Un jour après avoir offert la victoire à son équipier Isaac Del Toro, le Slovène a fait coup double. Le voilà déjà en jaune. ...
"Franchement, je ne me souviens pas d'avoir disputé une étape aussi difficile que celle-ci. Bien sûr, il y avait les conditions climatiques qui font que j'ai bu des dizaines de bidons. Mais il y a aussi le rythme infernal imprimé par les UAE. Ils ont tellement engrangé de confiance avec leur démonstration de ce dimanche (NdlR : victoire de Del Toro, avec la bénédiction de Pogacar, 2e) qu'ils semblent intouchables. J'ai vraiment l'impression qu'ils sont les seuls à pouvoir contrôler la course de la sorte."
Même les conditions extrêmes n'ont pas eu raison du Slovène. ©Copyright 2026 The Associated Press. All rights reservedLes propos sont de Tom Pidcock. Ils reflètent, sans aucun doute, ce que la majorité du peloton pense. Hormis samedi, quand Jonas Vingegaard s'est paré de jaune pour la première fois depuis le 23 juillet 2023, les UAE Team Emirates – XRG écrasent déjà tous leurs adversaires.
Ce lundi, on pensait que Pogacar et ses acolytes allaient laisser un fuyard de la première heure s'imposer mais le Slovène n'est pas comme ça. "Le plan initial n'était pas d'essayer de gagner mais à mi-course, on s'est dit : 'Pourquoi ne pas gagner et prendre le maillot jaune ?'"
Or, lorsque le quadruple vainqueur du Tour de France veut quelque chose, il l'obtient (presque) toujours. Et s'il a fait une offrande à Isaac Del Toro dimanche sur les hauteurs de Montjuic, il a, cette fois, profité lui-même du travail effectué en amont par le Mexicain et leurs autres équipiers. Au sommet de la montée des Angles (3e catégorie, 1,7 km à 6,5 % de moyenne), il lui a suffi d'accélérer une fois pour distancer tous ses concurrents.
Classé dans la même seconde que Jonas Vingegaard au classement général, c'est pourtant lui qui a endossé le maillot jaune et qui le portera ce mardi de Carcassonne à Foix (181,9 km). Il a, en effet, terminé plusieurs fois devant son adversaire danois depuis le départ de ce Tour. "Enfiler cette tunique distinctive est toujours très spécial, sourit-il. Peu importe le nombre de fois que je l'ai déjà eu sur le torse. C'est le plus grand symbole de notre sport."
Si le voir vêtu de jaune semble une évidence, le Slovène peut se targuer d'avoir porté son nombre d'étapes gagnées sur la Grande Boucle à 22, revenant à hauteur d'André Darrigade. Dans toute l'histoire du Tour, seuls quatre coureurs ont fait mieux : André Leducq (25), Bernard Hinault (28), Eddy Merckx (34) et Mark Cavendish (35).
Même s'il jure ne pas penser au record de l'ancien sprinter britannique, on n'est pas obligé de le croire. "Qui sait ? Peut-être que je ne gagnerai plus une seule étape ? Là maintenant, je me dis que mon palmarès est déjà beaucoup mieux fourni que ce que j'avais espéré. Je suis déjà très heureux de tout ce que j'ai accompli."
Reste qu'on ne l'imagine pas un instant s'arrêter là. Et à l'allure où son équipe roule pour le moment, on se dit que son prochain succès ne devrait pas tarder. Une prédiction que l'on fait d'autant plus aisément que sur les hauteurs des Angles, il n'a pas caché un goût de trop peu. "Quand je suis monté sur le podium, j'ai vu qu'il n'y avait pas de public. Ça m'a procuré une sensation étrange." Le Slovène jeta même son bouquet de fleurs en direction de son équipier Florian Vermeersch qui venait de franchir la ligne d'arrivée.
Presque aussi heureux que la veille lorsqu'il s'imposa lui-même, Isaac Del Toro ne pouvait pas cacher son admiration pour son leader. "Rouler avec un champion comme Tadej, c'est un immense privilège. Il est facile à vivre, te met à l'aise et s'assure que tu vas bien", narre le Mexicain de 22 ans.
Toutes les qualités d'un vrai chef de file, qui semble déjà à son meilleur niveau. "Avant, tu pouvais monter en puissance au fil des jours. Aujourd'hui, tu dois être prêt tout de suite, parce que les autres sont là."
L'avis de notre consultant Axel Merckx après la 2e étape du Tour de France : "Pogacar joue avec tout le monde"Les autres, tous les autres, ont pu constater ces deux derniers jours que le patron a faim. Et lorsque Tadej Pogacar a les crocs, ça ne sent, en général, pas bon pour ses rivaux.
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.