Cette fois, Antonin Baudry a décidé de centrer son film sur le général Leclerc et le résistant Jean Moulin. Efficace et martial. Dès ce mercredi en salles. ...
Alors que le premier volet du diptyque réalisé par Antonin Baudry racontait la création complexe de la France libre en 1940 et la lutte du général de Gaulle pour s'imposer face aux Alliés en Afrique du Nord, le second chapitre de La Bataille de Gaulle avance sur plusieurs fronts. De Londres à Paris ou Casablanca, avec un de Gaulle (Simon Abkarian, à la hauteur) toujours incompris face à l'alliance anglo-américaine (flegmatique Simon Russell Beale en Churchill), qui lui préfère l'inconsistant général Giraud (inattendu Thierry Lhermitte, s'évertuant à appeler le général "Gaulle" sans particule).
Adaptation rigoureuse de la biographie de l'historien anglais Julian T. Jackson De Gaulle. Une certaine idée de la France, fer de lance de la "reconquête" martiale du cinéma français par Pathé (avec un budget mastodonte de 74 millions d'euros, soit 37 millions par volet), le film enchaîne une série de tours de force militaires et politiques, épousant les contours de l'adage gaullien – "la guerre doit être une cause morale" (à deux doigts tout de même ici de recycler l'imagerie coloniale de l'époque).
Pour Simon Abkarian, l'habit fait le généralDeux héros volent la vedette au général : Leclerc et "sa force L" (Niels Schneider, dans un rôle quasi mercenaire), chargé de rallier l'Afrique équatoriale française à la France Libre, puis de libérer Paris à l'été 1944. Et, bien sûr, Jean Moulin, alias Rex, joué par Félix Kysyl, très crédible dans le rôle du résistant martyr, missionné pour diriger le Conseil national de la Résistance.
Film de costumes, de batailles et de postures essentiellement masculines (à l'exception du rôle de Livia, jeune résistante incarnée avec flamboyance par Annamaria Vartolomei), truffé d'anecdotes et de petites phrases qui ont fait l'Histoire, La Bataille de Gaulle s'achève sur des vers de Paul Eluard. Tandis que le jeu très juste des comédiens retire le film de l'hagiographie pure et délivre des moments d'intense émotion.
La Bataille de Gaulle : J'écris ton nom ©The Searchers
©The SearchersBiopic De Antonin Baudry Scénario Antonin Baudry et Bérénice Vila, d'après De Gaulle : une certaine idée de la France de Julian Jackson) Photographie Pierre Cottereau et Giora Bejach Musique Volker Bertelman Montage Katie Mcquerrey Avec Simon Abkarian, Niels Schneider, Félix Kysyl, Thiery Lhermitte, Benoît Magimel, Anamaria Vartolomei… Durée 2h37
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