Les Etats-Unis fêtent le 250ᵉ anniversaire de leur indépendance. Alors que Donald Trump referme les frontières et promeut une ploutocratie, pourquoi le mythe d’un pays où tout est possible est-il toujours si puissant ?
Un petit garçon au sommet de la Statue de la Liberté en 1947, près de d’Ellis Island, l’île où accostaient les migrants arrivant aux Etats-Unis dans la première partie du XXᵉ siècle. BETTMANN ARCHIVE - GETTY
« Je suis venu aux Etats-Unis parce qu’on m’a dit que les rues étaient pavées d’or. Quand je suis arrivé, j’ai compris trois choses. Premièrement, elles ne sont pas pavées d’or. Deuxièmement, elles ne sont pas pavées du tout. Troisièmement, on attendait de moi que je les pave. » Ces mots sont imprimés sur un mur du musée d’Ellis Island, point d’entrée des immigrés aux Etats-Unis dans la première partie du XXe siècle, à quelques encablures de la Statue de la Liberté. La citation, attribuée à un immigré italien, illustre toute la complexité du « rêve américain ». De sa promesse à ses implications en passant par sa concrétisation. Ce même rêve que Donald Trump a déclaré « mort », en 2015, et qu’il a promis de ressusciter. Une dizaine d’années plus tard et alors que les Etats-Unis fêtent leur 250e anniversaire – la « Déclaration d’indépendance » du pays a été signée le 4 juillet 1776 – que reste-t-il de l’American dream ?
D’abord, une notion difficile à définir. D’autant plus qu’il n’y a pas un rêve, mais des rêves. « Au XVIIe siècle, le rêve des Pères pèlerins était celui de la liberté religieuse. Celui des Sudistes était basé sur l’esclavagisme. Celui de Martin Luther King (“I have a dream”) n’avait rien à voir ave…

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