Le duel du jour de la rubrique de l’été de L’Indépendant oppose deux monuments nés de la vigne du pays catalan. D’abord le banyuls, forgé sur les schistes escarpés de la Côte Vermeille, puis le muscat de Rivesaltes,...
Le duel du jour de la rubrique de l’été de L’Indépendant oppose deux monuments nés de la vigne du pays catalan. D’abord le banyuls, forgé sur les schistes escarpés de la Côte Vermeille, puis le muscat de Rivesaltes, ambassadeur solaire des plaines roussillonnaises. Ces deux vins doux naturels aux caractères bien trempés racontent l’histoire de leur territoire.
Le débat débute à l’apéritif, mais peut tout aussi bien se reprendre au dessert. Le banyuls, lui, pousse sur les quatre communes de l’extrême sud du département, côté littoral. En face, le muscat de Rivesaltes étend son influence sur 89 communes des Pyrénées-Orientales et 9 de l’Aude. Une différence d’échelle qui résume déjà leurs tempéraments : l’un cultive une forme de rareté, l’autre revendique une convivialité plus expansive.
Le banyuls, l’art de souffrir avec éléganceEntre la Méditerranée et les Albères, les ceps s’accrochent à des coteaux abrupts culminant parfois à 500 mètres d’altitude. Dans ce décor rude, sec et battu par la tramontane, toute mécanisation relève du fantasme. Ici, on travaille encore à la main. Et les schistes qui composent presque exclusivement les sols donnent naissance à des vins puissants, concentrés, aux saveurs gorgées de soleil.
Rouge, blanc, rosé ou ambré, le banyuls se décline sous plusieurs visages. Quant au banyuls grand cru, il patiente parfois jusqu’à dix ans en foudres ou en barriques avant de rejoindre les tables. Mais attention aux puristes qui froncent légèrement les sourcils lorsqu’il est servi trop frais.
Le muscat de Rivesaltes, le charmeur assuméEn face, le muscat de Rivesaltes joue une partition immédiate. Réputé pour sa fraîcheur aromatique, il séduit par ses notes de raisin frais, de pêche, d’agrumes ou encore de fruits exotiques. Avec l’âge, il dévoile des arômes de miel et d’abricots confits.
Le muscat possède le talent rare de mettre tout le monde d’accord : à l’apéritif, voire même au dessert. Mais ses détracteurs existent également. Certains lui reprochent sa générosité aromatique, quand d’autres estiment qu’il a parfois été relégué au rang de simple vin de fin de repas, alors qu’il sait se montrer bien plus subtil.
Verdict ? Match nul. Car au-delà des arômes et des préférences de chacun, ces deux vins ont un point commun : ils participent à faire vivre des vignobles qui dessinent depuis des siècles les paysages du pays catalan.