Considéré comme l'un des meilleurs joueurs universitaires de l'histoire, Ralph Sampson fête ses 61 ans. Un OVNI de 2m24 dont la carrière a rapidement été gâchée par les blessures.
Avant Victor Wembanyama, il y a eu Ralph Sampson. Véritable phénomène en NCAA sous les couleurs de Virginia, élu meilleur joueur universitaire trois années de suite, l’intérieur né le 7 juillet 1960 est logiquement choisi en première position de la Draft 1983 par les Rockets.
Dès sa première saison, cet immense gaillard de 2m24 affole les compteurs : 21.0 points, 11.1 rebonds et 2.4 contres de moyenne ! C’est le Victor Wembanyama de son époque, et on parle alors de lui comme du nouveau Kareem Abdul-Jabbar. L’année suivante, Houston choisit de nouveau en premier lors de la fameuse Draft 1984 et sélectionne un certain Akeem Olajuwon, qui deviendra ensuite Hakeem Olajuwon.
Un pivot alors que Ralph Sampson est déjà là, mais pourquoi ?
Parce que Ralph Sampson n’était pas un intérieur comme les autres. Shoots lointains, remontées de balle, dribbles dans le dos : rien ne semblait vraiment l’effrayer. Il était, à sa manière, l’ancêtre de Kristaps Porzingis et de Victor Wembanyama. Par rapport au Français, il possédait déjà une aisance balle en main rarissime pour un joueur de cette taille, même si son tir extérieur n’avait évidemment pas la place qu’il aurait aujourd’hui.
Il faut se rappeler qu’il y a 40 ans, les postes étaient encore très ancrés, et les intérieurs fuyants étaient rares, voire inexistants. Voir un joueur de 2m24 capable de courir, dribbler, passer et s’écarter du cercle avait donc quelque chose de presque irréel.
Tout aussi étonnante : sa participation au Slam Dunk Contest 1984. Là encore, certains dunks effectués par Victor Wembanyama à l’échauffement paraissent aujourd’hui du même niveau, voire plus spectaculaires encore, mais Ralph Sampson évoluait dans une NBA qui n’était pas encore prête pour ce type de profil.
Mais il ne faut pas s’y tromper : comme Victor Wembanyama, Ralph Sampson n’était pas un phénomène de foire. C’était un immense talent.
Quatre sélections au All-Star Game, une place dans le deuxième meilleur cinq de la ligue, le trophée de ROY… Sur le plan individuel, il collectionne très vite les honneurs. En 1985, il est même élu MVP du All-Star Game, au milieu de quelques monuments : Magic Johnson, Kareem Abdul-Jabbar ou George Gervin, pour ne citer qu’eux.
Sur le plan collectif, il fait également trembler la NBA en 1986. Associé à Akeem Olajuwon pour former les « Twin Towers » première génération, Ralph Sampson élimine les Lakers de la grande époque sur un shoot au buzzer ! Lors des Finals, les Celtics de Larry Bird mettent fin aux espoirs de titre des Rockets (défaite 4-2), mais tout le monde imagine alors Houston comme un futur champion.
Sauf que Ralph Sampson ne le sait pas encore : ces Finals seront le sommet de sa carrière.
La suite sera beaucoup plus compliquée, à cause de genoux fragiles, de plusieurs opérations et d’un corps de 2m24 qui supporte de moins en moins le rythme infernal de la NBA. C’est le rappel qui accompagne tous les très grands gabarits : le talent peut repousser les limites du jeu, mais le corps finit souvent par fixer les siennes. Sampson, mais aussi Porzingis, ont ainsi été très ralentis par les blessures.
« Ce fut une expérience incroyable de jouer ensemble », expliquera-t-il quelques années plus tard, à propos de son duo avec Akeem Olajuwon. « J’aurais vraiment aimé jouer plus longtemps avec lui. Je crois que personne n’avait imaginé l’ampleur de notre duo, car personne ne l’avait jamais vraiment essayé. Il y a des gars que l’on a appelés aussi les ‘Twin Towers’, mais pas de notre niveau. Nous étions les ‘Twin Towers’ originelles. Avec ses qualités et les miennes, c’était vraiment unique. »
En décembre 1987, Houston finit par perdre patience face à ses passages répétés à l’infirmerie et l’envoie à Golden State. C’est le début de la fin pour Ralph Sampson.
Trois ans seulement après avoir atteint les Finals, il ne tourne plus qu’à 6.4 points, 5.0 rebonds et 1.1 contre de moyenne. À 29 ans, il est déjà un ancien phénomène sur le déclin, dans une trajectoire qui rappelle celles de Brandon Roy, Gilbert Arenas ou Penny Hardaway. Une étoile filante.
Après deux derniers passages à Sacramento puis Washington, il prend sa retraite NBA à 31 ans. Il tentera encore l’aventure européenne, mais sa pige en Espagne ne changera rien. Le corps ne suit plus, et l’ancien phénomène n’est plus que l’ombre du joueur qui avait bouleversé la NCAA puis la NBA.
En 1992, Ralph Sampson tire ainsi un trait définitif sur sa carrière de joueur et décide de devenir entraîneur. On le retrouve ensuite comme assistant en NCAA ou dans des ligues mineures. L’un de ses fils, Ralph Sampson III, fera lui aussi son chemin jusqu’à l’université de Minnesota.
Quant à Ralph Sr, il entre au Hall of Fame en 2012, honoré pour sa carrière universitaire exceptionnelle autant que pour son passage éclair en NBA, où il aura tout de même laissé un surnom à la postérité avec Hakeem Olajuwon : les « Twin Towers ». Deux intérieurs avant-gardistes, selon lui.
« Je pouvais remonter le terrain et lui aussi, vous aviez donc deux joueurs capables de soutenir un rythme élevé sans avoir besoin d’aller se poster en bas de la raquette. Nous pouvions dribbler, nous pouvions tirer et, comme les gens me le disent souvent, nous étions probablement un peu en avance sur notre temps. »
Leur fils spirituel est Français. Comme eux, il a été numéro 1 de la Draft. Comme Ralph Sampson, il a été Rookie Of The Year. Et comme lui, il a atteint les Finals dès sa troisième saison NBA.
Reste désormais à espérer que le parallèle s’arrête là. Car si Ralph Sampson a longtemps incarné le futur du basket avant que son corps ne le trahisse, Victor Wembanyama doit encore écrire la suite de son histoire. Avec le même talent d’extraterrestre, mais une trajectoire que tout le monde espère beaucoup plus longue…
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Comment lire les stats ? MJ = matches joués ; Min = Minutes ; Tirs = Tirs réussis / Tirs tentés ; 3pts = 3-points / 3-points tentés ; LF = lancers-francs réussis / lancers-francs tentés ; Off = rebond offensif ; Def= rebond défensif ; Tot = Total des rebonds ; Pd = passes décisives ; Fte : Fautes personnelles ; Int = Interceptions ; Bp = Balles perdues ; Ct : Contres ; Pts = Points.
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