La Maison Blanche a suivi de près le dossier Balogun avant la décision de la FIFA autorisant l’attaquant américain à jouer contre les Diables. ...
Il n'y a pas que la Fédération belge qui s'est montrée "stupéfaite" depuis l'éclatement de l'affaire Balogun. Rapidement, la planète football s'est embrasée. Les anciens footballeurs ont tous (ou presque) fustigé cette décision.
Tandis que les plus mesurés, ceux payés par Fox News, ont estimé que le timing interrogeait. Bienvenue dans les coulisses d'une décision qui pourrait créer un avant et un après dans le monde du ballon rond.
L'information a fait l'effet d'une bombe ce dimanche soir, heure belge. En réalité, le combat a commencé depuis longtemps déjà.
Mercredi dernier (jeudi en Belgique), dès le coup de sifflet final, la campagne visant à sauver Folarin Balogun commence. Soit dès le coup de sifflet final du match entre les États-Unis contre la Bosnie.
Nouveau rebondissement dans l'affaire Balogun: les suspensions automatiques disparaissent de la présentation de la FifaSelon Politico, c'est le moment choisi par Andrew Giuliani, directeur exécutif de la cellule de crise de la Maison Blanche pour la Coupe du monde de la FIFA, d'informer son président. Sans surprise, Donald Trump n'est pas au courant que l'attaquant, suite à sa carte rouge, ne peut pas disputer la rencontre face aux Diables rouges.
Quelques heures plus tard, la Maison Blanche s'engage à prendre ses dispositions pour tenter d'annuler cette suspension. Giuliani se base notamment sur l'avis de certains spécialistes qui estiment que cette décision arbitrale, orchestrée avec la VAR, est trop sévère.
Là, les responsables de la Fédération, Andrew Giuliani et le secrétaire au Commerce Howard Lutnick, tous présents au stade, activent leurs leviers pour mettre en œuvre des procédures (légales) pour contester cette décision.
Mais ils le savent pertinemment bien : elles aboutissent rarement.

Pendant quatre jours, ce groupuscule va redoubler d'effort. Ils arguent que Donald Trump et son entourage ont tout fait pour organiser cette Coupe du monde.
De son côté, l'équipe juridique de la Fédération américaine s'active. Elle peut compter sur un soutien de poids : Giuliani et Lutnick proposent de mettre à disposition des avocats de la Maison Blanche pour apporter leur aide en matière d'analyse juridique si nécessaire.
Affaire Balogun: l'Union belge fait appel, mais le timing est serréDans la foulée, Donald Trump himself prend son téléphone et appelle son grand ami Gianni Infantino. "Trump a interrogé Infantino sur les règles de la FIFA concernant la décision relative au carton rouge et les motifs de suspension. Infantino a écouté attentivement, mais n'a fait aucune promesse quant à l'issue de la discussion", explique Politico.
À la Maison Blanche, on décide d'aller encore plus loin en s'intéressant de près au cas de l'arbitre Raphael Claus. Pour rappel, le Brésilien est celui qui a pris la décision d'exclure Balogun. "Des articles relatant les précédentes controverses impliquant l'arbitre brésilien ont circulé parmi les hauts responsables gouvernementaux, qui examinaient tous les arguments susceptibles d'étayer l'appel, selon des sources proches du dossier", expliquent encore nos confrères.
Au sein des organes juridiques de la FIFA, l'affaire suit son cours. Emilio García, responsable des affaires juridiques de l'instance dirigeante du football mondial, conseille Infantino. Ensemble, ils déterminent si les circonstances du tacle de Balogun répondaient aux critères stricts permettant de réexaminer la décision disciplinaire.
Les stars du football remontées après l'affaire Balogun: "Je serais furieux si j'étais la Belgique", "C'est notre sport, pas le leur"Dimanche soir, la décision tombe. La FIFA brandit l'article 27 pour permettre à l'attaquant de Monaco de disputer cette rencontre cruciale. La FIFA persiste et signe : la décision finale a été prise via un organe indépendant. Elle ne nie pas les appels de Donald Trump à son président. Mais comment croire que cette communication n'a pas influencé les débats ?
Depuis lors, nombreux sont ceux, y compris des responsables du football européen, qui ont estimé que l'ingérence de la Maison Blanche violait les règles de la FIFA visant à préserver l'indépendance des décisions sportives vis-à-vis du politique.
La Belgique avait jusqu'à 14h00 (heure belge, 5 heure sur place) pour faire appel. Elle n'a pas attendu cette heure fatidique puisqu'à 11h00, la Fédération royale belge de football (RBFA) a introduit un recours contre la décision de la FIFA. En cas d'échec (ce qui est très probable), la fédération pourra encore se tourner vers le TAS, le tribunal arbitral du sport. Mais le mal est fait. Et la FIFA a visiblement l'air de s'en laver les mains.