Le candidat de Renaissance pour l’élection présidentielle de 2027 accuse le parti d’extrême droite de « contrefaçon de marque » et de « parasitisme ».
Le candidat pour l’élection presidentielle de 2027 pour Renaissance et actuel secrétaire général du parti Gabriel Attal salon mondial de la défense et de la sécurité Eurosatory, le 16 juin 2026 JULIEN DE ROSA / AFP
Pour le parti de Gabriel Attal, Marine Le Pen tout sourire, les bras grands ouverts, et la « Renaissance » sur une même affiche, ça ne passe pas. Dans un communiqué publié ce mercredi 15 juillet, Renaissance affirme assigner en justice le Rassemblement national, confirmant une information révélée par RTL.
Le parti fondé par Emmanuel Macron reproche au parti à la flamme une « appropriation indue de son identité politique et de ses marques », fait pour créer « une confusion dans l’esprit des lecteurs ». Et attaque le RN en justice pour « contrefaçons de marque » et « parasitisme », confirme-t-on chez Renaissance, sollicité par « Le Nouvel Obs ».
Dès le 7 juillet au soir, à peine son éligibilité recouvrée à l’annonce de son pourvoi en cassation – elle a été reconnue coupable de détournements de fonds par la cour d’appel – Marine Le Pen a partagé sur ses réseaux sociaux une affiche de campagne. Sobrement intitulée « Pour la France – La Renaissance », on y voit l’élu d’extrême droite debout tout sourire, la tête haute et les bras grands ouverts devant des drapeaux français.
L’« appropriation » de son identitéUn usage tout sauf accidentel pour Renaissance, qui considère que cela exploite « la notoriété de notre mouvement en s’appropriant un élément essentiel de son identité, à savoir son nom ». Une atteinte au parti, qui rappelle son projet « humaniste, européen et républicain » reposant sur la défense de « l’Etat de droit, de la démocratie et du respect des règles communes ».
L’audience aura lieu le 27 juillet au tribunal de Paris, selon une information de RTL. En déplacement dans la Nièvre pour assister à une étape du Tour de France, Gabriel Attal est revenu sur cette polémique, affirmant que « dans un moment extrêmement flou, les Français ont besoin de clarté ». Du côté du RN, on raille la nouvelle : « Quand Monsieur Attal parlement de “rassemblement” au moment où il se ralliera à Edouard Philippe, promis, on ne lui fera pas de procès », a déclaré à l’AFP le parti fondé par Jean-Marie Le Pen.
Marine Le Pen et Gabriel Attal sont tous deux candidats à l’élection présidentielle de 2027. Un sondage Ifop réalisé au lendemain de la candidature de l’élue frontiste la place en tête des sondages au premier tour de l’élection présidentielle avec 36 % des intentions de vote malgré sa condamnation en appel. L’ancien Premier ministre, lui, est crédité à 15 % des intentions de vote.
Par Jade Santerre