Il se situera rue de Substantion, là où trônait l’ancien garage automobile. À la manœuvre : les deux actuels cogérants de cette même enseigne à Anduze.
Il se situera rue de Substantion, là où trônait l’ancien garage automobile. À la manœuvre : les deux actuels cogérants de cette même enseigne à Anduze.
Certains y ont imaginé un cabinet médical pluridisciplinaire. Quand d’autres espéraient secrètement y voir ouvrir une enseigne dédiée au bricolage. Mais c’est finalement un magasin alimentaire à l’enseigne Biocoop qui ouvrira, entre l’automne et l’hiver prochains, au rez-de-chaussée de “Place des Beaux-Arts”, l’immeuble de deux et trois étages en cours de finition entre les rues Proudhon, de Substantion et Daniel-Sage.
Au sud de ce triangle où, il y a quelques années encore, fonctionnait un garage aux couleurs du Losange.
Ainsi après de précédentes implantations au Courreau, à Clemenceau et Port-Marianne, l’enseigne bleue, verte et orange prendra bientôt ses quartiers à la bordure des Beaux-Arts, le long de la ligne 2 du tramway.
À la manœuvre : les actuels co-gérants du Biocoop d’Anduze, Antoine Kollen et Samuele Stilo. "Nous avons ouvert Anduze il y a dix ans pile. C’était une super aventure et nous sommes passés de trois à dix-huit salariés. Mais aujourd’hui avec l’un des associés, nous avions envie de recommencer l’aventure. Anduze, c’est chouette mais ce n’est pas le centre du monde ! Et puis Montpellier offre des services plus calibrés. Mais comme on a été “piquousé” à Biocoop et à la Scop… Notre souhait c’était la ville mais nous avions commencé aussi à prospecter à Grabels, Juvignac et Saint-Jean-de-Védas", explique Antoine Kollen pour justifier cette ouverture. Laquelle a tout de même été soumise à d’autres magasins de l’enseigne pour en jauger toute la pertinence.
Quant au choix du quartier… "Il fait résonance avec le projet et avec cette cellule commerciale. Nous nous sommes dit que ce serait un beau projet", poursuit Antoine Kollen.
Biocoop, constitué sous la forme d’un réseau coopératif de magasin tous indépendants, a vu le jour sous la forme d’une société coopérative à forme anonyme et capital variable, il y a quarante ans de cela. Son credo : la vente de produits alimentaires labellisés bios et équitables.
En 2005, Biocoop a participé à la création d’Énercoop, fournisseur coopératif d’électricité issue d’énergie renouvelable. Chaque magasin est lancé sous la forme d’une société coopérative et participative (Scop), les salariés détenant la majorité du capital et prenant part aux décisions concernant la structure (40 % d’entre eux sont sociétaires).
Si aujourd’hui le réseau compte quelque 740 magasins (dix ouvertures en 2025, 1,93 Mds € de chiffre d’affaires), il espère disposer de neuf cents points de ventes d’ici trois ans. Le réseau travaille avec dix-neuf groupements paysans, représentant 2 500 exploitations.
Aussi et si le calendrier du chantier est tenu, les deux co-gérants espèrent ouvrir dans le courant de l’hiver. Le local se répartira entre le magasin de trois cents mètres carrés et deux cents autres de bureaux et réserves. Les cent mètres carrés restants seront loués à une enseigne tierce.
Et parce qu’ils se défendent de toute prédation, les duettistes du bio se sont également rapprochés de l’épicerie Folle Avoine (rue Proudhon). Et ont proposé à leurs actuels gérants d’embarquer avec eux dans ce projet (lire ci-contre).
"Nous n’allons pas réinventer l’eau chaude et respectons les commerçants du quartier. Nous sommes très généralistes en tout mais spécialistes en rien, nous venons offrir autre chose".
Pour cela, Antoine Kollen et Samuele Stilo vont s’appuyer sur leurs fournisseurs cévenols mais aussi sur certains présents dans le Montpelliérain, dont ceux de Folle Avoine.
"Pourquoi arrêtons-nous ? Ici, on est sur le même genre de produits et cela se serait avéré plus compliqué. Déjà que, aujourd’hui, nous nous versons un Smic", devise Ramon Feliu, l’un des deux gérants (avec une amie) de l’épicerie de produits biologiques Folle Avoine.
"Et puis ils nous ont proposé de nous reprendre alors qu’ils n’étaient pas obligés de le faire. En plus, c’est une coopérative, comme nous. Et ils vont, a priori, travailler avec les mêmes fournisseurs. Toutes les coopératives ne le font pas", poursuit le commerçant. Quant à savoir ce qui viendra s’installer dans ce local commercial…
Chose certaine, en revanche : "Nous sommes un peu tristes car Folle Avoine va disparaître", lâchent les créateurs de l’enseigne, ouverte en 1988. Le couple avait passé la main en 2018 avant que les gérants ne cèdent le bail à leur tour à Ramon Feliu et son amie.
"On s’est dit que trois cents mètres carrés contre cent, cela ne serait pas sympa. Nous les avons donc approchés en toute transparence et vont devenir sociétaires et salariés plutôt que de faire de la casse", précise Antoine Kollen.
Dès l’ouverture, ce quatrième point de vente local devrait tourner avec huit personnes, dont les deux gérants "et peut-être plus, rapidement", l’espèrent-ils. Et connaître, à tout le moins, la même fortune que leur actuelle enseigne gardoise. Laquelle a réalisé l’année dernière, un chiffre d’affaires de trois millions d’euros. À faire se pâmer un épicier de quartier.