Téhéran et Washington s’accusent mutuellement de violations du cessez-le-feu convenu dans un protocole d’accord signé le 17 juin, en lien avec le contrôle du détroit stratégique d’Ormuz.
Le pétrolier « Al-Yarmouk » navigue dans les eaux du golfe Persique, au large de Koweït City, le 27 juin 2026. YASSER AL-ZAYYAT / AFP
Seulement quelques jours après la signature d’un protocole d’accord historique le 17 juin, et alors que les Etats-Unis et l’Iran sont entrés dans une phase de 60 jours de négociations pour parvenir à un accord final, la trêve vacille déjà au Moyen-Orient. Entre frappes américaines, ripostes de Téhéran et tensions politiques au Liban, la région replonge dans l’incertitude. Le point sur la situation.
Vendredi, l’armée américaine a mené des frappes ciblées en Iran contre des sites de drones, de missiles et de radars côtiers – les premières connues depuis la signature de l’accord- répliquant à l’attaque dans le détroit d’Ormuz d’un cargo la veille. Donald Trump a fustigé une « violation stupide » du cessez-le-feu par l’Iran, tandis que le vice-président JD Vance a rappelé que « la violence n’engendrera que la violence ». En réponse, Téhéran a dénoncé une « violation flagrante » du protocole, et les Gardiens de la Révolution ont bombardé des positions américaines dans le Golfe menaçant d’une riposte plus large en cas de récidive.
Le détroit d’Ormuz, voie de transit énergétique mondiale, est de nouveau une zone de tous les dangers. Un pétrolier y a été endommagé samedi par un projectile, tandis que Bahreïn accuse Téhéran de « sabotage des efforts de paix » après avoir été visé par des drones. La télévision iranienne avait elle fait état vendredi soir d’une explosion sur un quai de Sirik (sud) et de tirs d’avertissement contre des « navires en infraction » dans le détroit.
Le trafic maritime s’est néanmoins poursuivi dans le détroit, rouvert par l’Iran après le protocole d’accord. Plusieurs bateaux ont emprunté un trajet non approuvé par Téhéran, même si l’autorité maritime iranienne avait averti que « tout passage en dehors du cadre défini ne bénéficierait pas des garanties de passage sécurisé ».
L’Organisation maritime internationale (OMI) avait dû suspendre temporairement l’évacuation des 600 navires et 11 000 marins bloqués dans le Golfe, dans l’attente de nouvelles garanties de sécurité. Depuis mardi, quelque 2 500 marins et 115 navires ont été évacués, selon l’OMI.
Sur l’autre front, l’accord-cadre de paix signé entre le Liban et Israël sous l’égide de Washington est déjà contesté. Si le président libanais Joseph Aoun salue « une première étape sur la voie du rétablissement de la souveraineté de l’État », Naïm Qassem, chef du Hezbollah, a déclaré le texte « nul et non avenu », refusant le désarmement de sa milice prévu par le protocole. De son côté, Benjamin Nétanyahou a douché les espoirs de désescalade immédiate en prévenant que l’armée israélienne resterait dans le sud du Liban tant que le mouvement chiite ne serait pas désarmé. Samedi, Tsahal y a d’ailleurs mené une nouvelle frappe à Nabatiyé.
Par Le Nouvel Obs avec AFP