Le chantier est terminé, mais le projet, lui, s'arrête net. Quelques mois après avoir dévoilé son ambition de créer le Rainbow Club dans une partie du S-Club de Lombers, Philippe Notario fait marche arrière. Entre...
l'essentiel Le chantier est terminé, mais le projet, lui, s'arrête net. Quelques mois après avoir dévoilé son ambition de créer le Rainbow Club dans une partie du S-Club de Lombers, Philippe Notario fait marche arrière. Entre confusion autour de l'avenir de son établissement, critiques locales et absence de soutien, le gérant estime que les conditions ne sont aujourd'hui pas réunies pour faire vivre un tel lieu dans le Tarn. Voici tout ce qu’il faut savoir.
En février dernier, l’annonce avait suscité la curiosité autant que les réactions. Alors engagé dans d’importants travaux de mise aux normes, le S-Club de Lombers, plus grand club libertin du Tarn, devait accueillir à partir du printemps un nouvel espace baptisé Rainbow Club. L’ambition de son gérant, Philippe Notario, était alors de créer une discothèque et un lieu de rencontres destiné principalement à la communauté homosexuelle, tout en maintenant l’activité libertine historique de l’établissement.
Finalement, le Rainbow Club de Philippe Notario ne verra pas le jour.
DDM - MARIE PIERRE VOLLE
Quelques mois plus tard, le projet est définitivement abandonné. "L’annonce de l’ouverture du Rainbow Club m’a, en février, été très préjudiciable. Les gens ont cru que le S-Club allait fermer, remplacé par un club gay, ce qui n’était pas le cas", regrette aujourd’hui Philippe Notario. Selon lui, cette confusion a pesé sur l’image de l’établissement et sur sa fréquentation.
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Au-delà de ce malentendu, le gérant évoque surtout l’accueil réservé à son initiative. "Je faisais ça dans un esprit militant, mais le projet n’a pas été vu d’un bon œil par les assos LGBT du coin. Je m’attendais à recevoir des critiques homophobes de la part d’hétéros, mais en fait, ce sont des LGBT qui ont été les plus virulents. Les LGBT, ils ne sont unis qu’un jour par an. Je suis hyper déçu", confie-t-il.
Pour Philippe Notario, cette expérience révèle les difficultés à faire émerger ce type d’établissement dans le département. "En fait, ce projet est la preuve que le Tarn n’est pas encore prêt à accueillir ce genre de lieu. Ce n’était pas un business pour moi, je voulais juste faire plaisir à une communauté encore trop souvent victime d’attaques et de moqueries."
L’abandon du Rainbow Club ne signifie toutefois pas que les travaux réalisés l’auront été en vain. Depuis le lancement du chantier, environ 15 000 euros ont été investis afin de réaménager les espaces concernés. Sur les 400 m² initialement destinés au futur club gay, 150 m² seront réintégrés au S-Club dès la rentrée prochaine.
Le reste des locaux demeure disponible pour de nouveaux projets. À ce stade, Philippe Notario n’a pas encore arrêté sa décision quant à leur future utilisation. Une chose est en revanche certaine : le Rainbow Club, présenté il y a encore quelques mois comme une réponse à l’absence de lieux dédiés à la communauté LGBT+ dans le Tarn, restera à l’état d’idée.
Un épilogue amer pour son initiateur, qui voyait dans cette ouverture bien davantage qu’une diversification de son activité. Le projet se voulait avant tout un espace de liberté, de visibilité et de rassemblement. Il n’aura finalement jamais dépassé le stade des travaux.