L'Anglais, réputé comme l'un des meilleurs arbitres européens, verra toutefois ses décisions disséquées. ...
Ce vendredi, pour le quart de finale de Coupe du monde entre la Belgique et l'Espagne, la Fifa a décidé de confier le sifflet à l'arbitre anglais Michael Oliver. Cette désignation montre la confiance intacte de l'instance envers l'un de ses arbitres les plus expérimentés, même si ses décisions seront scrutées comme rarement.
Il faut dire que le huitième de finale arbitré entre le Maroc et le Canada, dimanche dernier, a suscité de nombreuses critiques. Pas mal d'observateurs ont dénoncé une première période à la ligne disciplinaire jugée incohérente, les Marocains recevant rapidement plusieurs avertissements tandis que des fautes canadiennes, plus nombreuses, échappaient souvent au carton jaune. Oliver a repris la maîtrise de la rencontre ensuite mais sans éteindre la polémique. "Mais c'est l'un de meilleurs arbitres d'Europe pour le moment", nous confie un arbitre belge.
À 41 ans, l'Anglais, né à Ashington, dans le nord-est de l'Angleterre, appartient depuis plus d'une décennie au cercle fermé des arbitres de l'élite européenne. Fils d'arbitre, il enfile le maillot noir dès l'adolescence et gravit très rapidement les échelons, jusqu'à devenir, en 2010, l'un des plus jeunes arbitres de l'histoire de la Premier League. Deux ans plus tard, il obtient son écusson Fifa.
Son style est reconnu : peu démonstratif, sévère, voire autoritaire, soucieux de laisser jouer lorsque le match le permet. Le style "anglais", en somme, où l'intensité physique dans un match est davantage acceptée qu'en Belgique ou en France, par exemple. Cette réputation d'homme en noir "rigoureux", dans le bon sens du terme (il a 700 cartons jaunes distribués dans sa carrière - quatre par match - à son actif) lui ouvre les plus grandes affiches, de la Ligue des champions à l'Euro, en passant par les Coupes du monde. Mais on a beau être bon, les grands rendez-vous fabriquent parfois de grandes polémiques.
Coupe du monde 2026 : la fédération égyptienne exige l'exclusion du tournoi de l'arbitre français LetexierAu-delà du huitième Canada/Maroc, une autre polémique touchant Michael Oliver est restée dans les mémoires; c'était en 2018, lorsqu'il accorda un penalty au Real Madrid face à la Juventus dans le temps additionnel d'un quart de finale explosif de Ligue des champions. L'expulsion du mythique gardien de la dame noire Gianluigi Buffon, hors de lui, a instantanément fait entrer Oliver dans la galerie des arbitres marquant une compétition de leur empreinte. Depuis, l'Anglais évolue avec cette réputation paradoxale : assez bon et fiable pour être désigné pour de prestigieuses affiches mais suffisamment exposé pour voir chacune de ses décisions disséquée. Ses missions rémunérées dans les pays du Golfe ont aussi alimenté le débat en Angleterre sur les risques de conflits d'intérêts, au point de pousser les autorités arbitrales à encadrer davantage ce type de prestations.
Le huitième de finale entre le Maroc et le Canada, dimanche dernier, a donc ravivé les critiques mais c'est avec ce bagage (une immense expérience mais aussi une réputation désormais inséparable de la controverse) que l'Anglais retrouvera les projecteurs à Los Angeles pour ce Belgique/Espagne historique en quarts de finale de Coupe du monde.
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