Le rachat d’EasyJet par le fonds d’investissement américain Castlelake bouleverse le transport aérien européen. Derrière les 6,4 milliards d’euros de l’opération, des incertitudes planent sur la flotte, les tarifs et...
l'essentiel Le rachat d’EasyJet par le fonds d’investissement américain Castlelake bouleverse le transport aérien européen. Derrière les 6,4 milliards d’euros de l’opération, des incertitudes planent sur la flotte, les tarifs et la stratégie future de la compagnie.
Qui est le fonds américain Castlelake qui a réussi à mettre la main sur EasyJet ? La compagnie low cost britannique, bien connue pour ses Airbus oranges, vient en effet d'accepter son rachat par la société d’investissement d’outre-Atlantique, qui gère 38 milliards de dollars d'actifs dans le monde. Alors que le marché du transport aérien vit actuellement de grands rapprochements, notamment la prise de contrôle de la compagnie scandinave SAS par Air France, EasyJet risque d'être vendue pour 6,4 milliards d'euros à ce fonds d'investissement.
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"Les intentions de Castlelake ne sont pas claires. Il existe un risque de démantèlement avec une vente de la flotte, qui est un actif de grande valeur, ainsi que des créneaux d'atterrissage dans les aéroports européens", met en garde Paul Chiambaretto, professeur à la Montpellier Business School, directeur de la chaire Pégase et auteur du Transport aérien. EasyJet aligne actuellement une puissante force de frappe avec 355 Airbus en service. "Alors que l’A320 est un avion très demandé, tout comme ses pièces détachées, une vente par petits bouts peut exister", ajoute-t-il.
Et côté passagers, quelles seront les conséquences de cette prise de contrôle ? La logique d'un fonds d'investissement est de faire fructifier son investissement sous cinq à huit ans, parfois moins. Les nouveaux propriétaires pourraient ainsi être tentés d'augmenter rapidement les revenus de la compagnie, par exemple en facturant de nouveaux services à bord.
Mais accroître le revenu par passager en important les méthodes des low cost américaines semble hypothétique pour Paul Chiambaretto. "Les compagnies à bas coût européennes sont très performantes et très rentables. En Europe, la concurrence est déjà très forte et augmenter ses tarifs rendrait moins attractif le prix final pour le passager. Facturer des frais nouveaux pour augmenter les recettes annexes pourrait donc s'avérer contre-productif et risque d'attirer également le regard des autorités de régulation", analyse l'expert.
En effet, le Parlement européen cherche à rendre gratuit pour tous les passagers le bagage cabine ainsi qu'un petit sac qu'il sera possible d'embarquer. Une mesure contre laquelle s'élèvent toutes les compagnies low cost, qui tirent 20 % de leurs revenus de la facturation de ces frais annexes. Ce service peut coûter entre 15 et 50 € selon les compagnies.
En revanche, le professeur à MBS prédit qu’EasyJet pourrait être tentée de développer son activité baptisée "Holidays". "Il s'agit des hôtels ou des locations de voitures que propose le site web lorsque l'on réserve son billet d'avion. C'est une activité à forte marge pour la compagnie, qui pourrait être tentée d'accélérer sa commercialisation", anticipe-t-il.