Après un été marqué par plusieurs épisodes de canicule, les conséquences se font ressentir sur la facture. Les récoltes de certains fruits et légumes ont fortement diminué, faisant grimper les prix. Le gouvernement...
l'essentiel Après un été marqué par plusieurs épisodes de canicule, les conséquences se font ressentir sur la facture. Les récoltes de certains fruits et légumes ont fortement diminué, faisant grimper les prix. Le gouvernement promet des aides aux producteurs, tandis que la filière redoute une crise qui s’installe.
Tomates, courgettes, haricots verts, pêches ou abricots... de nombreux fruits et légumes coûtent nettement plus cher cet été. La faute principalement à la succession des canicules et à la sécheresse, qui ont réduit les récoltes alors que la demande reste forte. Mais tous les produits ne sont pas concernés de la même manière.
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Dans un communiqué, la fédération Légumes de France souligne qu'"en mâche, jeunes pousses, salades, carottes, poireaux, échalotes, ail, oignons, les pertes à date s’élèvent en milliers de tonnes par produit", ajoutant qu'à cause des épisodes caniculaires "les pertes pour certaines filières pourraient atteindre 50 % des tonnages annuels en France, auxquelles s’ajoutent des tensions à l’approvisionnement à l’importation intra-européenne, car nous ne sommes pas les seuls à être touchés."
Des prix qui s’envolent dans les rayonsSelon une étude de Familles rurales réalisée en juillet dans les supermarchés, les prix des courgettes ont augmenté de 32 % sur un an, ceux des tomates de 31 % et ceux des haricots verts de 24 %. Les légumes repartent globalement fortement à la hausse, avec une augmentation de 10 % en conventionnel et de 7 % en bio.
Les derniers chiffres de l’Insee en juillet, montrent que les prix des produits frais ont augmenté de 3,8 % sur un an. Dans le détail, les légumes à feuilles ou à tiges, comme les salades et les endives, ont bondi de 8 %, tandis que les "autres fruits frais", notamment les melons et pastèques, ont augmenté de 6,1 %. Les tomates et courgettes restent particulièrement touchées, avec des prix en hausse de 13,1 % sur un an. Une hausse qui s'est accentuée sur bon nombre de produits en août.
Du côté de la grande distribution, selon des données citées par Le Monde, les prix des laitues ont augmenté de 40 % et ceux des tomates grappe de 35 % par rapport à 2025 dans certaines enseignes. Mais les contrats conclus entre producteurs et distributeurs peuvent parfois amortir les variations de prix.
Que fait le gouvernement ?Pour l’instant, le gouvernement n’a pas annoncé de dispositif général destiné à faire baisser directement la facture des consommateurs. Les mesures annoncées concernent avant tout les producteurs frappés par les pertes.
Le 5 août, le ministère de l’Agriculture a annoncé la préparation d’un plan "Canicule – Sécheresse – Incendies", avec notamment des aides d’urgence pour la trésorerie des exploitations, des prises en charge de cotisations sociales et des mesures pour faciliter la remise en production des exploitations les plus touchées. L’État veut également accélérer les indemnisations liées à l’assurance récolte. Les montants précis du plan d'aide aux exploitations doivent encore être précisés très prochainement.
À plus long terme, le gouvernement prévoit aussi des financements pour l’adaptation de l’agriculture au changement climatique, notamment la rénovation des vergers, le stockage de l’eau et l’adaptation des cultures dans le pourtour méditerranéen.
Le risque d’une crise qui se prolongeDes chaînes de supermarchés comme Carrefour et Coopérative U ont par ailleurs annoncé des mesures pour soutenir les agriculteurs comme l'acceptation de fruits et légumes présentant des défauts de calibre ou d’aspect liés à la sécheresse, hausse de certains prix d’achat et réduction des délais de paiement de 30 à 15 jours.
Mais il reste encore une inconnue. Combien de temps cette situation va-t-elle durer ? Les professionnels redoutent déjà les conséquences sur les cultures d’automne et d’hiver, qui souffrent elles aussi des fortes chaleurs. La flambée actuelle pourrait donc ne pas se limiter aux fruits et légumes de l’été et se prolonger en 2027.