Karine Duc réclame un déstockage de l’eau anticipé pour sauver les cultures brûlées par plusieurs vagues de chaleur extrême. Dans une lettre ouverte au préfet de Lot-et-Garonne, la présidente de la chambre...
Karine Duc réclame un déstockage de l’eau anticipé pour sauver les cultures brûlées par plusieurs vagues de chaleur extrême. Dans une lettre ouverte au préfet de Lot-et-Garonne, la présidente de la chambre d’agriculture revient également sur l’arrêté préfectoral du 17 juillet dernier, qui limite l’irrigation agricole. Elle dénonce une décision déconnectée du terrain.
Le Lot-et-Garonne brûle, de nombreux pruniers sont déjà cramés par un impressionnant effet chalumeau et la présidente de la chambre d’agriculture regarde les réserves en eau. Dans une lettre ouverte adressée le 20 juillet au préfet Bruno André, Karine Duc revient sur l’arrêté préfectoral réglementant les prélèvements d’eau dans le département. Selon elle, il limite de manière significative l’irrigation agricole. Il est, regrette-t-elle, "totalement décorrélé des réalités du terrain".
Dans son courrier, elle souligne donc "la profonde incompréhension de l’ensemble des agriculteurs, irrigants et acteurs économiques travaillant directement avec le monde agricole" devant cette décision du représentant de l’État. Elle avertit que ces choix "vont générer des préjudices économiques, sociaux et psychologiques, tant sur nos exploitations agricoles que sur les entreprises d’aval".
"Les besoins en eau devraient chuter début août"Alors que José Perez, président de la Coordination rurale du Lot-et-Garonne (CR 47), a appelé publiquement les agriculteurs à braver ces restrictions, Karine Duc demande de les lever sur le bassin versant de la Garonne et de ne pas les alourdir sur les autres territoires du département. Elle justifie sa requête par la précocité de la campagne agricole. Celle-ci est en avance d’un mois environ. "Les besoins en eau devraient chuter par la suite, autour de début août. Cette avance exceptionnelle en eau pour les cultures justifie mécaniquement ce déstockage un peu plus précoce, en comparaison avec les années antérieures".
Autre argument développé par Karine Duc : le taux de remplissage des réserves de montagne. Au 15 juillet, il était, assure-t-elle, de 76 % "et le lac d’Oô serait quant à lui plein en totalité". Elle espère des lâchers en urgence à partir des lacs des Pyrénées. Elle ajoute que les lacs collectifs du Lot-et-Garonne "sont également en capacité de faire face à cette fin de saison d’irrigation".
Elle cible enfin la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal). "Plutôt que de contrôler si l’agriculteur irrigue, regardez, s’il vous plaît, les manquements de la Dreal et de tous les autres services de l’État qui ont failli depuis longtemps. Depuis que l’eau est suradministrée, elle n’a jamais été aussi mal gérée".
"Il est inadmissible de faire peser le poids de la mauvaise gestion de l’eau sur nous, les agriculteurs"Elle s’étonne ainsi qu’EDF, gestionnaire des barrages de montagne, n’ait pas été sollicitée par la Dreal pour augmenter et déstocker de l’eau à destination de l’irrigation agricole. Cette information est remontée des services de la chambre, en fin de semaine dernière, après un échange avec les dirigeants d’EDF.
Dans son arrêté, la préfecture considère que les mesures temporaires de restriction de certains usages de l’eau sont nécessaires "pour la préservation de la santé, de l’alimentation en eau potable, de la sécurité et de la salubrité publiques, des écosystèmes aquatiques et pour la préservation de la ressource en eau".
Avec la vague de chaleur extrême qui vient de frapper le Lot-et-Garonne, jardin de la France, la problématique du stockage de l’eau explose à nouveau. "Des inondations hivernales majeures aux épisodes de sécheresse estivale, peste Karine Duc, il est inadmissible de faire peser le poids de la mauvaise gestion de l’eau sur nous, les agriculteurs".