En voulant rassurer, la compagnie belge choque certains de ses employés. ...
La tension est montée d'un cran à l'aéroport de Tel Aviv suite à la tentative d'attentat sur un vol entre Dubai et la principale ville d'Israël, la semaine dernière. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a ainsi ordonné un "examen complet de la sécurité des vols civils étrangers" à destination de l'État hébreu.
En Belgique, Brussels Airlines continue d'opérer trois vols aller-retour par semaine vers Tel Aviv. Des vols qui avaient provoqué la colère, début septembre, des syndicats. Ces derniers reprochaient à la compagnie de ne plus les opérer sur base volontaire du personnel, avec l'octroi d'une prime spécifique. Comme c'était le cas auparavant.
Mais dans un document interne datant de début septembre, la direction le confirme : "Personne n'est mis sous pression pour effectuer ces vols". Le personnel a ainsi toujours la possibilité de refuser de voler vers Israël, sans conséquence pour sa carrière.
"Nous comprenons que certains collègues puissent avoir certains problèmes éthiques à voler vers Israël mais Brussels Airlines est neutre".
Au-delà de l'aspect sécuritaire, certains pilotes, hôtesses ou stewards refusaient d'embarquer vers Tel Aviv suite à la situation à Gaza. "Nous comprenons que certains collègues puissent avoir certains problèmes éthiques à voler vers Israël mais Brussels Airlines est neutre, réaffirme la direction. Notre responsabilité n'est pas de prendre position politiquement mais de connecter les gens, les cultures et les économies de manière sûre et responsable".
Préavis de grève chez Brussels Airlines après la reprise de sa liaison vers Tel-Aviv : "Nous ne sommes pas un parti politique"Toujours dans ce document interne, la compagnie belge déclare "s'efforcer d'obtenir la couverture d'assurance la plus complète possible".
En plus de l'assurance générale, Brussels Airlines a ainsi contracté "une assurance de guerre" pour ses vols vers Tel Aviv. "Cette assurance intervient notamment en cas d'actes de terrorisme, de sabotage et d'attaques, mais pas si vous vous tordez la cheville lors de votre jogging à Central Park durant une escale", explique la compagnie à ses employés.
Les bagagistes de Brussels Airlines lui demandent de ne pas retourner en Israël "tant que le génocide n'est pas arrêté à Gaza"Brussels Airlines prend des exemples : blessures ou décès suite à des attaques de drones ou de frappes de missiles sont notamment couverts. En cas de décès, la couverture est de 500 000 euros et peut être supérieure à ce montant en cas de handicap permanent, en fonction du type de handicap".
"Pas plus que 500 000 euros"Si elle visait à rassurer son personnel, la direction, en présentant ces chiffres, a choqué certains employés. "Notre tête a désormais un prix et elle ne vaut pas plus que 500 000 euros", s'insurge une hôtesse.
Il nous revient toutefois que cette demande d'éclaircissement sur cette couverture assurance provenait des syndicats eux-mêmes. Avec une inquiétude qui semble légitime : la plupart des assurances en Belgique, dont celles du solde restant dû sur les emprunts hypothécaires, excluent de leurs couvertures les décès en zone de guerre.
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.