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Sécheresse : "Il faut que d'ici l'automne, on ait un dispositif d’urgence pour les producteurs", demande Cyril Pogu, coprésident de Légumes de France

Дата публикации: 28-08-2026 04:29:02

Après les chaleurs historiques de cet été, les producteurs de fruits et légumes alertent sur des conséquences qui, pour les exploitations comme pour les consommateurs, se feront encore sentir dans les prochains mois....

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l'essentiel Après les chaleurs historiques de cet été, les producteurs de fruits et légumes alertent sur des conséquences qui, pour les exploitations comme pour les consommateurs, se feront encore sentir dans les prochains mois. Baisse des récoltes, hausse des prix et trésoreries fragilisées... Cyril Pogu, maraîcher et coprésident de la fédération Légumes de France, appelle le gouvernement à agir rapidement pour permettre aux exploitations de continuer à produire.

Quel est aujourd’hui l’état des cultures après les épisodes de canicule ?

On a encore des volumes qui ne sont pas du tout à la hauteur de ce qu’on devrait avoir. Les canicules continuent d'affecter les cultures et certaines le seront pour tout leur cycle de production. Chez moi, il y a des cultures où nous sommes encore à moins de 50 % des récoltes attendues.

À lire aussi : Sécheresse : salades, pommes de terre, poireaux... quels fruits et légumes seront les plus difficiles à trouver à la rentrée ?

Quel est l’impact financier pour les exploitations ?

Cela dépend des cultures et des exploitations. Dans mon cas, je ne produis que des légumes toute l’année, donc je vais avoir cinq mois très impactés. Il est encore difficile de chiffrer précisément les pertes, mais sur une exploitation comme la mienne, elles pourraient représenter des centaines de milliers d’euros par rapport à l’an dernier. Je travaille sur 50 hectares, dont huit hectares de serres froides. Heureusement que je les ai. Malgré les températures et la sécheresse, c’est l’endroit où nous avons obtenu des récoltes proches d’une année normale.

Cyril Pogu, maraîchers et coprésident de Légumes de France. Cyril Pogu, maraîchers et coprésident de Légumes de France. Légumes de France

Quelles solutions faut-il mettre en place face à la multiplication des canicules ?

Il faut d’abord pouvoir stocker davantage d’eau pendant l’hiver pour passer les périodes difficiles. Ensuite, il y a un énorme travail de recherche à mener sur les variétés. Les légumes disponibles aujourd’hui ne sont clairement pas adaptés à des températures supérieures à 40 degrés. Il faut développer des variétés plus résistantes au stress hydrique et aux fortes températures.

Il faut aussi réfléchir aux cultures que l’on choisit. Cette année, j’ai produit des mini-pastèques à Nantes. Cette culture demande moins d’eau et répond à un marché en croissance.

À lire aussi : REPORTAGE. "Les pommes de terre grillent, les mûres crament"... Dans les jardins familiaux de Périole, à Toulouse, la sécheresse met à mal la production de ces maraîchers amateurs

Enfin, je milite pour accélérer sur les cultures protégées. Dans mes huit hectares de serres froides, malgré quatre épisodes à plus de 40 degrés, nous avons continué à récolter grâce notamment aux écrans d’ombrage et à une moindre évaporation. Nous avons consommé moins d’eau et produit beaucoup mieux qu’en plein champ.

Les conséquences de cet été vont-elles encore se faire sentir dans les prochains mois ?

Oui, et c’est un point essentiel à comprendre. Pour certaines productions, les effets vont durer jusqu’au début de 2027. En Bretagne, par exemple, des choux-fleurs plantés en juillet et qui devaient être récoltés en décembre ont été détruits faute d’irrigation. Dans les Landes, certaines carottes détruites en juillet étaient destinées à être récoltées jusqu’en mars ou avril 2027.

Vous demandez une aide au gouvernement ?

Oui. Je l’ai demandé à la ministre de l'Agriculture dès le début du mois de juillet, lorsque nous avions déjà mesuré l’ampleur des dégâts. Il faut une aide financière et surtout une aide à la trésorerie. Quand il manque plusieurs centaines de milliers d’euros, la question de la trésorerie devient immédiate. Il faut pouvoir continuer à produire. La priorité pour les filières françaises, c’est de maintenir les exploitations en production.

À lire aussi : Pourquoi les salades françaises se font plus rares dans les supermarchés ? Les maraîchers pointent du doigt l'effet des canicules sur leurs cultures

Quel est désormais le degré d’urgence ?

Il ne faut surtout pas considérer que cet épisode est exceptionnel et qu’il ne se reproduira pas. Il faut tirer les leçons de ce qui s’est passé. Et surtout, il faut aller très vite sur les aides. D'ici l’automne, il faut un premier dispositif pour donner aux producteurs les moyens d’acheter leurs plants, leurs semences et leurs intrants et de remettre les exploitations en production. Si les exploitations arrêtent, certains producteurs ne redémarreront pas. Je crains malheureusement qu’on perde une partie de nos exploitants si rien n’est fait rapidement.

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