Alors que le Tour de France vient d'offrir un nouveau coup d'éclat, son directeur rappelle les impressionnantes retombées financières de la Grande Boucle. Des chiffres qui expliquent l'engouement des collectivités pour accueillir une étape.
Ce lundi 6 juillet, le Tour de France a vécu un moment fort avec la victoire de Tadej Pogacar aux Angles. Le Slovène s'est également emparé du maillot jaune après une arrivée spectaculaire en montée. Malgré un important incendie dans les Pyrénées-Orientales, l'étape a bien été disputée et les coureurs ont été chaleureusement applaudis. Derrière ce spectacle sportif se cache pourtant une autre bataille. Depuis plusieurs années, Christian Prudhomme rappelle que la Grande Boucle représente aussi un moteur économique majeur pour les territoires traversés.
La troisième étape, disputée entre Granollers et Les Angles, était particulièrement attendue. Jusqu'à la dernière minute, un violent incendie dans les Pyrénées-Orientales a fait craindre une modification du parcours. Les autorités ont finalement maintenu l'étape, tout en invitant le public à limiter ses déplacements.
Sur le plan sportif, Tadej Pogacar n'a laissé aucune chance à ses rivaux. Le double champion du monde a décroché sa 22e victoire sur le Tour. Il a devancé Jonas Vingegaard de deux secondes seulement. Richard Carapaz et le Français Paul Seixas ont également terminé aux avant-postes. Grâce à ce succès, le Slovène endosse le maillot jaune et confirme son statut de grand favori.
Ce nouvel épisode rappelle que le Tour de France ne passionne pas seulement les amateurs de cyclisme. Chaque année, des centaines de communes espèrent figurer sur le parcours. Christian Prudhomme évoquait déjà près de 300 candidatures annuelles, dont environ 250 en France et une cinquantaine à l'étranger. Un chiffre remarquablement stable au fil des éditions.
Accueillir le Tour représente cependant un investissement conséquent. Le directeur de la Grande Boucle détaillait les montants demandés aux collectivités. « Une arrivée du Tour de France c'est 140 000 € HT, un départ c'est 100 000 €, cela fait 240 000 €. » Ces sommes ont fortement augmenté. En 2021, une ville déboursait environ 65 000 euros pour un départ et 110 000 euros pour une arrivée. Malgré cette hausse, les demandes continuent d'affluer.
Christian Prudhomme insiste toutefois sur un point essentiel. Selon lui, cet investissement revient rapidement dans l'économie locale. « Cet argent qu'on a demandé à la collectivité, on le réinjecte immédiatement dans le tissu économique local. » Il précise que cette enveloppe correspond aux dépenses d'hébergement de l'organisation, soit environ 1 850 chambres réservées chaque soir. Selon les villes, cette facture oscille entre 230 000 et 300 000 euros.
Le patron de l'ancienne discipline de Marion Rousse résume ainsi sa conviction avec une formule devenue célèbre : « 1 € investi, ce sont entre 3 et 7 € qui rentrent. » Il défend aussi avec vigueur un autre principe fondamental. Face aux propositions visant à rendre la course payante, il reste catégorique. « La route ne nous appartient pas et ne nous appartiendra jamais. » Il ajoute même qu'une telle idée serait « une hérésie ». Selon lui, la gratuité demeure la première raison qui pousse les élus à accueillir le Tour. À l'heure où la victoire de Pogacar remet une nouvelle fois la Grande Boucle sous les projecteurs, ces déclarations illustrent parfaitement l'immense impact économique et populaire de l'épreuve.
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