Après la visite du préfet de Lot-et-Garonne dans le Haut-Agenais, ce mercredi 22 juillet, le maire de la petite commune de Paulhiac, Marcel Calmette, tire la sonnette d’alarme. La sécheresse extrême et la canicule...
Après la visite du préfet de Lot-et-Garonne dans le Haut-Agenais, ce mercredi 22 juillet, le maire de la petite commune de Paulhiac, Marcel Calmette, tire la sonnette d’alarme. La sécheresse extrême et la canicule accablent les agriculteurs. L'élu a décidé d'écrire au président de la République et à la ministre de l'Agriculture.
Le verger lot-et-garonnais étouffe. Les producteurs, les représentants des organisations professionnelles - à commencer par la filière du pruneau - alertent depuis bientôt un mois sur la situation dans les champs après les épisodes de canicule et une pluviométrie quasi nulle. Après des visites de terrain, les élus se saisissent aussi du problème. Ces derniers jours, ce sont ceux du Monflanquinois qui se mobilisent pour alerter les services de l'État. À l’initiative d’Élisabeth Pichard, présidente de la communauté de communes du Haut-Agenais Périgord, le préfet de Lot-et-Garonne Bruno André et la sous-préfète de Villeneuve Dalila Zane sont venus prendre la mesure des dégâts. Au contact direct des exploitants, le diagnostic partagé s'est avéré sans concession.
"Une urgence vitale absolue"Marcel Calmette, maire du village de Paulhiac et conseiller départemental, s’est fait le relais de cette colère et de cette inquiétude. Il a décidé d'écrire directement au président de la République, Emmanuel Macron, et à la ministre de l'Agriculture Annie Genevard. Dans cette lettre, il décrit une situation de "détresse" : "Nous avons rencontré des agriculteurs, acteurs dynamiques et volontaires, quelles que soient leurs productions, leurs surfaces ou leur âge. Mais face à cette sévère sécheresse et à cette terrible canicule, le désarroi est total. Ils sont tous en détresse !"
Pour la filière prunicole, déjà ébranlée ces dernières années par les gelées printanières répétées et l'explosion des coûts énergétiques liés aux fours de séchage, cette nouvelle canicule prend des allures de coup de grâce. L'eau manque et le stress hydrique menace la survie même des arbres. "Comme ils le disent eux-mêmes : "nous sommes face à un mur", alerte l'élu local. Ils ont besoin de mesures urgentes pour faire face à leurs difficultés immédiates et quotidiennes. Il y a une urgence vitale absolue !"
Unité et souveraineté alimentaireAu-delà de l'aide d'urgence et du soutien financier direct de l'État, indispensables pour passer ce cap, c'est toute la question de l'avenir du verger agenais qui est posée. Adaptation aux changements climatiques, accès à l'irrigation et simplification réglementaire figurent au centre des revendications. "Ils ont besoin d’un soutien immédiat de l’État pour que leurs exploitations perdurent, mais aussi de moyens pour s’adapter. Ils relèveront ce défi, martèle l'élu. Ils ont besoin de conditions réglementaires équitables pour éviter la concurrence déloyale et dévastatrice, ainsi que de perspectives claires et stables."
Face à ce péril qui touche au cœur l'identité agricole du Lot-et-Garonne, Marcel Calmette conclut par un appel solennel au rassemblement : "Que les plus hautes instances de l’État entendent l’appel de nos cher(e)s agriculteurs et agricultrices du Monflanquinois et du Lot-et-Garonne. Que toutes les forces professionnelles, syndicales et politiques s’unissent. Il en va de la souveraineté alimentaire de notre pays."