Dans un final nerveux à Pau, les sprinteurs belges ont laissé filer une première occasion sur le Tour de France. ...
Il existe certains jeux de mots qui ne font pas nécessairement rire tout le monde. Le maillot totalement déchiré sur le côté droit, Jasper Stuyven a laissé une partie de son épiderme sur l'asphalte de… Pau. Une chute survenue à un peu plus de cinq kilomètres de l'arrivée qui a participé à tendre un peu plus encore un final nerveux sur un tracé tortueux.
"Nous sommes arrivés avec pas mal de vitesse dans un virage droite qui ressemblait fort à un goulot tant la chaussée se rétrécissait soudainement, racontait le Louvaniste. Mon équipier Bert Van Lerberghe a été poussé vers l'extérieur et catapulté dans les bottes de paille. Je me suis aussi retrouvé au sol, sans tomber trop violemment heureusement. Je m'en sors bien avec seulement de belles éraflures, mais c'est évidemment dommage de perdre ainsi deux éléments importants du train de Tim (Merlier) alors que les choses s'étaient bien déroulées jusque-là. Mas ça fait partie du jeu. On sait que la première étape promise à un sprint massif sur le Tour est toujours nerveuse…"
Et quand des équipes dédiées presque entièrement à cet exercice doivent ronger leur frein jusqu'au cinquième jour de course pour pouvoir lâcher les chevaux, la tension est encore un peu plus présente. Favoris mercredi matin au départ de Lannemezan, Tim Merlier (3e) et Jasper Philipsen (5e) ont donc laissé filer une première opportunité d'ouvrir le compteur belge sur ce Tour de France.
guillementQuand la porte s'est ouverte, j'ai changé de vitesse au mauvais moment.
"C'est une chance manquée, c'est clair, soufflait le coureur de chez Soudal Quick-Step. On sait que le chaos règne souvent dans ce contexte et cela s'est vérifié malheureusement à nos dépens. Je me suis retrouvé esseulé à partir de cette chute et j'ai donc essayé de me débrouiller seul. Mais le niveau est tellement haut dans le Tour que chaque détail compte et les choses n'étaient pas idéalement emmanchées pour moi. Je suis revenu dans les bonnes roues dans les derniers hectomètres, mais lorsque j'ai cru que la porte s'est ouverte devant moi, j'ai changé de vitesse au mauvais moment et la victoire d'étape s'est envolée en une fraction de seconde. Mais chapeau à Kooij, il a fait un très beau sprint. Il faut déjà se concentrer sur la suite en essayant de survivre au mieux à la grosse étape pyrénéenne de ce jeudi avant de retenter notre chance vendredi à Bordeaux."
Dans le clan Alpecin-Premier Tech, les mines étaient un peu plus graves. "On a bien fait les choses jusqu'à la chute puisque l'équipe était compacte et bien organisée autour de Jasper, rembobinait le manager Christoph Roodhooft. Il va falloir qu'on analyse les choses pour comprendre ce qui n'a pas fonctionné. On ne vient clairement pas sur le Tour pour se contenter d'une cinquième place (NdlR : la position de Philipsen) au sprint, on vise évidemment bien mieux que ça."
Le flanc droit de Jasper Stuyven a été touché dans la chute survenue à 5 kilomètres de l'arrivée. ©BelgaimageMembre du train de Philipsen, Edward Planckaert avait sa petite idée sur ce qui avait cloché pour les Alpecin dans la finale. "Une équipe qui menait le peloton à ce moment-là est entrée avec beaucoup trop de vitesse dans l'un des ronds-points présents dans les quatre derniers kilomètres, racontait le Flandrien. Cela a mis un peu plus de chaos encore à un final qui était déjà très tendu, comme toujours sur le Tour. C'est à ce moment que nous nous sommes un peu perdus entre équipiers."
Du cancer au maillot jaune: la belle histoire de Torstein Træen au Tour de FranceVainqueur à dix reprises déjà sur les routes de la Grande Boucle, Jasper Philipsen ne se cherchait pour sa part aucune excuse. "Il y a toujours des circonstances qui peuvent être avancées comme explication à une contre-performance. Nous avions pris le départ de cette 5e étape avec l'ambition de la gagner et le résultat décroché au bout de celle-ci est donc une déception, il ne faut pas se le cacher. Mes sensations n'étaient pas bonnes dans la finale, pas comme elles le sont habituellement lorsque je m'apprête à sprinter. Je manquais de vitesse et mes jambes n'étaient pas bonnes. La chaleur des derniers jours ? C'était le cas pour tout le monde, vous savez (sourire)… J'ai un peu d'expérience sur cette course, et je sais que l'essentiel est de ne pas paniquer. Le Tour est encore long."
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