Le Département vient de publier le résultat des Écoutes territoriales menées en décembre 2025 et janvier 2026 auprès des habitants et des acteurs des Corbières. Un an après le mégafeu, le document, baptisé "Portrait...
Le Département vient de publier le résultat des Écoutes territoriales menées en décembre 2025 et janvier 2026 auprès des habitants et des acteurs des Corbières. Un an après le mégafeu, le document, baptisé "Portrait sensible", offre un rare et précieux outil pour comprendre comment ceux qui vivent sur le territoire ont appréhendé les événements. Et comment ils envisagent l’avenir.
Huit écoutants, 64 entretiens individuels ou collectifs, 120 personnes rencontrées, 250 pages de notes, une rencontre ouverte à Coustouge, un "restitution-miroir" à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse. Et, à l’arrivée, 36 pages pour dresser un "portrait sensible" du territoire martyrisé il y a tout juste un an. Comme pour le méga-feu qui a frappé les Corbières et ses 17 000 hectares parcourus, il est aussi question de chiffres pour les "Ecoutes territoriales" engagées par le Département en décembre 2025 et janvier 2026. Une démarche participative dont le rendu a été envoyé aux mairies concernées et personnes rencontrées, mais aussi publié en ligne sur aude.fr ce lundi 10 août 2026.
Les chiffres permettent de mesurer la somme de travail engagée pour donner la place méritée aux habitants et acteurs du territoire. Et ainsi s’épargner le piège d’un Plan Corbières hors sol, qui aurait eu la bien mauvaise idée de plancher sur l’habitabilité des lieux sans consulter ceux qui ont vécu et vivent encore la réalité d’un territoire bouleversé. Impensable si l’on veut bien se rappeler que neuf des 16 communes impactées ont vu plus de 25 % de leur territoire parcouru par le feu et qu’au-delà des hectares partis en fumée, le bilan est humain, terriblement humain : une victime, 25 blessés, 56 habitations touchées par les flammes, 180 exploitations agricoles sinistrées.
Maintenant, on se pose les questions, c’est bien
Habitants, élus, agents du Département ou du Parc naturel régional Corbières-Fenouillède, viticulteurs, éleveurs, acteurs du tourisme, de l’artisanat, du commerce, acteurs associatifs de la culture, de la solidarité, de l’économie sociale et solidaire, Tiers-lieux, porteurs et porteuses de projet, mais aussi des "jeunes", ont donc constitué le casting de ces Ecoutes, pensées autour de ce thème : "Habiter, travailler, agir ensemble… pour renaître."
Un fil rouge qui a guidé les échanges articulés autour de cinq thèmes : "L’eau potable et agricole : une question de survie ?" ; "La transformation des activités agricoles" ; "Le tourisme" ; "La production d’énergies renouvelables" ; "La gestion des milieux et des paysages". Au-delà de ces questions qui feront l’avenir de Corbières forcément bouleversées, les Ecoutes ont aussi eu le mérite de poser des mots sur le torrent d’émotions générées. Et ainsi parler de "solidarité", de "perte", de "prise de conscience", de "mémoire", de "sidération", d'"attachement au territoire". Dans les 36 pages du rendu, c’est effectivement bien un "territoire sensible" que l’on peut lire. L’occasion aussi de rappeler que ces lieux n’ont pas attendu le mégafeu pour se forger une puissante identité. Un marqueur fort : "Quand vous arrivez sur ce territoire, soit vous partez vite, soit vous restez longtemps."
Des Corbières conscientes que le mégafeu a tout bouleversé. Et que l’heure est à un inévitable changement : "Le problème de l’avenir des Corbières se posait bien avant l’incendie. Maintenant, on se pose les questions, c’est bien."
Voici quelques phrases tirées du document mis en ligne par le Département. Des mots tirés des rencontres individuelles ou collectives, récoltés par les écoutants de "Territoires et Citoyens en Occitanie" et de l’Unadel (Union nationale des acteurs et structures du développement local).