Un an après les incendies qui ont dévasté l’Aude en août dernier, les riverains des communes impactées sont mécontents. En effet, ces derniers pointent l’absence totale d’adaptation de l’environnement pour améliorer...
Un an après les incendies qui ont dévasté l’Aude en août dernier, les riverains des communes impactées sont mécontents. En effet, ces derniers pointent l’absence totale d’adaptation de l’environnement pour améliorer la résilience du département face aux incendies. Le principal point d’inquiétude est le manque de mention d’élargissement du vignoble audois dans le plan Corbières 2030, qui est pourtant le meilleur atout de défense du département contre les flammes.
Un an après le mégafeu de l’Aude qui a défiguré le paysage des Corbières, l’heure est au bilan et à la remise en question. Parmi les riverains des communes impactées, les inquiétudes subsistent quant à la capacité du département à se défendre face aux incendies. Malgré le lancement du Plan Corbières 2030, qui vise à "renforcer durablement la résilience des Corbières et préparer leur avenir". Parmi les grands axes proposés figurent notamment la gestion de l’eau, la forêt, mais aussi l’agriculture.
Les arbres brûlés sont encore debout à seulement quelques mètres des maisons des riverains
L'Indépendant - C.B
Christian Gaillard, viticulteur et ancien maire de Durban-Corbières, exprime son inquiétude par rapport au manque d’actions, de moyens et de projets visibles depuis un an dans la commune. "L’an dernier, on a connu un incendie dévastateur, qui a fait de gros dégâts au village. Et depuis, rien n’a changé, rien n’a été mis en place pour la défense de la zone face au feu", affirme l’ancien maire. Lui-même a perdu tout un garage agricole, dévoré par les flammes, et dont l’emplacement porte encore les stigmates du passage du feu. "On a tout perdu, les tracteurs, les outils…", déplore le vigneron. Une des maisons située dans les hauteurs du village a aussi été détruite par l’incendie.
Les fondations de la maison détruite, témoin des dégâts causés par l’incendie, sont encore visibles
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C’est un sentiment de colère et d’incompréhension qui habite les riverains. Une inquiétude persiste : quand est-ce que des solutions adaptées seront-elles mises en place ? "Nous avons des installations qui pourraient nous permettre de lutter contre les feux à Durban-Corbières, mais elles ne sont pas utilisées", explique Christian Gaillard. "On possède un réservoir de 400 000 litres et une piscine municipale, mais jamais ils n’ont servi pour aider les pompiers", renchérit-il. Pour justifier son propos, le vigneron utilise un exemple concret. "En Corse, ils remplissent pendant l’hiver le plus de réservoirs d’eau possible, pour être mobilisables en été. Ici, on en est encore au stade de se demander si cela est faisable", fulmine-t-il.
Si on crève la vigne, on crève le territoire
Un autre sujet prégnant est la question des vignes comme coupe-feu. "Le Plan Corbières ne prévoit aucune plantation massive de vignes pour aider à stopper la propagation du feu", explique Christian Gaillard. Les vignes se sont pourtant imposées comme les meilleurs atouts pour aider les pompiers à contenir les flammes. L’ancien maire explique que "nous avons la chance d’avoir un savoir-faire viticole exceptionnel, qui par chance, pourrait être notre meilleur allié contre les incendies. Si on crève la vigne, on crève le territoire".
L’entretien de certaines zones boisées pose aussi question. À seulement quelques centaines de mètres de la commune, s’élève sur une colline une grande forêt de résineux. "Cette zone n’est plus du tout entretenue, des ronces et des bruyères se sont développées. C’est devenu une vraie bombe à retardement", annonce Christian Gaillard. "Nous n’arrivons pas à anticiper les menaces, et nous agissons dans l’urgence, c’est désolant", conclut-il.
La pinède qui surplombe le village "n’est plus entretenue depuis des années" selon Christian Gaillard
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Face à cette problématique, Hervé Baro, président du parc naturel régional Corbières-Fenouillèdes, rappelle que la plantation de vignes "tient des initiatives privées et des collectifs de vignerons". De plus, "le Plan Corbières inclut la préservation et le développement de l’agriculture comme barrage pour les feux, comme la vigne ou les oliviers". La mise en place de retenues collinaires pour stocker l’eau est aussi prévue.
L’association Durban-Corbières au cœur est à l’origine d’actions de débroussaillage, de plantation d’arbres et de nettoyage des lieux parcourus par les flammes
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De son côté, Damien Onorré, président du syndicat audois des vignerons, insiste sur le fait que "planter de la vigne dans les Corbières relève du bon sens". Lui aussi déplore "le manque de mesures visibles pour protéger la zone des incendies. Les réunions s’enchaînent depuis un an mais rien n’a l’air de se passer", explique-t-il. Le président rappelle que le secteur viticole traversant une crise profonde, il est encore difficile de se projeter pour de potentielles actions de plantation de vignes.