Les présidents américain et iranien ont signé ce mercredi 17 juin dans la soirée le protocole d’accord dans lequel Téhéran s’engage à rouvrir immédiatement le détroit d’Ormuz. Donald Trump depuis Versailles et Massoud Pezeshkian à distance.
Le président américain Donald Trump (à gauche), au côtés d’Emmanuel et Brigitte Macron, au château de Versailles, le 17 juin 2026. ANNA MONEYMAKER / AFP
La signature était initialement prévue à Genève le 19 juin. Il était aussi prévu que le vice-président américain J.D. Vance y assiste. Mais une fois n’est pas coutume, Donald Trump a tout bousculé. Mercredi 17 juin au soir, le président américain a signé lui-même le protocole d’accord entre les Etats-Unis et l’Iran, sous les ors du château de Versailles, entouré de Brigitte et Emmanuel Macron.
Si le milliardaire-président a logé à Genève, durant le G7 organisé à Evian (les deux sont au bord du lac Léman), il n’y est pas resté pour signer aux côtés de son homologue iranien. La paix n’étant pas complètement acquise, la poignée de main est repoussée car potentiellement préjudiciable dans le cas où les discussions capoteraient. Résultat : le président iranien Massoud Pezeshkian a paraphé à distance le texte dans lequel Téhéran s’engage à rouvrir immédiatement le détroit d’Ormuz et, dans le cadre de futures négociations, à diluer son uranium enrichi en échange de la levée des sanctions internationales.
En marge du G7, Emmanuel Macron a invité son homologue américain à un dîner de gala au château de Versailles mercredi soir, pour célébrer les 250 ans de l’indépendance américaine. Un accueil en grande pompe qui a ravi l’invité : « Versailles, c’est pas du plaqué or, c’est du lourd », s’était extasié Donald Trump le 16 juin. Est-ce la Galerie des Glaces qui l’a décidé d’avancer son calendrier avec l’Iran ? Toujours est-il qu’en quittant le château de Versailles, il a lancé à la presse : « Je viens de le signer. »
Peu avant deux heures du matin, la Maison Blanche a publié une vidéo sur X où l’on voit le républicain assis à la table de réception aux côtés d’Emmanuel et Brigitte Macron. Derrière lui, le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio et le ministre des Affaires étrangères français Jean-Noël Barrot. Donald Trump signe l’accord, avant de se faire applaudir par toute l’assemblée. « Le président Trump a signé ce soir à Versailles l’accord entre l’Iran et les Etats-Unis. Cet accord ouvre la voie à une paix durable et permet la réouverture du détroit d’Ormuz », s’est ensuite félicité Emmanuel Macron dans une vidéo publiée sur son compte X.
Côté iranien, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Esmaïl Baghaï a indiqué que le texte avait été paraphé par le président Massoud Pezeshkian. « Cet accord acte l’échec des Etats-Unis » face à l’Iran, avait déclaré un peu plus tôt mercredi soir le chef de l’équipe de négociation iranienne, le président du Parlement Mohammad Baqer Qalibaf.
L’agence de presse gouvernementale Irna a publié sur X dans la matinée une photo du président tenant entre ses mains un exemplaire signé.
Le secrétaire général du Hezbollah chiite libanais pro-Téhéran, Naïm Kassem, a lui qualifié cet accord de « grande victoire » pour l’Iran, qu’il a remercié d’avoir insisté pour y inclure le front libanais. Le protocole d’accord prévoit en effet la cessation immédiate des hostilités et inclut le front libanais où l’armée israélienne continuait mercredi de combattre – elle a annoncé la mort d’un de ses soldats sept autres blessés.
Cette signature signifie que le détroit d’Ormuz sera « instantanément » rouvert et que le blocus américain des ports iraniens prendra fin « immédiatement », a affirmé le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale. Une annonce qui a immédiatement fait refluer le prix du pétrole. Shehbaz Sharif a par ailleurs indiqué qu’une cérémonie aurait bien lieu vendredi en Suisse pour « commémorer cet événement marquant et donner le coup d’envoi des discussions techniques ». Les personnalités présentes ne sont pas encore connues.
Pour rappel, Washington et Téhéran ont convenu cette semaine de cet accord pour mettre fin au conflit déclenché le 28 février par les Etats-Unis et Israël contre la République islamique, qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.
Dans un message télévisé, le chef du Hezbollah libanais a appelé à « tirer profit » de cet accord pour « expulser Israël » du Liban. Il a également appelé le gouvernement libanais à arrêter les négociations directes avec Israël, engagées depuis avril sous l’égide de Washington. Le président libanais Joseph Aoun avait auparavant assuré que le processus était « indépendant » de l’accord américano-iranien.
Par Service Actu (avec AFP)