La publication de l’audit financier des comptes de la ville d’Agen a déclenché une controverse entre la majorité et l’opposition. En estimant que "la caisse est cramée", le nouveau maire Laurent Bruneau a mis en cause...
La publication de l’audit financier des comptes de la ville d’Agen a déclenché une controverse entre la majorité et l’opposition. En estimant que "la caisse est cramée", le nouveau maire Laurent Bruneau a mis en cause la gestion de l’équipe sortante. Son prédécesseur Jean Dionis sort une nouvelle fois du silence. Il assure avoir laissé les finances "en très bon état" et contre-attaque en avançant que le fameux rapport dit "exactement le contraire" du récit proposé par Laurent Bruneau.
En deux phrases, Laurent Bruneau a mis le feu aux poudres. Le 29 juin dernier, à l'aube d'un conseil municipal bouillant, le maire d'Agen a dévoilé les grandes lignes de l'audit financier commandé par la municipalité et déclaré : "Durant toute la campagne, l'équipe sortante a répété que la gauche lfiste allait cramer la caisse. En réalité, elle est déjà cramée."
Depuis cette flèche décochée par le nouvel occupant de l'hôtel de ville, opposition et majorité s'écharpent. Leur interprétation respective du rapport du cabinet Klopfer diverge profondément. Jean Dionis entre à son tour dans l'arène. Sur son blog et dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, il livre sa lecture du fameux document, par ailleurs en ligne sur le site de la ville.
"Il frise le ridicule sur cette affaire-là"Ses propos ne risquent pas d'éteindre l'incendie. Selon lui, Laurent Bruneau ment. "Il est faux de dire que la caisse est cramée. L'audit dit exactement le contraire. Le maire fait un déni de réalité. Il a le document sous les yeux, mais le nie. Il fait un mensonge cynique. Il frise le ridicule sur cette affaire-là." Il cite les pages 5 et 57 du rapport. En conseil, Laurent Bruneau avait, lui, renvoyé vers la page 33.
Le nouveau maire avait également pointé du doigt "la dette de la ville qui a doublé entre 2023 et 2025". "Pas du tout", rétorque son prédécesseur. Et d'expliquer : "Fin 2025, la ville d'Agen a une solvabilité excellente, illustrée par la capacité de désendettement. Le maire argumente sur l'augmentation du capital restant dû. Or, c'est très simple : en 2020, nous avions une dette historiquement basse et nous avons choisi - c'est un acte de gestion - de la ramener à la moyenne des villes, notamment pour accélérer la modernisation d'Agen. Le fait de dire que la dette a explosé est à peu près aussi intelligent que de parler d'une explosion de vitesse pour une voiture passant de 30 à 60 km/h. Nous avons laissé des finances en très bon état."
"Des arbitrages sont nécessaires"Comme son ancien adjoint aux finances Mohamed Fellah, il souligne un taux d'épargne à 13,1 % fin 2025 et une capacité de désendettement à 6,4 années. La majorité ne remet pas en cause ces deux ratios au vert. En revanche, elle ne digère pas l'effort de 2,5 millions d'euros par an à prévoir dès cette année. "Compte tenu du contexte qui se durcit, un effort de gestion à hauteur de 2,5 M€ doit être entrepris, commente Jean Dionis, des arbitrages sont nécessaires. Laurent Bruneau est très loin de les faire."
En mettant son grain de sel dans la polémique, Jean Dionis sort une nouvelle fois du silence. S'il refuse pour l'instant les demandes d'interview, il s'est pour la première fois exprimé sur son blog le 22 avril dernier, un mois après sa défaite au second tour des élections municipales. Ce jour-là, dans l'après-midi, il avait informé ses proches de sa décision de se retirer de la vie politique agenaise s’il était battu. Il n'avait pas précisé pour combien de temps.