait que vous y mettiez fin, c'était aussi une de nos promesses de campagne. On s'était aussi engagé à fermer, à dissoudre cette régie". Même sévérité chez Xavier Bories, qui reconnaît a posteriori une régie "mal calibrée, mal dimensionnée".
Le débat monte encore d’un cran lorsque Jean Antoine Escande, élu de l'opposition (Castres en commun), met en garde contre une logique de destruction systématique des outils publics : "Moi, je m'inquiète malgré tout de cette propension à casser l'outil, à le dissoudre à chaque fois qu'une mauvaise gestion supposée ou réelle est pointée.." Derrière la régie, rappelle-t-il, se pose surtout la question centrale : comment continuer à faire vivre une ville très dépendante de ses événements ?
En face, le maire tranche : les événements n’ont pas disparu avant la régie, et ne disparaîtront pas après. Ils seront simplement réintégrés dans les services municipaux, avec un objectif assumé : "rationaliser les dépenses et gagner en efficacité".
Au final, la Régie Castres Événements aura vécu comme un laboratoire éclair de la politique locale : née pour moderniser, dissoute pour corriger. Un outil passé trop vite de l’expérimentation à la fermeture, laissant derrière lui un débat entier sur la manière de financer et d’organiser la fête en ville.